La « wallonisation » hante la Flandre

DEMONTY,BERNARD; VANOVERBEKE,DIRK

Mercredi 3 février 2010

Socioéconomique Le mot à la mode au Nord

Un nouveau mot entre dans le vocabulaire flamand : « la wallonisation ». Peu amène pour le Sud, il désigne une économie bureaucratisée, en proie a une poussée de chômage incontrôlable. Derrière le mot, il y a le doute, qui s’installe en Flandre. Le modèle a-t-il vécu ? Par Bernard Demonty et Dirk Vanoverbeke

C’est le nouveau mot à la mode en Flandre, et il déclenche plus de sueurs froides que de bonds de joie : la wallonisation (« wallonisering »). Version hard : la Flandre se met à ressembler à la Wallonie (ou aux clichés qu’en ont les Flamands) avec un chômage élevé et une emprise suffocante des pouvoirs publics. Version « soft » (qu’on entend moins) : ce que font les Wallons, ils le font mieux.

Le débat couvait depuis quelques semaines. Depuis la fin de cette maudite année 2009 où le chômage a grimpé de plus de 20 % au Nord, alors que la Wallonie s’en tirait avec une hausse de 3,4 %. La Flandre partant d’une situation de quasi plein emploi, une différence était attendue. Mais pas de cette ampleur.

Depuis Opel, le tabou est tombé. Et le concept, sinon le mot « wallonisation », si dénigrant soit-il pour le Sud, est sur toutes les lèvres. Il apparaît dans le discours médiatique, patronal, mais aussi politique. Avec une constante à ce stade : le doute s’est installé, comme en témoigne ce vocable douteux. Le débat sur les solutions, en revanche, n’est pas mûr.

Pas de résultats.