Emploi : « Cherchons ensemble une sortie de crise »
n.c.
Vendredi 29 janvier 2010
Entre 27.000, selon la police, et 35.000, selon les syndicats, ont participé à la manifestation nationale pour l’emploi dans les rues de Bruxelles. « Cessez de vous plaindre, et cherchons plutôt ensemble la manière de sortir de cette crise », a notamment lancé le président de la CSC, Luc Cortebeeck, à l’adresse du patronat. Aucun incident n’a été déploré.
Plusieurs dizaines de milliers de travailleurs ont pris part vendredi à Bruxelles, malgré la pluie et le froid, à la manifestation des syndicats « pour l’emploi et le respect des travailleurs », laquelle intervient dans un contexte social tendu après l’annonce de licenciements massifs.
Répondant à l’appel commun des trois grands syndicats du pays, entre 27.000 (selon la police) et 35.000 manifestants (selon les organisateurs) ont pacifiquement défilé dans les rues de la capitale.
Ceux-ci entendaient réclamer le maintien et la relance de l’emploi, la fin du « dumping éhonté » à l’égard des travailleurs, ainsi qu’un moratoire du système de contrôle de disponibilité des chômeurs « avant sa réforme en profondeur ».
Cette démonstration de force des syndicats intervient dans un climat social particulièrement tendu en Belgique, après différents conflits sociaux et l’annonce de plusieurs milliers de licenciements ces dernières semaines.
En signe de solidarité, les manifestants ont d’ailleurs procédé dans le Parc du Cinquantenaire au lâcher de centaines de ballons noirs symbolisant les nombreux emplois perdus.
La récente pétition lancée par les patrons appelant au respect de la liberté d’entreprendre était également au centre de tous les commentaires, vendredi.
« J’ai du respect pour les employeurs qui, par le dialogue avec les syndicats, ont tout fait pour éviter les licenciements lors de cette crise. Mais ne me demandez pas du respect pour les employeurs qui ne pensent qu’aux bénéfices rapides, aux dépens de travailleurs », a notamment dénoncé le président de la CSC, Luc Cortebeeck.
S’adressant toujours au patronat, M. Cortebeeck a invité celui-ci à « arrêter de se plaindre ».
« Cherchons plutôt ensemble la manière de sortir de cette crise », leur a-t-il lancé.
Les syndicats ont également vivement attaqué le système de contrôle de disponibilité des chômeurs.
« Faisons la chasse au chômage, pas aux chômeurs », a ainsi lancé Rudy De Leeuw, président de la FGTB.
Parmi la foule bigarrée des manifestants, on distinguait plusieurs délégations d’entreprises qui ont fait l’actualité sociale ces derniers mois en Belgique, notamment des travailleurs d’Arcelor-Mittal, de HP, de Janssen Pharmatica, de DHL, ou encore d’AB Inbev.
L’usine d’Opel Anvers, dont la fermeture a été annoncée la semaine dernière par la direction du groupe, était représentée par une importante délégation de travailleurs, lesquels avaient amené une voiture de la marque sur un camion.
On relevait également en fin de cortège quelques membres de la Fédération des étudiants francophones (FEF), ainsi qu’une importante délégation du PTB (Parti des travailleurs de Belgique, marxiste-léniniste).
Les manifestants ont quitté peu après 11 heures le rond-point Schuman, au cœur des institutions européennes, pour rallier, sur le coup de 13h00, la place Rogier après avoir emprunté la rue de la Loi et la Petite ceinture, ce qui a provoqué d’importants embarras de circulation dans le centre-ville.
Selon la police de Bruxelles, aucun incident n’a été déploré.
(D’après Belga)
