Un numéro européen gratuit pour les femmes battues ?
n.c.
Lundi 8 mars 2010
L’Union européenne s’est dite favorable à la mise en place d’un numéro européen commun et gratuit pour les femmes victimes de violences. Une campagne de « sensibilisation sur le long terme » dans toute l’Europe est également évoquée.
L’introduction d’un numéro européen de téléphone gratuit pour fournir une assistance aux femmes victimes de violences, dans le cadre d’une stratégie commune de l’UE, a obtenu lundi le soutien des ministres des Affaires sociales réunis à Bruxelles.
A l’occasion de la journée internationale des femmes du 8 mars, les ministres ont unanimement soutenu lundi des conclusions de la présidence espagnole de l’UE partie en croisade contre les violences conjugales. « La violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les hommes et les femmes ; elle porte atteinte non seulement aux femmes mais à la société », stipule ce texte. Il préconise plus concrètement « l’introduction d’un numéro de téléphone commun et gratuit », dont pourraient se servir les Etats pour fournir des informations précises et une assistance aux femmes.
L’Allemagne, qui planche actuellement sur l’introduction d’un numéro vert au plan fédéral pour les femmes victimes de violences, « aimerait beaucoup un numéro vert européen ». A l’instar d’autres pays, qui disposent parfois déjà de centres d’appels, comme par exemple la Grèce, l’Italie ou le Danemark. Les ministres appellent aussi la Commission à créer « un observatoire européen de la violence envers les femmes », autre cheval de bataille de Madrid. Il s’agira en particulier de collecter des informations comparables à l’échelle de l’UE.
Les ministres réclament le lancement dans toute l’Europe « d’une campagne de sensibilisation sur le long terme » qui condamne de tels actes et leurs incidences sur les enfants. Mais aussi l’examen d’une éventuelle harmonisation des législations nationales.« Il est important d’agir tous ensemble, au-delà des simples frontières nationales », a insisté lundi la ministre espagnole de l’Egalité, Bibiana Aido.
Quant aux gouvernements de l’UE, ils doivent allouer « des ressources suffisantes » à la prévention de la violence à l’encontre des femmes, qui comprend les mutilations génitales féminines, la traite des femmes et l’oppression dans le cadre des crimes d’honneur.
Il leur faut aussi veiller à ce que ces actes soient interdits par la loi et que leurs auteurs soient poursuivis devant les tribunaux.
(afp)
