Mgr Léonard à la marche contre l’avortement
DORZEE,HUGUES
Dimanche 28 mars 2010
Une « Marche pour la vie » a eu lieu dimanche à Bruxelles, à l’occasion des vingt ans de la loi de dépénalisation de l’avortement. Le primat de Belgique était parmi les manifestants. En face, des contre-manifestants se sont rassemblés.
Quelque 550 personnes, selon les comptages de la police, se sont rassemblées dimanche midi sur la place Royale à Bruxelles pour une « Marche pour la vie », à l’initiative d’étudiants et à l’occasion des 20 ans de la loi de dépénalisation de l’avortement. Parmi les manifestants, le nouveau primat de Belgique, Mgr Léonard, qui a dit au « Soir » vouloir réexaminer la question. « Concernant la loi, il faut garder la question présente, nous n’avons pas trouvé la solution, mais une certaine solution qui n’est pas sans retombée négative », affirme le chef de l’eglise catholique en Belgique. Avant de lancer un appel à la conscience collective : « Si nous avons pu naître, d’autres auraient pu naître aussi », a ajouté André-Joseph Léonard.
Michel De Keukelaere, un des organisateurs de la manifestation, étudiant en droit, a expliqué qu’il s’agissait de « briser le silence ». Les manifestants entendent intervenir par solidarité en faveur des droits des enfants à naître et de la femme. Ils ont souligné que l’avortement présente également des dangers. Il augmenterait ainsi le risque de cancer du sein, est source de suicides et rend de nouvelles grossesses plus difficiles. Ils disent regretter que l’avortement apparaisse aujourd’hui comme presque normal, alors qu’il existe d’autres solutions comme l’adoption. Les protestataires ne comprennent pas non plus que des associations qui font de la prévention pour éviter les avortements ne soient pas subsidiées.
Chaque participant à la marche a reçu une rose blanche ou une rose rouge pour attirer l’attention sur le caractère pacifique de la manifestation. Le cortège s’est rendu de la place Royale à la place Poelaert.
Anthony Buckaert, porte-parole du collectif qui organise la marche, justifie l’initiative : « Actuellement, nous sommes dans une politique de promotion de l’avortement, on est passé de près de 10.000 au début des années 1990 à 18.000. On pense à allonger le délai, et finalement on laisse les femmes confrontées à l’avortement seules dans leur détresse plutôt que de les aider. »
En face, une petite contre-manifestation, comprenant le Front antifascite et les représentants des plannings familiaux, dénonçaient la démarche des « pro-vie ». Parmis eux, des personnalités politiques comme Jean-Claude Defossé (Ecolo), Karine Lalieux (PS) et Christie Morreale (PS) qui s’opposent à une remise en cause de la loi dépénalisant l’avortement votée en 1990.
Les contre-manifestants se sont rassemblés sur le lieu de départ de la « Marche pour la vie », de l’autre côté de la place Royale.
« Nous sommes venus aujourd’hui car nous souhaitons maintenir la loi de dépénalisation de l’avortement. Sinon, on reviendrait 20 ans en arrière », a déclaré Christine Pay, secrétaire politique du FAF. « De l’autre côté de la place se trouve un groupe d’intégristes qui vivent selon leur foi. Ceux qui pensent autrement ont tort », a-t-elle ajouté.
Selon Mme Pay, des membres du Vlaams Belang ont également pris part à cette « Marche pour la vie ». Les participants à la marche souhaitent que l’avortement soit interdit en Belgique. « Numériquement, nous sommes dans la minorité, car nous n’avons pu mobiliser nos membres que tardivement », a-t-elle encore dit.
Les deux manifestations se sont déroulées sans incident.
(Avec Belga)
