Leur gouvernement doit aux wallons vision et cohérence

LORENT,PASCAL

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Vendredi 12 février 2010

Que de cris d’orfraie et d’indignations de bon aloi… Jeudi, le Landerneau politique a à nouveau répondu à ce réflexe agaçant : l’émocratie, la dictature de l’émotion. Tout ce que Charleroi compte de non-écologistes est venu cracher sur la décision de Philippe Henry – ceux-là même qui déploraient hier que Charleroi soit la première ville à afficher une cote négative sur l’échelle de l’attractivité - tandis qu’édiles PS et CDH du gouvernement wallon, vidaient leur sac à l’encontre du ministre.

Cela signifie-t-il pour autant que la critique est infondée ? Non. Depuis l’entame de la législature, Philippe Henry et son cabinet sont souvent pointés comme le « maillon faible » du gouvernement Demotte. Une mise au point s’avérait nécessaire au sein de la tripartite wallonne. Le dossier « Città Verde » a été « la goutte qui a fait déborder le vase », selon un ministre.

Pour le reste, que reproche-t-on au ministre ? D’avoir joué un « cavalier seul » dans les médias ; d’avoir justifié sa décision avec des arguments socio-économiques plus qu’en vertu de règles d’aménagement du territoire. Bref, un manque de formalisme et un individualisme occasionnel que plusieurs de ses collègues n’ont guère à lui envier. Sur le fond par contre… Fidèle à la Déclaration de politique régionale et à la ligne politique qui en découle, Philippe Henry a refusé un projet néfaste pour l’attractivité du centre-ville carolo et, dans une moindre mesure, pour ceux de Sambreville et Namur. Un projet dont les retombées pour l’emploi paraissent incertaines, sauf pour le secteur du bâtiment chargé d’ériger la « cité ».

Il a surtout choisi de ne pas céder à cette facilité qui, désormais, pousse les élus à dérouler le tapis rouge devant les promoteurs. Ceux-ci les bombardent de promesses chiffrées (emplois, compensations) et d’une inauguration en grande pompe. Mais ils sont partis quand les effets pervers de ce type d’investissement se manifestent. Et que ne subsistent que les friches, hier industrielles, demain commerciales.

Face à ce genre de tentation, le gouvernement wallon se doit de refuser tout sous-régionalisme. Et d’afficher une cohérence et une vision rivée sur un horizon bien plus lointain que la prochaine échéance électorale.

Pas de résultats.