Sésame, ouvre-toi à tous les publics

LEGRAND,DOMINIQUE

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Mardi 16 février 2010

Musée Aux Musées des beaux-arts

Décerner des prix à nos musées, mais pourquoi ? Pour leurs collections ? Parce que la cafétéria est sympa ?

Si les Musées royaux des beaux-arts de Belgique ont reçu le Prix des Musées 2008, ce n’est pas parce que l’institution fédérale est pauvre comme Job mais pour distinguer sa politique d’accueil des nouveaux publics. Dans le cadre du programme Sésame, l’équipe Educateam accueille des groupes qui pour des raisons sociales, économiques et culturelles ne fréquentent pas les musées. Rien qu’en 2009, le programme Sésame que coordonne Anne Querinjean a permis de toucher 3.124 personnes.

« On souhaite ouvrir les Musées à tous les publics, précise-t-on au Service éducatif du musée : enfants, jeunes, adultes, personnes issues de l’immigration, en apprentissage de la langue ou à scolarité réduite, jeunes isolés, sans abri, personnes handicapées, patients psychiatriques, aveugles, sourds ou malentendants… Des programmes spécifiques ont été développés sous la dénomination Musée sur Mesure. Le programme Sésame est l’un d’eux. Il travaille à l’ouverture des collections du musée aux personnes d’horizons culturels très variés, d’origines immigrées récentes ou anciennes, ou aux personnes en grande précarité sociale et économique. Ces personnes sont généralement réticentes à fréquenter le musée et pensent ne pas pouvoir y accéder. »

Une publication couronne cette expérience de lien social. Regards croisés d’Ici et d’Ailleurs est le fruit de la collaboration entre le programme Sésame et une classe en alphabétisation de l’association Lire et Ecrire Bruxelles. Sociologue, « écrivante » en récits de vies, Danielle Wacquez livre ainsi des pages touchantes et profondes où le musée s’apprivoise, se dit, choque ou séduit. Marocaine, Halima « voit dans les tableaux des histoires qu’on ne connaît pas. Quand on regarde ces tableaux, dit-elle, on a l’impression qu’on est dedans, qu’on est dans l’histoire qui est montrée. »

« Devant les nus,

je passe vite »

L’expression de soi est omniprésente dans tout le travail. Certains passages le disent avec force. « Dans ce que j’ai vu, ce que j’ai le moins aimé ? Les gens qui se tuent, déclare Aziza, ça je n’aime pas. Comme dans le premier tableau qui se trouve à l’entrée (Episode des Journées de Septembre en 1830, G. Wappers). Quand j’irai au musée avec mes deux filles, je leur montrerai les peintures les plus gaies. Et devant les nus, je passe vite et je dirai “Allez, hop ! On va ailleurs”. Dieu a donné la nature mais une nature propre. Cela veut dire pas de nus, vivre ensemble, pas faire de misère. »

D’autres récits viennent enrichir cette publication qui ouvre le musée à tous. Al, le cuisinier du MuseumCafé se souvient de sa rencontre avec Alechinsky. Blanche, une visiteuse, raconte sa découverte de Bruegel…

www.fine-arts-museum.be. Programme Sésame, info au 02-508.33.55.

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