A history of violence

BROQUET,JULIEN; MANCHE,PHILIPPE; BRADFER,FABIENNE; STIERS,DIDIER; CROUSSE,NICOLAS

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Mercredi 30 novembre 2005

A history of violence

De David Cronenberg, avec Viggo Mortensen, William Hurt, Ed Harris, 100 mn.

Le cinéma de Cronenberg est décidément un labo psychiatrique. La preuve avec ce passionnant portrait d'un homme à la double personnalité. Dans le rôle de Tom Stall, l'homme parfait doublé d'un possible serial killer, un Viggo Mortensen impeccable. Il est entouré par quelques lascars au sommet de leur art, qui donnent à la fin du film un curieux parfum tarantinesque.

Batalla en el cielo

(Battle in heaven)

De Carlos Reygadas, 98 mn.

Deux corps s'étreignent. Lui est obèse et basané, elle, fine et blonde. Un film épatant sur la jouissance mystique des corps dans le contexte urbain de Mexico. Et par-delà, sur les inégalités qui gèrent le monde.

Caché

De Michael Haneke, avec Juliette Binoche, Daniel Auteuil, 117 mn.

Comment gérer notre sentiment de culpabilité par rapport au passé ? C'est la nouvelle question cruelle et souvent clinique que pose Haneke, aux commandes d'un film passionnant sur les méandres de la complexité humaine. Avec un Auteuil plus vrai que nature, surtout lorsqu'il est confronté à ses démons.

Combien tu m'aimes ?

De Bertrand Blier, avec Monica Bellucci, Bernard Campan, Gérard Depardieu, 92 mn.

Monica, pute au grand coeur. La belle Italienne dévoile ses formes, mais révèle aussi son (bon) fond. Elle est le diamant qui émerge de la boue masculine.

Crimen ferpecto

D'Alex de la Iglesia, avec Guillermon Toledo, Monica Cervera, Luis Varela, 104 mn.

Cette comédie noire 100 % espagnole fait la peau au mythe du Don Juan macho. Un régal de satire conjugale avec, en guise de cerise sur le gâteau, la castration symbolique du mâle par l'incarnation des femmes folles et moches. Olé !

Crossing the bridge

De Fatih Akin, 90 mn.

Après la présentation du choro brésilien assurée par Mika Kaurismäki, place aux musiques qui baignent Istanbul. Nos guides : Fatih Akin et Alexander Hacke (bassiste du groupe Einstürzende Neubauten). Un docu au ton plus rock'n'roll. Et une promenade aussi riche que variée.

Domino

De Tony Scott, avec Mickey Rourke, Christopher Walken, Keira Knightley, 120 mn.

Le réalisateur de Top Gun et True Romance déçoit avec cette mise en scène sans finesse de la vie exceptionnelle menée par Domino Harvey. L'ancienne top model devenue chasseuse de primes, avant de décéder d'une overdose, méritait mieux que ce traitement décevant.

Entre ses mains

D'Anne Fontaine, avec Benoît Poelvoorde, Isabelle Carré, 90 mn.

Thriller intime, pour une mise en abyme troublante de nos peurs et de nos fascinations, à partir de la rencontre entre un vétérinaire et une employée de compagnie d'assurances. A ce jeu-là, Anne Fontaine est d'une maîtrise impeccable et entraîne son duo d'acteurs dans un attachant pas de deux. Benoît Poelvoorde s'y montre inquiétant et troublant comme jamais.

Flightplan

De Robert Schwentke, avec Jodie Foster, Peter Sarsgaard, 98 mn.

Un thriller sous haute tension, à 10.000 mètres d'altitude. Jodie Foster va mettre le souk dans l'avion parce que sa fille s'est purement et simplement volatilisée. Paranoïa ? Complot ? Machination ? Efficace !

Free zone

D'Amos Gitai, avec Natalie Portman, Hanna Laslo, Hiam Abbass, 90 mn.

Parabole aux allures de semi-documentaire, ce film tente de briser les frontières politiques et mentales d'un coin sensible du globe à travers la rencontre de trois femmes : une Américaine, une Israélienne et une Palestinienne, amenées à voyager dans la même voiture entre Jérusalem et une zone franche de Jordanie. Le film touche, car l'humain s'y révèle dans toute son humanité, toute sa complexité, toutes ses contradictions.

Harry Potter

et la coupe de feu

De Mike Newell, avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, 157 mn.

Pour sa quatrième incursion sur les grands écrans, le héros de J. K. Rowling passe symboliquement de l'enfance à l'adolescence. Cela nous vaut un film un peu éparpillé, où le grand spectacle, toujours impressionnant, convie désormais le sang et la drague.

Il était une fois dans l'oued

De Djamel Bensalah, avec Julien Courbey, Sid Ahmed Agoumi, 93 mn.

Fine et très attachante comédie du réalisateur du Ciel, les oiseaux et... ta mère. Avec un vrai message d'ouverture et de tolérance grâce au personnage diablement interprété par Julien Courbey, un Français de cité qui rêve d'Algérie.

Je ne suis pas là

pour être aimé

De Stéphane Brizé, avec Patrick Chesnais, Anne Consigny, 93 mn.

Stéphane Brizé filme la vie tristounette d'un huissier de justice en mal d'amour. Un Patrick Chesnais neurasthénique et déprimant qui apprend le tango avec la délicieuse et lumineuse Anne Consigny. Modeste, serein et tendre.

La maison de Nina

De Richard Dembo, avec Agnès Jaoui, Sarah Adler, 110 mn.

Fin de la Deuxième Guerre mondiale. Nina, alias Agnès Jaoui, accueille dans sa maison les enfants sans famille et les gamins déportés tout juste sortis des camps de concentration. Amour, solidarité, tensions... L'oeuvre posthume de Richard Dembo se fraie un chemin entre la douleur et le bonheur. La douleur d'un funeste et récent passé, le bonheur que va lentement symboliser l'avenir. Une ode à la vie érigée respectueusement sur les cendres de la mort.

Le cheval de saint Nicolas

De Mischa Kamp, avec Ebbie Tam, Jan Decleir, 93 mn.

Arrivée de Chine, Winky rejoint son père, propriétaire d'un restaurant dans une bourgade hollandaise. S'intégrer n'est pas toujours simple, à moins de recevoir un coup de pouce du grand saint... Un conte pour les petits et les grands enfants que ce film primé au récent festival de Gand.

L'enfer

De Danis Tanovic, avec Marie Gillain, Emmanuelle Béart, Karin Viard, Carole Bouquet, Miki Manojlovic, 102 mn.

Le réalisateur belgo-bosniaque nous livre une version toute personnelle de L'enfer de Kieslowski. Trois soeurs vivent chacune de leur côté depuis un drame d'enfance. Confrontées à un même désordre affectif, à une vie sentimentale chaotique qui les empêche de toucher au bonheur. Une oeuvre riche, simple et complexe, violente et viscérale, qui exprime en finesse les manques de la société matérialiste, le plus fondamental étant l'éclatement de la famille.

Les noces funèbres

De Tim Burton et Mike Johnson, 76 mn.

Douze ans après L'étrange Noël de Mr Jack, Tim Burton revient (en compagnie de Mike Johnson) au film de marionnettes, en nous livrant un conte merveilleux sur la vie et la mort. Les vivants y ont des gueules de déterrés, et les morts pètent la forme. Un bijou sans fausse note, à voir illico presto.

Le souffle du désert De François Kohler, 73 mn. Une réflexion dans le désert d'une dizaine

Le souffle du désert

De François Kohler, 73 mn.

Une réflexion dans le désert d'une dizaine d'hommes face à leur identité masculine. Si « Thalassa » ne vous suffit pas, tentez le voyage !

L'exorcisme d'Emily Rose

De Scott Derrickson, avec Jennifer Carpenter, Laura Linney, 119 mn.

Entre horreur et film judiciaire, cet Exorcisme rappelle une histoire vraie, réserve quelques moments flippants et nous vaut de belles prestations féminines, entre l'avocate athée confrontée aux questions de foi et une jeune étudiante, épileptique pour les uns, possédée pour d'autres.

Match point

De Woody Allen, avec Scarlett Johansson, Jonathan Rhys-Meyers, Emily Mortimer, 120 mn.

Chris est marié, mais convoite en coulisse la femme de son beau-frère. Sur ce canevas vieux comme le monde (la sainte trinité mari-femme-maîtresse), Woody Allen nous livre un film classique et émouvant, auquel un tout jeune casting (dont Scarlett Johansson) et le ciel de Londres apportent une fraîcheur indéniable.

Palais royal !

De Valérie Lemercier, avec Valérie Lemercier, Lambert Wilson, Catherine Deneuve, Michel Aumont, Mathilde Seigner, 100 mn.

Après Le derrière, Valérie Lemercier s'intéresse aux têtes couronnées. Pertinence de ton, finesse des dialogues, justesse du casting sont autant d'atouts pour cette comédie non désuète qui raconte comment une jeune femme, de futur roi un peu gourde, va devenir la princesse du peuple. L'histoire est prévisible, mais boustée par des saynètes réussies. On rit, on s'ennuie, on rit à nouveau, grâce à la malice qui court dans tout le film.

Palindromes

De Todd Solondz, avec Ellen Barkin, Shayna Levine, 100 mn.

Avoir 12 ans, c'est un peu tôt pour être maman... A partir de ces prémices, le réalisateur démonte certains travers de la société américaine, gratte les apparences et se demande si nous sommes capables de changer. Un film malin, où le rôle principal est tenu par plusieurs actrices.

Sophie Scholl -

Les derniers jours

De Marc Rothemund, avec Julia Jentsch, Fabian Hinrichs, 116 mn.

Deux fois récompensé au Festival de Berlin, ce sombre drame de guerre se penche avec sobriété, mais non sans émotion, sur le combat des opposants à Hitler. Avec, au final, un « message » judicieusement intemporel.

The weather man

De Gore Verbinsky, avec Nicolas Cage, Michael Caine, Hope Davis, 100 mn.

Après Le pirate des Caraïbes, Verbinsky se risque à un film personnel, autour du portrait d'un Monsieur Météo (Nicolas Cage) en pleine crise existentielle. Courageux.

Tout un hiver sans feu

De Greg Zglinski, avec Aurélien Recoing, Marie Marethon, Gabriela Muskala, 91 mn.

Comment dire la douleur de la perte d'un enfant ? Comment la filmer, la faire ressentir sans tomber dans les lieux communs, le larmoyant facile ? Un film qui parle de rédemption avec un lyrisme contenu et une délicatesse rare.