Obama devant un vote historique
n.c.
Dimanche 21 mars 2010
À la veille d’un vote final qualifié d’« historique » mais « difficile » sur la réforme de l’assurance-maladie, le président américain Barack Obama s’est entretenu ce samedi avec les élus démocrates au Congrès. Ceux-ci disposeraient déjà, d’après un communiqué, d’« assez de voix » pour pouvoir faire passer la réforme, qui permettrait de garantir une couverture santé à environ 95 % des Américains.
Le président américain Barack Obama a encouragé ce samedi les élus de la Chambre des représentants à voter dimanche pour la réforme de l’assurance maladie, un « vote difficile », a-t-il reconnu, pour les élus qui craignent d’y perdre leur siège aux élections de novembre.
« J’ai été à votre place », a dit M. Obama dans un discours au Capitole devant les élus du groupe démocrate. « Je sais que c’est un vote difficile », a-t-il dit faisant allusion à l’impopularité que peut déclencher un vote sur cette mesure qui va coûter 940 milliards de dollars sur 10 ans.
« Si vous croyez en votre âme et conscience que ce n’est pas une amélioration à la situation actuelle (...) alors votez non », a lancé le président avant d’ajouter: « mais si vous êtes d’accord sur le fait que le système ne marche pas pour les familles modestes, si vous avez entendu les mêmes histoires que moi partout dans le pays, alors aidez-nous à réparer ce système ».
« Ne le faites pas pour moi, ne le faites pas pour le parti démocrate, faites-le pour les Américains », a dit le président.
M. Obama a également fait un dernier tour d’horizon de ce que le projet de loi améliorera dans le système de couverture santé américain. Le président a notamment souligné que le projet de loi est avant tout une réforme de l’assurance, « la plus dure de l’histoire ». Elle vise à faire en sorte que les assurances privées fonctionnent efficacement pour les familles américains modestes.
« Tout est dans vos mains, il est temps d’adopter la réforme santé pour l’Amérique, et je crois que vous allez le faire demain », a conclu le président.
De son côté, le chef de la majorité démocrate de la Chambre, Steny Hoyer, a indiqué que les démocrates avaient assez de voix pour faire adopter dimanche la réforme.
Un groupe d’élus démocrates indécis a laissé planer le doute ces derniers jours sur leur décision finale.
En début d’après-midi, des milliers d’opposants à la réforme protestaient sur les marches du Capitole, faisant écho à la colère des parlementaires républicains qui jugent ces mesures interventionnistes et trop coûteuses.
Ce texte est « une intrusion gouvernementale », jugeait l’un des manifestants, Andy Counts, en brandissant une pancarte : « Mensonges, corruption, rats socialistes ».
Le président a multiplié les déplacements ces dernières semaines en dehors de Washington pour plaider la cause de cette réforme dont l’adoption au Congrès a connu revers et retards.
« Dans seulement quelques jours, une lutte d’un siècle trouvera son aboutissement dans un vote historique », s’était-il enthousiasmé vendredi lors d’une réunion publique devant 8.500 personnes dans l’État de Virginie, proche de Washington.
« Au cœur de ce débat, se trouve la question de savoir si nous allons continuer à accepter une assurance-maladie qui travaille mieux pour les compagnies d’assurance que pour les Américains. Parce que si ce vote échoue, le secteur des assurances va continuer à faire ce qui lui plaît », avait lancé M. Obama.
Au total, le plan, qui constituerait la plus importante réforme sociale aux Etats-Unis depuis 40 ans, coûterait 940 milliards sur 10 ans, selon les estimations du bureau du Budget du Congrès américain (CBO).
Mais cette réforme devrait aussi réduire le déficit américain de 138 milliards de dollars sur 10 ans (2010-2019), selon le CBO.
Ce texte serait in fine une version amendée du plan adopté le 24 décembre 2009 par le Sénat.
Après l’adoption à la Chambre, au terme d’un processus tortueux, et sa promulgation par le président Obama, le Sénat devra encore adopter les « corrections » souhaitées par la Chambre.
(afp)
