« La radio numérique, ça avance ! »
MUNSTER,JEAN-FRANCOIS
Samedi 25 juin 2011
Francis Goffin, le directeur des radios de la RTBF, réagit à l’interview de Eric Adelbrecht, patron des radios de RTL Belgique. Un cadre juridique et politique est prévu avant la fin de l’année.
« Le dossier de la transition vers la radio numérique n’est pas à l’arrêt ». Francis Goffin, le directeur des radios de la RTBF, réagit à l’interview de Eric Adelbrecht, patron des radios de RTL Belgique, publiée ce vendredi dans Le Soir. Il laissait entendre que le dossier était au point mort. « Nous avons des divergences avec RTL sur quelques nuances, notamment sur la question de savoir combien de temps il faudra avant que la radio numérique ne s’impose mais sur l’essentiel, nous avons un accord sur une stratégie commune public/privé. Aux plus hauts niveaux, les responsables des deux groupes se sont mis d’accord sur la constitution d’une plateforme commune pour le déploiement du numérique. On restera bien sûr concurrent au niveau des contenus mais on travaillera avec une même plateforme technologique ».
Comme RTL, la RTBF refuse de se lancer dans l’aventure du numérique sans l’appui des pouvoirs publics. « Pendant plusieurs années, il va falloir assurer une double diffusion – en FM et en numérique – car les ménages ne seront pas équipés des radios adéquates. Cela coûtera beaucoup d’argent, d’où le besoin d’un coup de pouce politique ». Mais à l’entendre, là aussi, le dossier évolue positivement. « La commission de l’audiovisuel du Parlement a adopté à l’unanimité (opposition et majorité) une résolution demandant au gouvernement de soutenir la création de cette plateforme commune et la ministre Fadila Laanan a dit qu’elle soutenait cette vision. Le dossier est actuellement sur la table du gouvernement. L’accord serait le suivant : les radios se chargent de financer la promotion du numérique auprès des consommateurs et prennent à leur compte les coûts d’exploitation. Les pouvoirs publics, eux, financent l’achat de l’équipement (nouveaux émetteurs, antennes…). Des montants de l’ordre de 12 à 13 millions sont cités ».
Pour Francis Goffin, tout ce qu’il manque, ce sont des accords écrits. « Il faut maintenant fixer un cadre juridique et politique. Il faut créer la société qui pilotera la plateforme technologique commune et fera la promotion du numérique. Il faut aussi signer un accord politique sur la voie à suivre et sur le rôle du pouvoir public. Tout cela devrait être réalisé avant la fin 2011 afin qu’on puisse véritablement commencer l’exécution du plan en 2012 ».
Le numérique améliore grandement le confort d’écoute (finies les difficultés de réception, les problèmes de couverture), permet d’élargir l’offre de radios, de diffuser des images, d’interagir… Certains pays sont déjà très avancés dans cette révolution. En Norvège, on a fixé la date de la mort de la bande FM à 2017. En Allemagne, le public et le privé démarrent un projet de radio numérique pour l’ensemble du territoire en août prochain. En Suisse, l’introduction des radios numériques dans les magasins a débuté il y a un an et demi.

