Sécurité : Picqué veut plus de compétences

n.c.

Mardi 9 février 2010

Charles Picqué a demandé au Premier ministre de confier à la Région bruxelloise un rôle plus important dans le domaine de la sécurité. Par ailleurs, le gouvernement fédéral et les autorités bruxelloises ont fixé huit domaines dans lesquels des mesures concrètes seront élaborées.

Les représentants du gouvernement bruxellois et de la conférence des bourgmestres de la capitale ont été reçus mardi peu après 18 heures par le Premier ministre Yves Leterme, au 16, rue de la Loi, pour faire le point sur la problématique de la sécurité dans la capitale.

Ils lui ont remis plusieurs documents compilant une série de demandes pour l’essentiel connues de longue date pour renforcer la police à la fois en nombre, en efficacité opérationnelle et en financement.

Les ministres bruxellois avaient auparavant longuement préparé cette réunion, durant l’après-midi, pour établir leur propre liste de demandes. Cette réunion entamée à 14h30 s’est achevée vers 18 heures.

Ils ont ainsi chargé le ministre-président de faire part au Premier ministre de leur souhait de pouvoir organiser un réel Observatoire de la Sécurité d’analyse des faits pour orienter les politiques sécuritaires, tant préventives que répressives.

Actuellement, la Région-capitale ne dispose pas des compétences pour mettre cet Observatoire en place, seule.

La Région bruxelloise revendique un rôle plus important

Mais le gouvernement régional s’est surtout accordé pour demander au Premier ministre de confier à la Région « un rôle dans le domaine de la sécurité » : la coordination ou la tutelle sur les zones de police bruxelloises en lui accordant les tâches qui incombent au gouverneur de l’arrondissement de Bruxelles-capitale.

Dans l’immédiat, le gouvernement bruxellois souhaite que le fédéral soulage le travail de la police bruxelloise de tâches qu’il lui impose, qu’il modifie les normes de financement de la police locale, et allège les exigences de recrutement pour favoriser l’embauche d’un personnel policier qui connaisse a priori mieux le terrain.

Les ministres bruxellois veulent encore que l’on donne à la Justice les moyens de fonctionner plus rapidement.

Même s’ils ne constatent pas d’augmentation des délits à Bruxelles, les ministres bruxellois se sont dits préoccupés par l’augmentation de la violence des faits commis en recourant aux armes, la diminution de l’âge des auteurs de délits, et la recrudescence des petites incivilités génératrices d’un sentiment d’insécurité.

Partant du constat que rien ou si peu de choses ont changé au cours des dernières années, les bourgmestres, de leur côté, ont transmis à Yves Leterme, la liste de dix points qu’ils avaient remis au Premier ministre, au moment de sa première entrée en fonction en 2007, ainsi que l’évaluation qu’ils avaient faite de la réforme des polices, à l’occasion de son dixième anniversaire, l’an dernier.

Par ailleurs, ils ont fourni au Premier ministre une note de réflexion établie le 8 février dernier par la conférence des chefs de corps des 6 zones de police bruxelloise.

Comme les mandataires politiques bruxellois, les chefs de corps y soulignent notamment que le cadre de police actuel (4.874) est en déficit de 800 personnes et que la norme de financement des effectifs policiers bruxellois est dépassée car elle n’intègre ni la poussée démographique à laquelle on a assisté depuis 2002 dans la capitale, ni les coûts liés aux statuts particuliers des agents bruxellois, ni les missions particulières qui leur sont demandées.

Les chefs de corps plaident aussi pour que le renforcement des zones bruxelloises dans le cadre du maintien de l’ordre classique puisse se faire également depuis l’extérieur de Bruxelles et pour une meilleure protection des policiers dans l’exercice de leur fonction : un règlement du problème des mineurs d’âge multirécidivistes, un suivi plus rapide et plus sévère des cas de rébellion, un élargissement de l’assistance juridique des policiers et, sur le terrain, l’attribution d’un gilet pare-balles dans l’équipement de base de chaque policier.

(D’après Belga)

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