« Liège doit être la capitale culturelle européenne de 2015 »

MOREL,PIERRE

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Mardi 29 avril 2008

A bout portant

Alain De Clerck Artiste liégeois

L’artiste liégeois Alain De Clerck ancre depuis toujours ses œuvres dans la réalité politique. Il est l’auteur de la « Roue de Feu » bien connue des festivaliers de Dour, mais aussi du « Drapeau de l’élargissement », mû à sa base par des ventilateurs et qui fut installé sur l’esplanade du Cinquantenaire à Bruxelles pour saluer l’élargissement de l’Europe. À Liège, il a installé une sculpture-horodateur récoltant des fonds qui lui ont permis de constituer une collection d’œuvres d’art contemporain, destinée à la future communauté urbaine liégeoise. Il propose de faire de la fête populaire pour le titre du Standard le « premier pas vers Liège, capitale européenne de la Culture 2015 ».

Quel rapport entre une fête pour le titre du Standard et Liège 2015 ?

Cette fête doit être grandiose pour profiter de l’élan indéniable suscité par ce titre de champion. À son niveau, il remet Liège à une place de prédilection en Wallonie. Le reste doit suivre. La fête populaire doit aussi nous permettre de montrer que nous pouvons fédérer toutes les forces vives liégeoises quand il s’agit de poser un geste fort. Et nous devons tous nous battre pour que ce soit Liège qui soit capitale culturelle européenne en 2015, et non Mons. Parce que toutes les bagarres et querelles politiques liégeoises actuelles ne sont en fait au service que d’une seule personne : Elio Di Rupo. Quand Le Soir a « sacré Liège » la semaine passée, un de vos témoins a parlé de la « bataille des mâles dominants » à Liège. Pardonnez-moi, mais il s’agit plutôt d’une bataille de mâles dominés. Tous dominés par Elio le Montois.

Et pourquoi faut-il absolument Liège 2015 ?

Je suis complètement désolé de l’état actuel de Liège. On me dit que ça bouge, mais moi, je ne vois guère de projet, d’ambition. Liège doit absolument avoir un avenir à la hauteur de son passé. La culture peut, et doit, être cet élément fondateur et fédérateur sur lequel axer le redéploiement de la ville. Et je ne suis pas le seul à le dire : tous les politiques le disent. Mais il faut agir. Ce statut de capitale culturelle en 2015 doit être, à Liège, un thème central des élections régionales.

Liège le mériterait-il plus que Mons ?

Écoutez, il n’y a que dix-sept gares TGV en Europe. Même pas une par pays membre. Liège en a une, maintenant, et laquelle ! Et on va aller faire la capitale culturelle à Mons ? Liège a un opéra, un orchestre philharmonique de renom, un théâtre vivant, de grands cinéastes, des tas de musées… Et puis, Liège, c’est aussi Hasselt, Maastricht, Aix, Cologne, Luxembourg, même. Mons, ça va être quoi ? Mons-Tourcoing-Beauvais ? À Mons, il y a un homme politique. C’est Di Rupo. À Liège, outre le bourgmestre Demeyer, on a Daerden, Reynders, Simonet, Javaux, Wathelet, Marcourt : ce n’est pas compréhensible qu’on soit obligés d’accepter le diktat de Di Rupo. Il faut se fédérer.