Il est écrit que le héros va mourir

COUVREUR,DANIEL

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Vendredi 26 août 2011

Crayon à fléchettes de L’Echo et du Vif/L’Express, Nicolas Vadot a le dessin qui fâche quand il s’attaque à l’actualité. Mais s’il part à l’aventure, les frontières de la réalité s’effacent. Le rêve prend le dessus. A ses yeux, il y a dans la vie « des choses que l’on sait sans avoir besoin de savoir pourquoi ». Son nouvel album, Maudit Mardi ! est à l’image de ce réalisme fantastique où les personnages s’enracinent les pieds, où les mouettes ont de la conversation, où il est écrit que le héros va mourir un mardi. Toutes les maisons d’édition classiques ont flippé devant ce synopsis, là où 260 édinautes ont vu la promesse d’un petit miracle. Ces amateurs de bandes dessinées inventives ont misé leurs économies sur le site des éditions Sandawe pour permettre à Nicolas Vadot de réunir les 56.000 euros nécessaires à la publication des deux volumes de Maudit Mardi ! Touché, l’auteur a entamé le travail à l’émotion directe. Le dessin pur va directement du cerveau à la main sans encrage, en quête de son propre langage graphique. Achille, le faux héros de cette histoire est à la recherche de sa raison de vivre. Achille connaît le jour mais pas la date de sa mort. Chaque lundi soir, il

angoisse à l’idée de voir sa dernière heure venue. Les autres jours, il se sent indestructible. Achille abandonne son île paumée de Skellington pour affronter l’inconnu à Hawkmoon, une ville imaginaire extraite d’une chanson de U2, où il espère retrouver Rebecca, son amour de jeunesse. A-t-elle gardé un souvenir de lui ? Nicolas Vadot a eu le déclic de Maudit Mardi ! à l’écoute de l’album Million Dollar Hotel et de ce refrain : « Like a town needs a name, I need your love »…