l’art de retomber sur ses pattes

METDEPENNINGEN,MARC

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Jeudi 25 mars 2010

S’il était un animal (autre que politique et de prétoire), Mischaël Modrikamen, avocat d’affaires et coprésident du « Parti populaire », serait sans doute un chat, ce félin qui retombe toujours sur ses pattes, cet animal de compagnie qui peut ronronner tout en montrant les dents dans son faux sommeil.

Mischaël Modrikamen est retombé sur ses pattes en affrontant les caméras hier après-midi. Avec brio, il a repeint une descente judiciaire en l’aboutissement d’un complot ourdi par le bras judiciaire d’un « Etat qui marche à l’envers », qui aurait voulu l’abattre politiquement et couper les ailes à sa formation nouveau-née.

A l’entendre, son « Parti populaire » aurait été dans le collimateur de forces obscures avant même d’être porté sur les fonts baptismaux. Ces « comploteurs », forcément liés au MR auquel il entend tailler des croupières électorales, auraient donc identifié, il y a plus d’un an – époque de la dénonciation par un juge consulaire de possibles infractions dans la faillite de la firme Donaldson –, le destin auquel il n’était même pas encore préparé.

Les chats coincés dans une impasse ont la réputation d’attaquer. Mischaël Modrikamen n’a rien fait d’autre en transformant en un roman d’espionnage un dossier judiciaire, somme toute banal (sauf les sommes qu’il concerne), et en l’assaisonnant d’une fantasque théorie du complot que démentent le timing judiciaire et la chronologie de la faillite Donaldson.

Sauf à supposer qu’une véritable pieuvre aux tentacules faits de juges, de magistrats, de policiers et d’experts, aurait été libérée, comme il le suggère, par l’Etat ou par le MR de Didier Reynders, pour le mener à sa perte politique. Me Modrikamen, pas même (encore) inculpé, demeure vierge de tout reproche. Le coprésident du Parti populaire se trouve désormais confronté à deux défis. Le premier, tout personnel, est d’assumer sa défense et de s’extirper des soupçons qui l’accablent. Le second est de démontrer que sa « thèse du complot » repose sur autre chose que sur de vagues et infamantes accusations contre la Justice. A défaut, il apparaîtrait, lui qui se prétend porteur d’un parti « du parler vrai », comme un piètre bateleur.

Pas de résultats.