la vie sexuelle des prêtres s’impose au vatican
METDEPENNINGEN,MARC
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Lundi 15 mars 2010
C’est de bonne guerre médiatique aussi pour Mgr Charles Scicluna, de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de réduire à 300 le nombre de cas de « pédophilie avérée » dénoncés au Vatican depuis 2001 (30 par an, alors qu’en Irlande on recense 14.500 victimes), considérant que l’immense majorité des autres cas dénoncés à Rome (3.000 au total) ne seraient « que » des faits d’éphébophilie, soit l’attirance sexuelle de prêtres pour des mineurs postpubères. Cette banalisation par le Vatican de relations illicites avec des jeunes de plus de 15 ans (comme l’admettent les définitions de l’éphébophilie), mais mineurs légaux, est interpellante. Soit Mgr Scicluna considère que les prêtres abuseurs de mineurs doivent bénéficier d’une atténuation de responsabilité en raison de l’âge de leurs victimes ; soit il insinue que le péché de chair commis par ses prêtres ne résulterait que d’une provocation de ces jeunes victimes ; refrain souvent entendu dans les procès de pédophiles. Au-delà de ces interrogations, l’Eglise catholique est dorénavant contrainte de reconnaître que le sexe, qu’il soit coupable avec des mineurs abusés, ou joyeux avec des adultes consentants, fait partie des préoccupations de ses prêtres, quitte à ce que la sacralisation de leur fonction en soit écornée. Plus que le mariage des
prélats, qui n’est que la relation contractuelle avec un partenaire, c’est la question de l’état d’abstinence forcée (et hypocrite) des ecclésiastiques qui s’impose à l’Eglise. Cet esclavagisme s’avère impossible à respecter. Il est nuisible, porteur de tous les abus, suscite la désertion des fidèles et empêche les vocations. Enfin, on ne peut que s’insurger contre la prétention du Vatican à régler en son sein les scandales de pédophilie. Le viol de mineurs est de l’exclusive juridiction des hommes. L’Eglise n’a d’autre choix que de s’y soumettre. Et de dénoncer sans conditions ses pervers.
