Le vote électronique condamné ?
LAMQUIN,VERONIQUE
Samedi 20 mars 2010
Près d’un Belge sur deux vote par voie électronique… Pour combien de temps encore ? Le vote papier pourrait regagner du terrain dès 2011… Explication ?
D’abord, le vote électronique coûte cher. D’autant que les ordinateurs prennent de l’âge : la première génération date de 1994, la seconde de 1998. Or, ces machines ont une durée de vie estimée à dix ans. Si elles ne sont sans doute pas toutes complètement obsolètes, une révision s’impose. L’administration de l’Intérieur vient d’ailleurs d’écrire à tous les bourgmestres concernés leur demandant s’ils souhaitent poursuivre l’expérience électronique ; en cas de réponse positive, la commune se verra imposer une vérification de chaque appareil. Il ne fait aucun doute que la plupart des ordinateurs devront être adaptés voire remplacés. Voilà qui aura un coût que les communes redoutent de devoir supporter seules. Voilà pourquoi, dans bon nombre d’entre elles, le débat sur le maintien du vote électronique sera mis à l’ordre du jour d’un collège ou d’un conseil communal d’ici la fin du mois.
L’inquiétude est d’autant plus grande, dans les communes, que le fédéral n’apportera pas son aide financière pour l’entretien ; le fera-t-il pour les remplacements ? Rien n’est moins sûr. Le dossier est sur la table du contrôle budgétaire mais, à bonnes sources, on nous précise qu’il est peu probable qu’il soit approuvé (il a déjà été recalé en octobre, lors de la confection du budget 2010). Si le fédéral n’investit pas, le vote électronique semble compromis pour 2011 mais aussi pour les scrutins suivants.
Et puis, le vote électronique suscite bien des débats, jugé peu démocratique par certains. L’ASBL PourEva liste depuis belle lurette les questions que pose ce vote, en particulier le fait que les citoyens ne peuvent contrôler que leur vote a bien été enregistré… Ces interrogations trouvent désormais des relais dans le monde politique. L’accord gouvernemental wallon prévoit en effet de supprimer le vote électronique dans sa formule actuelle, privilégiant le vote papier, voire une formule électronique assortie de garanties de légitimité démocratique. À Bruxelles, on est un pas plus loin puisque la majorité a rédigé une proposition de résolution, qui devrait être adoptée prochainement par le Parlement. On y lit qu’il faut adapter le vote électronique en y ajoutant des moyens de contrôle ou, à défaut, revenir au vote papier. Tout cela dès 2011.
