Claire Martin, correspondante au Chili : « Je me suis évanouie »
MARTIN,CLAIRE
Dimanche 28 février 2010
Après juste trois heures d’un sommeil profond, réveil brusque. La terre tremble et j’y suis sensible. Généralement, les petites secousses que ne ressentent jamais les Chiliens, moi, je les ressens toutes ! Je reste un peu aux aguets et au moment où je m’apprête à rejoindre à nouveau les bras de Morphée, je me redresse. Ça a l’air d’être sérieux… Direction l’encadrement de ma porte de salle de bain en pyjama, seule dans mon petit appartement deux pièces. Et là, les secousses s’accélèrent, je me tiens pour ne pas tomber et je me concentre, en respirant fort : « calme-toi, pas de panique, tout va bien », mais les placards claquent, j’entends des bruits de verre brisés, j’ai l’impression que toutes mes assiettes ont valdingué, des livres chutent. J’ai l’impression que les murs vont s’effondrer… Tout s’arrête. Des bruits dans le couloir de l’immeuble. Les gens sortent. Hop, je prends un jean, des tongues, mes clés, mon téléphone portable en un clin d’oeil, trouvant tous mes effets dans le noir par magie, alors que je passe normalement mon temps à les chercher. Je suis dans le couloir en caleçon, tee-shirt et cheveux ébouriffés. J’entends mon voisin qui crie : « Fermez les robinets de gaz », je retourne chez moi, marche sur des débris dans le noir pour atteindre la clé du gaz. Je ressors. Noir. « Tout va bien ? ». C’est mon voisin qui me parle. J’ouvre
les yeux, je suis par terre. Je ne comprends pas. Peut-être que je me suis rendormie, me dis-je, complètement dans les bulles… Une douleur au crâne, mon voisin qui me soutient dans les escaliers pour descendre. Je comprends : je me suis évanouie.
