Leterme pour une agence européenne chargée des dettes

n.c.

Vendredi 5 mars 2010

Le Premier ministre Yves Leterme a défendu l’idée d’un ministère européen des Finances ou d’une agence européenne en charge des dettes dans une carte blanche parue vendredi dans le Financial Times Deutschland.

Le Premier ministre attribue les récentes tensions apparues sur les marchés des obligations à l’absence d’une union monétaire dépourvue d’un gouvernement économique communautaire. Les différences économiques au sein de la zone euro conduisent à des déséquilibres internes et poussent les marchés financiers à mettre en doute les capacités de payement des états.

« Je propose donc de franchir une étape supplémentaire en mettant sur pied un ministère communautaire des Finances ou d’une agence européenne en charge des dettes », explique Yves Leterme.

La tâche de cette European Debt Agency (EDA) serait de se préoccuper de la gestion des dettes des états de la zone euro tandis que la Banque européenne d’Investissements pourrait faire office de secrétariat de l’agence, poursuit le Premier ministre. Cette dernière pourrait reprendre les dettes existantes et les émettre à nouveau, si le conseil Ecofin et l’Eurogroup l’approuvent. Les moyens dégagés pourraient alors être partagés entre les états membres.

DPA

Agence européenne de la dette : un vieux débat

L’idée d’une Agence européenne de la dette, reformulée vendredi par le premier ministre Yves Leterme, n’est pas neuve et butte sur l’opposition de certains Etats tels que l’Allemagne, a observé vendredi le ministre des Finances Didier Reynders en marge du conseil des ministres. « L’idée n’est pas neuve, on peut effectivement tenter de regrouper un certain nombre de dettes à l’échelon européen, mais il faut pour cela convaincre des partenaires, dont l’Allemagne qui s’y est souvent opposée » et qui dispose déjà des taux préférentiels, a observé le vice-premier ministre.

M. Reynders rappelle qu’il a déjà évoqué cette piste, tout comme l’ancien premier ministre Guy Verhofstadt, au sein de l’Ecofin et du Conseil européen. « Il faudra continuer de tenter d’obtenir ce genre de chose, mais tout comme une fiscalité européenne, cela prendra du temps », prévient-il.

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