Bruni–Biolay : l’impunité pour les diffuseurs de rumeur

n.c.

Vendredi 12 mars 2010

Difficile de poursuivre tous ceux qui ont fait circuler la rumeur sur une prétendue relation entre Carla Bruni et Benjamin Biolay sur Twitter, selon un avocat. La responsabilité du site de tweets ne serait pas non plus établie.

Ca ne s’arrange pas : la plaisanterie autour du couple présidentiel français (voir ici) n’en finit plus de faire des vagues. A tel point que, selon le site arretsurimages.net (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2813), l’avocat de Benjamin Biolay menacerait de poursuites ceux qui propagent la rumeur d’une liaison entre le chanteur et Carla Bruni-Sarkozy. Dont acte. Et après ?

Une utilisatrice de Twitter, @emanu124, qui, comme d’autres, a commenté sur le ton de l’humour le bruit qui vivotait au sein de la twittosphère, exprime certaines réserves à propos de ces menaces. « J’assume avoir repris la blague et avoir joué avec, explique-t-elle. Mais je ne suis pas spécialement inquiète ».« Ca va être effectivement être assez compliqué de poursuivre tout le monde, concède Thibault Verbiest, avocat au cabinet Ulys. Ca ressemble plutôt à du bluff. » Soyons clair : il est hautement improbable que tous les internautes concernés soient poursuivis. De là à en conclure qu’une certaine impunité règne sur le Web,… « Il y a une certaine tolérance concernant les messages transmis sur internet : les juges n’aiment pas condamner de simples internautes qui s’amusent à critiquer des personnages publics, précise l’avocat. De plus, la notion d’humour joue clairement en faveur des internautes. »

Schématisons : seules les personnes manifestant une volonté évidente de nuire au couple ou au chanteur pourraient être inquiétées. Le problème principal étant de les identifer. « La rumeur circule sur Twitter mais on ne sait même pas avec certitude d’où ça vient », précise @emanu124. Une déclaration qui en dit long sur le flou qui entoure encore ce qui reste, jusqu’à preuve du contraire, une vaste blague.

Dernier acteur de ce vaudeville numérique : Twitter, l’éditeur du site qui héberge les tweets incriminés. « Twitter devrait vraisemblablement être considéré comme un hébergeur, un intermédiaire d’internet qui bénéficie d’une responsabilité allégée en vertu d’une directive européenne », constate Thibault Verbiest. En d’autres termes, à l’instar de Google par exemple, Twitter n’est a priori pas responsable d’un contenu préjudiciable qui existerait sur leurs serveurs.

Voilà sans doute les uniques éléments d’informations à retenir de ces « élucubrations », comme l’a dit Nicolas Sarkozy, précisant qu’il n’avait « même pas une demi-seconde à perdre » avec cette affaire. .

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