« On naît homosexuel, on ne le devient pas »

DORZEE,HUGUES

Jeudi 4 février 2010

Une vaste recherche vient contrebalancer les thèses psychanalytiques. « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être », affirme Jacques Balthazart zoologiste de formation, professeur à l’Université de Liège et responsable du Groupe de recherche en neuro-endocrinologie du comportement. Lire l’interview du Pr Balthazart dans Le Soir en PDF

Une « Biologie de l’homosexualité » est publiée cette semaine. Un ouvrage inédit, fruit d’une longue recherche réalisée par le Pr Balthazart (ULg), qui avance l’hypothèse, largement étayée scientifiquement, selon laquelle l’homosexualité est essentiellement le résultat d’une interaction entre facteurs génétiques et hormonaux.

Jacques Balthazart, professeur à l’Université de Liège, zoologiste de formation et responsable du Groupe de recherche en neuro-endocrinologie, publie cette semaine une « Biologie de l’homosexualité », aux éditions Mardaga. Un ouvrage inédit en français qui s’appuie sur 35 ans de recherches. Sa conclusion générale ? L’homosexualité humaine (et animale serait fortement déterminée dès la naissance. Elle serait le résultat d’une interaction entre facteurs génétiques et hormonaux dans l’embryon.

Cette recherche, largement étayée (270 références scientifiques) vient contrebalancer l’idée communément admise, influencée par les théories (post)freudiennes, selon laquelle l’orientation sexuelle est essentiellement, voire exclusivement, le résultat d’apprentissages et d’interactions sociales qui se déroulent pendant l’enfance.

« L’homosexualité s’accompagne de modifications morphologiques, physiologiques et comportementales complexes », affirme le Pr Balthazart (ULg). Dans son livre, le scientifique avance une douzaine de « faisceaux d’indices suffisants », en s’appuyant sur la littérature scientifique, principalement anglo-saxonne, publiée ces 30 dernières années.

« Les homosexuels ne sont ni pervers, ni dangereux ni responsables de leur condition. Ils doivent pouvoir vivre leur vie en accord avec leur nature sans culpabilité personnelle ». Et le neuro-endocrinologue d’en appeller à davantage de tolérance et dénoncer les « groupes sociaux et religieux qui continuent, malgré leur ignorance, à entretenir les thèses homophobes ».

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