Un élève sur deux fréquente l’école catholique

GUTIERREZ,RICARDO; BOUILLON,PIERRE

Vendredi 29 janvier 2010

JESUS CRISE Le taux de confiance en l’école catholique se tasse un peu, mais reste globalement élevé. En Wallonie et à Bruxelles, près d’un élève sur deux fréquente un établissement d’enseignement catholique. Lisez la suite de notre enquête « Jésus crise » dans Le Soir de ce vendredi.

Les parents d’aujourd’hui ne veulent plus imposer leur conviction religieuse ou philosophique aux enfants. C’est une des évolutions notables relevées par notre sondage Dedicated Research : à peine 53 % des sondés entendent transmettre leur religion à leur progéniture. Ils étaient 66 % à faire ce choix, en 2005.

Même chez les parents catholiques, le souci d’autonomie, de libre arbitre des enfants progresse : alors qu’ils étaient 12 % à ne pas éduquer ou à ne pas avoir l’intention d’éduquer leurs enfants dans la foi catholique, en 2005, ils sont à présent 24 %. Leur proportion a donc doublé, en cinq ans.

Autre tendance : le tassement (léger) du taux de confiance attribué à l’école catholique : 49 % des sondés pensent que l’Église catholique « contribue à la qualité de l’enseignement », alors qu’ils étaient 53 % en 2005. Si la confiance est en léger recul, elle reste cependant élevée.

Globalement, un élève francophone sur deux est scolarisé dans le réseau libre catholique. Dans le maternel et le primaire, les écoles officielles (organisées par la Communauté française, les provinces et les communes) gardent la main (60 %). Dans le secondaire, en revanche, le rapport s’inverse au bénéfice du libre (60 % des élèves optent pour l’école catholique, 40 % pour les établissements officiels).

Etienne Michel, patron du Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), y perçoit un paradoxe : « La sécularisation de la société se poursuit. Mais il y a une confiance dans l’école catholique qui ne se dément pas, l’enseignement catholique ayant même plutôt tendance se développer, quantitativement ».

Etienne Michel explique notamment le succès de la filière catholique par sa « tradition éducative » : « Elle est fondée sur la conviction que l’école n’est pas seulement un lieu d’instruction. Elle est aussi un lieu où se forge une certaine vision, une certaine idée du monde. Cette école fait sienne l’idée selon laquelle on ne naît pas homme, on le devient. L’école catholique s’oppose à la vision utilitaire de l’enseignement. Nous pensons que l’éducation ne se réduit pas à la transmission de savoirs. Il ne s’agit pas seulement de former les jeunes au marché du travail – disons que, à la conception utilitariste de l’école, nous opposons nos valeurs humanistes ».

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