La direction de Fortis a trompé le conseil d’administration

GERARD,PAUL

Vendredi 12 février 2010

Exclusif Cela se passe à l’été 2007 : alors que chez Fortis se profile l’ambitieuse augmentation de capital nécessaire au rachat d’ABN Amro, la crise du subprime s’étend. Les provisions pour pertes estimées s’emballent. Chez Fortis, les experts en sont conscients et revoient à la hausse (400 millions d’euros) les provisions à prévoir sur le portefeuille subprime. La direction en est informée, mais pas le conseil d’administration, maintenu dans l’ignorance… L’enquête complète est à lire dans « Le Soir » de ce vendredi

En septembre 2007, alors que Fortis s’apprête à réaliser la plus grande opération de son histoire, le rachat d’un peu plus d’un tiers de la banque néerlandaise ABN Amro pour 24 milliards d’euros, les pertes de valeur attendues sur le portefeuille « subprime », ces produits qui sont à la base de la crise financière de 2008, sont estimées au minimum à 400 millions d’euros par les experts de la division « Merchant Bank » de Fortis, où ces positions sont logées. Selon nos informations toutefois, ni le conseil d’administration, ni son sous-comité chargé des questions de capital et de risques n’en seront informés. S’ils l’avaient été, les administrateurs de Fortis auraient-ils décidé de se lancer dans l’ambitieuse conquête d’ABN Amro ?

La question demeure sans réponse comme celle de savoir qui, au sein de la direction, a pris l’initiative de ne pas porter le montant des provisions à prévoir (les 400 millions) à la connaissance des administrateurs. Responsables des risques de la division « Merchant bank », Fred Van Gheluwe et son adjoint Reg De Gols rapportaient à Filip Dierckx, le patron de la « Merchant bank », lequel rapportait à Jean-Paul Votron, l’administrateur-délégué de Fortis. C’est quelque part sur cette ligne hiérarchique que se sont « perdues » les dernières valorisations du portefeuille subprime de Fortis.

Pas de résultats.