Città Verde : l’urgence d’une régulation

LORENT,PASCAL

Lundi 15 février 2010

En l’espace d’une semaine, Farciennes a fait une entrée retentissante sur le terrain politique wallon. Pour cette modeste commune qui fut longtemps le symbole de la résistance au déclin des charbonnages – le Roton fut le dernier de Wallonie à fermer, le 28 septembre 1984 –, c’est un moment de notoriété inespéré. Et indésiré.

Son évocation, en effet, met en lumière un vide aussi profond que le puits de mine aujourd’hui fermé : celui d’outils de gestion permettant de répondre aux sollicitations multiples des promoteurs commerciaux. Les partenaires de l’Olivier l’avaient compris, quand ils ont négocié la Déclaration de politique régionale (DPR) : ils devaient disposer d’une vision d’ensemble du territoire wallon et de ses différents bassins de vie. Cet outil, baptisé schéma de développement commercial régional, a pour but de gérer avec parcimonie un territoire wallon qui n’a rien d’infini. Et pour effet de mettre un terme aux querelles de clocher et aux réflexes sous-localistes.

Qu’un élu local ne puisse résister aux sirènes des promoteurs, c’est compréhensible. Ceux-ci promettent des investissements en millions et des emplois à foison, alors que les seuls chiffres qui explosent sont ceux du chômage. Dans ce contexte, le privé a beau jeu de mettre chaque municipaliste en concurrence avec son voisin.

L’immobilier commercial, comme n’importe quel autre secteur de l’économie, a besoin de régulation. Sinon, c’est la loi du plus fort, du plus « gros ». Et la privatisation d’un espace public dont sont implicitement exclus ceux qui ne disposent pas d’un pouvoir d’achat suffisant pour y consommer. Quelques Farciennois, quelques Carolos sont de ceux-là. Il est regrettable que certains socialistes, et non des moindres, aient oublié ici leur volonté de réguler l’économie.

Pour éviter que des tensions similaires à celles vécues cette semaine ne se répètent, avec des élus qui prennent argument de la détresse sociale pour déroger aux lignes directrices de la DPR, un outil de décision et de régulation apparaît indispensable. Le ministre Philippe Henry n’a dès lors plus le choix : il doit proposer très vite cet outil de décision d’un développement commercial durable et maîtrisé.

Pas de résultats.