De mortelles intempéries à Madère
n.c.
Dimanche 21 février 2010
Des pluies torrentielles provoquant inondations et glissements de terrain ont fait au moins 38 morts et plus de cent blessés samedi sur l’île portugaise de Madère, en particulier à Funchal, la capitale, où des témoins ont évoqué une situation de « chaos ». Environ 120 Belges sont coincés sur l’île.
Les pluies torrentielles qui se sont abattues samedi sur l’île portugaise de Madère ont fait 38 morts et plus de cent blessés, selon un nouveau bilan encore provisoire des autorités régionales. « Nous avons 38 morts mais ce chiffre n’est pas encore totalement définitif », a déclaré dimanche matin à la presse le secrétaire régional aux Affaires sociales, Francisco Ramos. Le précédent bilan faisait état de 32 morts et 68 blessés.
« Nous allons continuer la recherche de corps, nous attendons les équipes qui doivent arriver du continent pour continuer à travailler sur le terrain », a-t-il ajouté.
Selon les chiffres du gouvernement régional de Madère, au moins 101 personnes ont également été blessées dans les intempéries qui ont provoqué inondations et glissements de terrain, en particulier à Funchal, la capitale régionale située sur la côte sud de l’île où vivent 100.000 habitants sur une population totale de 250.000 personnes. Environ 250 personnes sont sans-abri, a indiqué la Protection civile sur son site internet.
Dimanche matin, un avion C-130 de l’armée portugaise devait quitter Lisbonne pour Funchal, avec à son bord une équipe cynophile, des plongeurs ainsi que des médecins légistes.
Selon un correspondant de l’AFP à Funchal, la pluie, qui était tombée toute la nuit, « s’est transformée en milieu de matinée en pluie torrentielle, comme une pluie tropicale ». « C’était un véritable chaos », a-t-il raconté. « Les rivières sont sorties de leurs lits, les routes se sont transformées en torrents, emportant de la boue et des débris, provoquant des glissements de terrain ».
En plus de la pluie, les vents dépassant les 100 km/h et la mer agitée ont causé d’importants dégâts matériels sur l’île. Les inondations ont détruit des ponts et des maisons, en particulier dans la région de Funchal et de Ribeira Brava, sur la côte sud de l’île.
En fin de journée, plusieurs quartiers de Funchal étaient encore privés de téléphone et d’électricité. « Je suis très inquiète parce que je ne sais que ce que je vois de ma fenêtre. La mer est toute marron, il y a des vagues énormes », a raconté Margarida Freitas Vieira, une habitante de Funchal apeurée à l’agence Lusa.
Dans la partie basse de cette ville de 100.000 habitants, plusieurs bâtiments ont dû être évacués et les routes étaient difficilement praticables, compliquant le travail des secours. « Des centaines de personnes vont devoir être relogées », a déclaré le vice-président du gouvernement régional, Joao Cunha.
Dans la journée, plusieurs hôtels de l’île, très prisée des touristes surtout britanniques et allemands, ont été évacués. « Notre hôtel est situé près d’une rivière, dans le centre de Funchal, et on nous a dit de sortir du bâtiment parce qu’il y avait un risque d’affaissement », a raconté Aymeric Payan, un Français de 27 ans, chef boulanger dans un hôtel, joint par téléphone par l’AFP.
Plusieurs localités étaient isolées, comme la commune de Curral das Freiras, de 4.000 habitants, située dans une région montagneuse difficile d’accès du centre de l’île.
Les autorités régionales, qui ont conseillé aux habitants de rester chez eux, ont fait appel aux médecins pour renforcer les services de santé des hôpitaux et réquisitionné des fonctionnaires municipaux pour aider aux opérations de secours.
Selon l’Institut météorologique portugais, le pire était passé en fin de journée et les conditions météorologiques devraient connaître une accalmie.
Samedi soir, le président du gouvernement régional, Alberto Joao Jardim, a indiqué s’être entretenu avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et annoncé qu’une aide allait être demandée à Bruxelles.
Le roi d’Espagne Juan Carlos a également manifesté la disponibilité de son pays pour fournir l’aide nécessaire, a déclaré le président portugais Anibal Cavaco Silva.
Samedi soir, une frégate de l’armée portugaise, des hélicoptères et des avions militaires ont quitté Lisbonne pour Madère, avec une équipe médicale et du matériel de secours. Une équipe de la gendarmerie doit pour sa part se rendre à Funchal dimanche matin.
(d’après Belga et AFP)
