Belgacom va vendre de l’électricité verte
JENNOTTE,ALAIN
Lundi 1er mars 2010
Tout commence il y a deux ans, lorsque la cellule stratégique de Belgacom cogite sur l’intérêt d’une diversification de l’opérateur sur le marché de l’énergie. Un positionnement qui ne manquerait pas de sens. Le secteur de l’énergie libéralisée est en plein développement et certains acteurs se sont donné une image très « verte » qui pourrait servir les intérêts de Belgacom. Sans compter qu’il peut tabler sur sa redoutable force de vente, qui fait largement défaut à d’autres revendeurs de watts.
Des contacts sont pris avec plusieurs électriciens comme Nuon ou Lampiris. Ce dernier intéresse Belgacom car, à la différence de ses concurrents, la société liégeoise est totalement indépendante de centres de décision qui se trouvent parfois hors de Belgique.
Des discussions discrètes démarrent à l’automne 2008. Rapidement, l’idée d’une entrée dans le capital de Lampiris prend forme chez Belgacom. Et de fil en aiguille, le dossier se construit et remonte un par un les étages des tours du boulevard Albert II.
Dès la fin 2008, selon une source, le directeur financier de Belgacom, Ray Stewart, aurait donné un premier signal positif à son équipe en précisant que « si on y va, c’est pour une prise de participation qui nous donnera la possibilité de tout contrôler à terme, si Belgacom le désire ».
Le dossier atterrit finalement sur le bureau de Didier Bellens. Il est jugé « intéressant » mais la décision est reportée à plus tard. Car à cette époque, le management de Belgacom a d’autres chats à fouetter. On est au cœur de la tourmente financière et de surcroît, la priorité du moment pour Belgacom est de faire aboutir le processus délicat de convergence entre ses activités fixes et mobiles, qui lui pompe toute son énergie depuis des mois.
Mais le projet est loin d’être enterré. Et les contacts avec Lampiris reprennent de plus belle en novembre dernier. Avec une approche différente. « Belgacom a proposé aux Liégeois de commencer par revendre leurs watts verts, note une source. Ensuite, si la mayonnaise prend bien, les négociations pour une entrée dans le capital de Lampiris pourraient éventuellement reprendre ».
