La Sûreté de l’État publie son premier rapport annuel
n.c.
Jeudi 28 janvier 2010
La Sûreté de l’État a publié, pour la première fois de son histoire, un rapport annuel destiné à ouvrir un peu plus sa communication vers le monde extérieur sans toutefois tomber dans la révélation d’informations sensibles.
En une septantaine de pages accessibles sur internet (www.just.fgov.be), les services secrets belges -version civile- brossent un panorama des menaces en matière de terrorisme, extrémisme, espionnage, ingérence, prolifération, organisations sectaires nuisibles, organisations criminelles et atteintes au potentiel économique et scientifique.
Cette relative ouverture est notamment destinée à redresser une image de la Sûreté de l’État écornée ces dernières années par divers dossiers tels que l’évasion en 2006 de la militante turque d’extrême gauche Fehryie Erdal, l’affaire Belliraj en 2008 ou les débats sur les méthodes de recueil des données par les services de renseignement.
Le rapport permettra en effet de donner une vision plus claire et plus réaliste des missions que la Sûreté effectue en respectant les règles légales, observe le patron de la Sûreté Alain Winants.
Le document dresse une liste des dossiers ayant connu des avancées en 2008, entre autres grâce au travail de la Sûreté. Il ne fait toutefois qu’évoquer la majeure partie des champs sur lesquels se focalise l’institution et se borne très souvent à des rappels factuels.
Certaines tendances s’en dégagent cependant. La Sûreté dit ainsi avoir observé en 2008 une nouvelle orientation idéologique apparue en Flandre comme en Wallonie, à travers un certain nombre de groupuscules et d’individus d’extrême droite se définissant comme « identitaires et nationaux-révolutionnaires ».
« Ainsi est apparu, du côté néerlandophone, un nationalisme flamand à caractère ethnique, couplé à des conceptions antilibérales explicites (…). Une telle orientation a de même fait son apparition en Belgique francophone », observe la Sûreté, sans préciser davantage.
Le rapport relativise fortement l’importance de l’extrême droite skinhead (Blood and Honour) en Belgique, « phénomène marginal qui ne fait en aucun cas le lit d’un quelconque terrorisme d’extrême droite ».
En matière d’extrémisme religieux, l’islamisme pakistanais, l’ingérence de puissances étrangères dans l’islam traditionnel, l’ancrage croissant d’initiatives radicales au niveau local et le nombre grandissant de convertis attirés dans les réseaux radicaux ont constitué en 2008 autant de sujets de préoccupation des « barbouzes » belges.
Par ailleurs, dans le dossier Belliraj, du nom de ce Belgo-Marocain jugé au Maroc pour terrorisme en réseau et soupçonné d’avoir été un informateur de la Sûreté, cette dernière souligne que les éléments avancés par le Maroc « n’ont pas permis de démontrer de manière indiscutable l’existence d’un réseau et l’implication de celui-ci dans six meurtres en Belgique ».
Quant aux organisations sectaires nuisibles, la Sûreté dit avoir accordé en 2008 une vigilance particulière à la progression des communautés pentecôtistes et évangéliques.
La protection des responsables gouvernementaux constitue une autre compétence des services secrets belges, à côté du renseignement et des enquêtes de sécurité. En 2008, ils ont ainsi assuré la protection de 169 personnes, dont 30 chefs d’État, 46 premiers ministres et 7 ministres des Affaires étrangères.
(D’après Belga)
