Chili : au moins 214 morts dans le séisme

n.c.

Samedi 27 février 2010

Au moins 214 personnes ont été tuées ce samedi au Chili par un séisme de magnitude 8,8, l’un des plus violents depuis un siècle, qui a fait déferler une vague de 2,30 mètres sur une dizaine de villes côtières et déclenché une alerte au tsunami dans les pays riverains du Pacifique.

Au moins 214 personnes ont été tuées au Chili et jusqu’à 400.000 pourraient, en tout, avoir été affectées par le séisme d’une magnitude de 8,8 qui a secoué ce samedi le centre du pays, selon un bilan provisoire de l’Office national des urgences (Onemi).

« Le chiffre (des morts) varie de minute en minute, et s’élève actuellement à 147 », déclarait plus tôt ce samedi la directrice de l’Onemi, Carmen Fernandez, douze heures environ après le séisme.

Les zones les plus touchées par le séisme sont les alentours de la ville de Concepcion, à un peu plus de 400 km au sud de la capitale Santiago, a confirmé la directrice de l’Onemi, estimant que 400.000 personnes pourraient être sinistrées ou affectées.

Un état des lieux de la zone littorale de la région du Maule, proche de Concepcion, où une grosse vague consécutive au séisme aurait fait des dégâts, n’était pas disponible immédiatement, a déclaré Mme Fernandez.

« Nos contacts avec le Maule sont insuffisants », a-t-elle expliqué.

Quelques minutes après la première secousse, qui a surpris les Chiliens vers 03H30 du matin (heure locale), la vague de tsunami s’est abattue sur la ville côtière de Talcahuano, dans le centre du Chili, selon le Centre d’alerte américain pour le Pacifique.

Talcahuano, située près de Concepcion, la deuxième ville du pays, est l’une des onze villes côtières du Chili frappées par cette vague, a précisé le centre.

La secousse de magnitude 8,8 a été enregistrée à 03h34 locales (07h34, heure belge) et son épicentre localisé en mer à 90 kilomètres de Concepcion, une ville d’un demi-million d’habitants située à 500 kilomètres au sud de Santiago.

Elle a été ressentie jusqu’en Argentine, et dans le Pacifique des vagues gigantesques ont submergé une partie de l’île chilienne de Robinson Crusoé et les autorités du pays sud-américain ont évacué une partie de l’île de Pâques, par précaution.

Les Chiliens, terrorisés, sont sortis dans les rues, certains en pyjama, tandis que des groupes de jeunes sortaient de discothèque. À Santiago, la secousse a été fortement ressentie, alors que nombre d’habitants étaient encore éveillés.

La confusion était d’autant plus grande que le séisme a provoqué une coupure généralisée du courant et des lignes téléphoniques en plein milieu de la nuit.

À Concepcion, un pont a été détruit. À Santiago, aucun édifice majeur ne s’est effondré, mais l’aéroport a été fermé pour 24 heures, en raison de l’affaissement de la structure dans le terminal passagers.

« C’est la pire chose que j’ai vécue », a déclaré Sebastian, un jeune de 22 ans vivant à Santiago. « Vous allez tous bien ? », s’interrogeaient les voisins rassemblés dans les cours, au milieu de femmes et d’enfants en pleurs.

Un journaliste de l’AFP a raconté que sa maison « s’est mise à trembler comme de la gelée », avec la chute de cadres et d’étagères. Il a estimé que la durée de la secousse avait dépassé 2 minutes.

Dans un bilan précédent, le ministre de l’Intérieur, Edmundo Perez Yoma, annonçait que 82 personnes avaient été tuées. Selon les services de secours, les morts ont été victimes d’effondrements de murs, mais d’un nombre important aussi de crises cardiaques.

Une secousse plus violente qu’à Haïti

Il s’agit du séisme le plus puissant depuis celui d’une magnitude 9,1 au large de Sumatra (Indonésie) qui avait provoqué un gigantesque tsunami en décembre 2004 en Asie du Sud-Est, faisant plus de 220.000 morts.

Des alertes au tsunami ont été émises dans l’ensemble des pays d’Asie et d’Amérique latine riverains du Pacifique.

La secousse enregistrée a été plus violente que celle qui a ravagé Haïti le 12 janvier, coûtant la vie à au moins 222.000 personnes.

Le Chili, l’un des pays les plus développés d’Amérique latine, est cependant nettement mieux préparé à faire face à un tremblement de terre et dispose de normes de constructions antisismiques.

C’est dans ce pays que s’est produit le plus fort tremblement de terre jamais enregistré, le séisme de Valvidia, le 22 mai 1960, de magnitude 9,5.

Les autorités américaines ont émis une alerte au tsunami, qu’elles ont progressivement étendue à l’ensemble des pays de l’océan Pacifique. Le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ont tour à tour émis des alertes au tsunami. L’archipel américain d’Hawaï a également été placé en alerte.

Une vague géante

Une vague géante a submergé la moitié basse de l’île chilienne de Robinson Crusoé, située dans l’archipel de Juan Fernandez, à 700 kilomètres des côtes, et qui compte environ 650 habitants, a indiqué la présidente chilienne Michelle Bachelet, sans pouvoir dire s’il y avait des victimes.

Elle a immédiatement envoyé dans l’île deux navires, deux hélicoptères et un avion chargés d’aide.

Les autorités ont également évacué des secteurs de l’île de Pâques, située dans le Pacifique sud, à 3.500 kilomètres à l’ouest des côtes chiliennes.

Cinq puissantes répliques ont été enregistrées peu après le séisme, la plus puissante de magnitude 6,9 au large des côtes chiliennes à 08h01 GMT, selon l’institut de géophysique américain (US Geological Survey, USGS).

L’Union européenne et d’autres pays ont proposé leur aide, mais Mme Bachelet, a indiqué que les autorités chiliennes « n’avaient besoin de rien de spécial » pour le moment.

Le Chili est l’un des pays qui a la plus forte activité sismique, se trouvant sur une zone de subduction avec la convergence de deux plaques tectoniques majeures.

La région de Concepcion a déjà été frappée par le passé par des séismes meurtriers. Un séisme centré sur la ville de Chillan, à une centaine de kilomètres environ de Concepcion, avait fait 28.000 morts en janvier 1939.

(afp)

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