La gestion modèle d’un drame
DEFFET,ERIC
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Vendredi 29 janvier 2010
Un jour, peut-être, la justice devra désigner des responsables voire des coupables.
Mais, en attendant, la tragédie qui frappe la cité mosane est – comment dire… – un modèle du genre. On veut parler ici, bien sûr, de la gestion de cette tragédie, au-delà donc du décompte macabre des victimes.
Qu’a-t-on vu au cœur de l’hiver liégeois ? Un scénario forcément inopiné, des dégâts considérables au centre d’un tissu urbain très dense, des incertitudes sur le bilan et les causes, et surtout la nécessité d’une mobilisation efficace et d’une coordination parfaite, du bas au haut de l’échelle des responsabilités. Tout dans cette tragédie aurait pu tourner à la confusion. Il n’y a pas si longtemps, notre pays se signalait par un sens du ridicule peu banal lors des crises majeures : le Heysel, l’enquête Dutroux ou même, dans une certaine mesure, la catastrophe de Ghislenghien, quand on songe à la fuite des responsabilités, à la longueur des procédures judiciaires et aux atermoiements des assurances. A Liège, jusqu’à présent, règne une étonnante sérénité qui ne peut s’expliquer que par le grand professionnalisme des hommes et des femmes qui gèrent l’événement : les secours, les experts, les services sociaux, les associations et – osons l’affirmer – les mandataires, qui sont efficaces.
Jusqu’aux interventions des uns et des autres dans les médias : les propos sont pertinents. L’émotion est bien réelle, mais jamais paralysante.
On dira : c’est la moindre des choses. Les plans de secours existent. Les gens de terrain sont entraînés. Les moyens techniques mis en œuvre sont considérables. Et les élus sont là pour ça.
Mais dans un pays et une ville où chaque euro est dépensé avec parcimonie, dans une Wallonie que l’on a dit moribonde, incompétente et championne chronique du dysfonctionnement, il est bon de savoir que les gens sur lesquels on compte sont à la hauteur. Au bon moment. Tout simplement.
