L’État est plus généreux avec l’Église
GUTIERREZ,RICARDO; PADOAN,BERNARD
Jeudi 28 janvier 2010
L’Église catholique reste le culte majoritaire, en Belgique, avec 60 % de fidèles. Mais elle perçoit une part de gâteau proportionnellement plus importante, en termes de financement public : quelque 275 millions d’euros par an, soit 85,8 % du budget public alloué aux cultes reconnus et à la laïcité organisée (320,6 millions d’euros, au total).
Le Conseil central laïque ne perçoit que 8 % du budget, alors qu’il « représente », selon notre sondage, 31 % de la population (les « sans religion »). Autre partie « lésée », sur base du partage de gâteau actuel : le culte islamique, qui ne se voit attribuer que 2,1 % du financement public alors que le Royaume compte 4 % de musulmans. Proportionnellement au nombre de leurs adeptes supposés (qui n’est évidemment pas le seul critère à prendre en compte), l’Église catholique reçoit près de trois fois plus que l’islam, et cinq fois plus que la laïcité organisée.
Les propositions de rééquilibrage du financement public des cultes formulées, en 2006, par la Commission des sages instituée par l’ex-ministre fédérale des Cultes, Laurette Onkelinx (PS), n’ont pas été suivies d’effets. De même, l’annonce d’un cadastre des biens de l’Église, par l’ex-ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard (PS), est restée sans suites. Manifestement, le rééquilibrage du financement des cultes et de la laïcité reste tabou, en Belgique.
Les citoyens semblent très conscients du statut privilégié de l’Église catholique : pour 75 % des personnes interrogées, elle « dispose de beaucoup de moyens financiers ». Ils sont même 92 % à le penser en Wallonie. Les catholiques eux-mêmes en sont très majoritairement convaincus : 69 % d’entre eux estiment que l’Église est riche.
