À l’origine
BRADFER,FABIENNE; CROUSSE,NICOLAS
Page 8
Mercredi 30 décembre 2009
De Xavier Giannoli, avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu, 130 mn.
C’était un petit escroc qui voulait construire une autoroute au milieu de nulle part. Dans son projet fou, il embarqua des dizaines d’ouvriers, la maire des lieux, toute une région. Pour être aimé, regardé, respecté. Xavier Giannoli fait de cette histoire incroyable mais vraie une aventure épique tenue à bout de bras par un François Cluzet magistral, le visage grave, marqué par la vie. On est au milieu des hommes, dans les chantiers de jour et de nuit, dans la boue, le froid, le vent, la pluie. On est aussi au cœur de la France en crise.
De Peter Brosens, Jessica Woodworth, 108 mn.
Trois ans après avoir épousé les formes rebondies de la Mongolie, avec un premier film envoûtant sur la sainte puissance de nos originesKhadak, Jessica Woodworth et Peter Brosens prennent littéralement de la hauteur, en venant nous conter sur les sommets du Pérou une fable sur la survie d’une tribu villageoise menacée par une colonisation économique. Altiplano fait mieux que confirmer le talent singulier du tandem belgo-américain. Il en fait l’un des phares du cinéma d’auteur contemporain, les situant quelque part dans l’héritage du cinéma des Antonioni, Wenders et autres géants comme Tarkovski.
De Lars von Trier, avec Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe, 104 mn.
Excepté quelques dérives de sorcellerie mystico-fantasmagorique qui nous largue quelque peu, le film de Lars von Trier flirte souvent avec le chef-d’œuvre. Mais ce film de malade, imaginé pour sortir d’une dépression, n’est pas à mettre devant tous les yeux. Car le réalisateur danois qui sublime l’horreur absolue, entraîne le spectateur du côté de ses peurs profondes. D’emblée, ça fout la trouille. D’où rejet possible comme forme de défense ! (F.B.)
De James Cameron, 166 mn
Très classique, l’histoire : une planète colonisée et exploitée par les humains, aux dépens de ses habitants, les Na’vis. Sous la houlette du docteur Augustine (Sigourney Weaver), Jake Sully (Sam Worthington, vu dansTerminator 4) apprend à diriger un « avatar » en projetant sa conscience dans cette créature combinant gènes humains et d’autochtones. Moyen efficace pour évoluer dans l’atmosphère létale qui règne au dehors… À partir de là, il est question de choc culturel, loyauté, trahison… Jusqu’à l’inévitable et impressionnante bataille finale. Dans les salles équipées, la version 3D amplifie encore la sensation d’immersion : on s’y est cru, pendant près de 3 heures ! (D.S.)
De Yojiro Takita, 130mn.
Petit chef-d’œuvre d’une délicatesse absolue. Qui a cartonné au Japon avant de recevoir l’Oscar du meilleur film étranger. Un des plus beaux films de l’année qui parle de la mort comme rarement on en parle au cinéma. Avec humour et amour. C’est un film pur. (F.B.)
De Jan Verheyen
Second long métrage basé sur le livre du même nom de Jef Geeraerts. Dans cette suite, Vincke (Koen De Bouw) et Verstuyft (Werner De Smedt) ne sont pas seulement aux prises avec la mafia albanaise mais ils doivent également faire face à des intrigues dans leurs propres rangs. Le scénario a été écrit par Carl Joos et Erik Van Looy qui sont également à l’origine de La Mémoire du Tueur
De Arash T. Riahi, avec Navíd Akhavan, Pourya Mahyari, Elika Bozorgi, Sina Saba, 110 mn.
Des émigrés clandestins se retrouvent coincés à Ankara, dans l’attente des documents qui leur permettront, ou non selon les cas, de se rendre en Europe.
De Xavier Nolan, avec Anne Dorval et Xavier Dolan, 96 mn.
Xavier Dolan a vingt ans et signe un premier film qui tire les yeux. Il y a là sur l’écran quelque chose de tonique dans la manière de filmer, de raconter, de mettre en scène et de diriger les acteurs autour de la relation amour/haine entre un ado de 17 ans, fou de connaissance, et sa mère inculte. (F.B.)
De Pedro Almodovar, avec Penélope Cruz, 129 mn.
Laissez-vous faire. Laissez-vous étreindre par cette histoire vénéneuse, trouble et troublante, émouvante et terrible qui met un film dans le film, passe de la comédie légère au drame le plus noir, nous emmène sur la terre volcanique de Lanzarote, filme un couple d’amoureux avec un romantisme absolu et nous fait rencontrer un cinéaste devenu écrivain suite à un accident de voiture qui lui coûta la vue et la femme de sa vie.
De Andrea Arnold, avec Katie Jarvis, 122 mn.
On pense à Ken Loach en voyant le deuxième long-métrage de sa compatriote Andrea Arnold, prix du Jury au dernier Festival de Cannes. On pense aussi au cinéma des frères Dardenne et on pourrait dire que Mia, 15 ans, ado rebelle en décrochage scolaire, est la petite sœur de Rosetta. Andrea Arnold s’écarte des clichés pour raconter la galère et la morosité des banlieues anglaises mais aussi dans son approche subtile de l’âge ingrat. La jeune actrice, Katie Jarvis, est détonante. Révélation. (F.B.)
De Dominique Monfery 80 mn.
Merveilleux conte d’Anik Le Ray pour film enchanteur, brodé main, de Dominique Monféry. Un film d’animation français artisanal au pari graphique ambitieux, sortant des clichés. À voir à tout âge. À la direction artistique : la fameuse illustratrice Rébecca Dautremer. Sa patte originale, soucieuse du détail, piquée d’une petite pointe bohème, transcende tout le film, donnant une vraie personnalité aux personnages. On est sous le charme du récit, des dessins, des couleurs, plongeant à l’envi dans le monde parallèle des contes qui se réveillent. On est épaté par le travail délicat du trait, de la composition, de l’univers mi-réel mi-fantastique qui donne sens à l’aventure intimiste vécue par un petit garçon. (F.B.)
De Patric Jean, 103 mn.
Comment notre société perpétue-t-elle l’inégalité de traitement entre l’homme et la femme ? Quelles conséquences celle-ci a-t-elle ? Peut-on lutter pour corriger cette situation ? Voilà quelques-unes des questions légitimes auxquelles s’attaque doc.
De Radu Mihaileanu, avec Mélanie Laurent, Miou-Miou, François Berléand, Aleskei Guskov, Dimitri Nazarov, 122 mn.
C’est l’histoire insensée d’un pari fou fait par amour de la musique. La revanche incroyable d’un ancien chef d’orchestre du Bolchoï déchu par le pouvoir communiste. la nouvelle fable de Radu Mihaileanu est fougueuse, exubérante, colorée, grand guignol… Avec un point d’orgue dans l’émotion : douze minutes en continu avec un concerto de Tchaïkovski sur la scène du Châtelet à Paris. ( F.B.)
De Mia Hansen-Love avec Chiara Caselli, Louis-Dominique De Lencquesaing, 110 mn.
Il y a l’ombre du producteur Humbert Balsan, cinéphile et passionné, défenseur des cinématographies d’ailleurs comme celles du Proche-Orient (Youssef Chahine, notamment), et qui se suicida dans ses bureaux en février 2005, qui plane sur ce film bouleversant et pudique sur l’engagement, l’amour, la vie, mais aussi les désillusions, la mort, le deuil.
De Michael Haneke, 145 mn.
En s’introduisant dans une société sclérosée -un petit village du nord de l’Allemagne protestante à la veille de la première Guerre mondiale –, Michael Haneke montre comment un idéal est perverti dès qu’on l’érige en absolu.
Sa démonstration est implacable et a une résonance immense face à tous les radicalismes du monde puisqu’il décrit, dans un noir et blanc sublime, l’enfance du mal. Une Palme d’or 2009 qui fait sens. (F.B.)
De Nabil Ben Yadir, avec Nader Boussandel, Fellag, Mounir Ait hamiou, 111 mn.
Une comédie sur les quartiers populaires, l’anti- « Haine » en somme, à travers l’histoire de trois glandeurs molenbeekois, des « barons » qui vivent hors du système, se demandent ce qu’ils vont manger ce jour et ce qu’ils feront demain, voient la vie sous une forme poétique et agissent au ralenti. Le film n’épargne personne, affronte pas mal de tabous, est parfois très violent, est souvent drôle et absurde, est toujours humain et sensible mais jamais caricatural.
De Micha Wald, avec Jonathan Zaccaï, Popeck, Irène Herz, Abraham Leber, 100 mn.
Sorte de Tanguy, séparé et père d’un petit gamin, Simon est retourné vivre chez son père, intarissable rescapé des camps. Ce dernier a fait vœu d’être enterré en Ukraine… À sa mort, c’est un véritable périple qui commence, entre frontières géographiques mais aussi générations, conception de la judaïté, tradition et modernisme. Ainsi qu’entre comédie et road movie, Micha Wald s’offrant là un second film parfois longuet mais assurément grand public. (D.S.)
De Lucas Belvaux, avec Yvan Attal, Anne Consigny, 125 mn.
C’est l’histoire d’un mec qui était au sommet et dégringole du jour au lendemain. Un PDG menant grande vie sans état d’âme et qui se retrouve yeux bandés, doigt coupé, corps meurtri au fond d’une cave, kidnappé pour être dépouillé d’une belle rançon…
Lucas Belvaux s’est inspiré de l’affaire du baron Empain, survenue en 1978.
Il a changé les noms, transposé les faits dans la société d’aujourd’hui pour faire une fiction très actuelle pleine d’une violence sourde…
De Steven Soderbergh, avec Matt Damon, 107 mn.
Comédie noire à tiroirs, inspirée du best-seller de Kurt Eichenwald et qui raconte les aventures incroyables du golden boy Mark Whitacre, cadre supérieur chez un géant de l’agroalimentaire qui servit d’informateur au FBI.
De Erik Poppe, avec Pål Sverre Valheim Hagen
Trine Dyrholm, 116 mn.
Libéré de prison où il est resté huit ans pour infanticide, Jan Thomas trouve un emploi d’organiste dans une église dont le pasteur, Anna, mère célibataire, ne le laisse pas indifférent. Jusqu’à ce qu’il croise la mère de sa victime. Que doit-on pardonner ? Comment se repentir ? Voilà les questions qu’évoque le réalisateur d’un film porté par des acteurs lumineux. (D.S.)
De Jacques Audiard, avec Niels Arestrup, Tahar Rahilm, 150 mn.
Deux heures trente d’une intensité remarquable. En nous envoyant à l’ombre ! Fort, très fort. Au centre du film, une petite frappe de 19 ans, analphabète, sans famille, sans amis, sans histoire. Un héros très discret qui va apprendre comment travailler « pour sa gueule » en utilisant son intelligence, faute de puissance. Cela donne un film de genre magistral. (F.B.)
De Pete Docter et Bob Peterson, 96 mn.
Courez, volez, voguez vers le nouveau Disney-Pixar. Non pas parce que ce film d’animation, dixième du fameux label, est entièrement en 3 D même si c’est une valeur ajoutée, mais parce que c’est avant tout une histoire magnifique, bouleversante, drôle, intelligente, généreuse
Le 40e Woody Allen voit le grand cinéaste juif américain renouer avec sa ville de New York, entre deux escapades européennes. Le retour, réussi, drôle, vivifiant, consiste en une love-story improbable où Woody revient sur les amours non conventionnelles.
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