À ta santé, Poje !
WYNANTS,JEAN-MARIE; ANCION,LAURENT; MERTENS,WENDY; FRICHE,MICHELE; VERELST,MARIE-CLAIRE; MAKEREEL,CATHERINE
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Mercredi 29 avril 2009
XL-Théâtre – Théâtre du Grand Midi.
Aujourd’hui, Poje le bistrotier bruxellois a beaucoup de mal à rester zen : il a la gueule de bois, les toilettes de son établissement sont hors service et pour couronner le tout, les clients se font rares. Une comédie de Raoul Cauvin et Alexis Goslain.
Théâtre royal de Namur.
Une pièce en trois actes – deux monologues et un duo – de Neil Labute pour gratter derrière le miroir d’une Amérique en apparence tranquille et vertueuse. La mise en scène de René Georges distille une fébrilité électrique au fil de ces témoignages de violence, ou de folie, ordinaire.
Théâtre des Martyrs.
Quatre femmes et un homme se partagent tous les personnages qui gravitent autour de l’héroïne et révèle ainsi les multiples facettes d’Amélie enfant et adolescente dans ce roman autobiographique. L’on n’y perd pas le fil grâce à une direction d’acteur affinée, aux projections, aux sons, qui ciblent la géographie mouvante. Un rien esthétisant, mais d’une intelligence pleine d’humour et d’émotion en osmose avec l’écriture d’Amélie Nothomb.
Maison Folie, Mons.
Ceci est un feuilleté de textes, musique et sons, un duo de la coquine et belle plume d’Isabelle Wéry et de l’imaginatif musicien qu’est Marc Doutrepont. Un corps qui vit, s’écoute, chante, désire, se dévoile et se dérobe, une énergie ludique et sensuelle à partir de la Vie sexuelle de Catherine M. (Millet) et de textes d’Isabelle Wéry.
Théâtre de Poche.
Tom tombe amoureux d’Helen, femme pétillante aux courbes généreuses. Il l’aime mais n’assume pas son poids quand il s’agit d’être vu en public avec elle. Simple en apparence, la pièce de Neil Labute questionne notre société obsédée par les apparences, la norme, le regard des autres. Direct et efficace.
Forest-National.
Après Romantique, le séducteur beau parleur et un brin macho nous conte le début de son histoire et nous fait revivre ses amis, ses amours, ses démerdes…
Comédie Claude Volter.
Adaptée du Mal du pays de Patrick Roegiers, cette pièce autopsie le Belge sous la forme d’un dictionnaire amoureux, plus taquineur que cocorico. Par le biais de son lexique farfelu (peï, zot, doef, tof, etc.), de ses grands hommes (Brel, Merckx, Michaux, etc) et de sa cuisine fantaisiste, trois comédiens dessinent le portrait d’un Belge singulier et attachant.
Théâtre Les Tanneurs.
Après Monelle en 2008, Zouzou Leyens crée le second volet de son diptyque consacré à la perte de l’enfance. Elle confronte cette fois la légende du Petit Poucet et les confessions des crimes bien réels de Gilles De Rais. Un spectacle mêlant une nouvelle fois jeu, musique, lumière, scénographie pour créer une atmosphère unique entre rêve et réalité, rire et effroi.
Théâtre Poème.
Après Camille Claudel, Sarah Kane et Thérèse d’Avila, Charles Gonzalès s’intéresse à deux femmes mythiques : Marie-Madeleine, qu’il révèle à travers les mots de Marguerite Yourcenar et Salomé, dans un texte écrit pour lui par le philosophe belge Frank Pierobon.
Théâtre Le Public.
Lili, Lucien et Léon, les trois représentants du Cercle des amis de la chanson d’amour, vont nous offrir un moment incroyable, savant mélange d’improvisation et de poésie bien bâtie, où l’on va pouvoir écrire nous-mêmes un quatrain en octosyllabes et le découvrir en chanson ! Le public succombe à ce trio irrésistible, qui joue sur l’obsolète et l’érige en grand art.
Théâtre de la Toison d’Or.
Revu à la sauce seventies, Georges Feydeau n’a pas dit son dernier mot. La jeune troupe du K-barré gagne haut la main la palme du saut carpé sur canapé et de la course-poursuite en slip léopard. Un délire bien contrôlé par Thibaut Nève, dont c’était la première mise en scène.
Théâtre du Méridien.
Comme les romans d’anticipation, cette pièce de Thierry Janssen et Sébastien Fernandez met en scène un homme qui a rendez-vous avec son moi du futur. Touffu et décousu, ce voyage dans le temps ne lésine pas sur les effets techniques
La Flûte enchantée.
Alceste aime Célimène à la folie, mais déteste la comédie humaine. Il choisit une soirée de bal masqué chez la belle pour exiger qu’elle lui prouve son amour… Molière ausculte mensonge et vérité, en une pièce qui se masque. Fabrice Cecchi la porte à la scène.
Théâtre royal du Parc.
Dans cette pièce de David Pownall, Staline et son idéologue Jdanov réunissent les compositeurs Prokofiev et Chostakovitch dans l’espoir de mettre au pas ces artistes trop modernes à leur goût. Art et pouvoir vont alors s’entrechoquer dans une pièce pertinente, malgré une mise en scène sans grand entrain.
Théâtre des Martyrs.
Entre bagarre, rires et larmes, voyage et envolées poétiques, deux êtres se parlent sur fond de Brel, de Nina Simone et de fado. Anne-Marie Loop et Christian Crahay sont dirigés par l’auteur, Olivier Coyette.
Tour & Taxis.
Une recherche théâtrale de la compagnie Arcinolether sur les conflits qui ont agité le Moyen-Orient de la création de l’État d’Israël, en 1948, à la guerre israélo-libanaise de l’été 2006. Un spectacle en sept mouvements indépendants, dont voici les deux premiers.
Palace, Ath ; Acte 3, Braine-l’Alleud ; Théâtre de La Louvière.
Inspiré du best-seller de l’Américain John Gray, ce spectacle tient plutôt de la conférence que du théâtre mais n’en est pas moins édifiant. Croquant nos différences avec humour et subtilité, Paul Dewandre aborde nos petits travers et nous donne les clefs pour mieux vivre à deux.
Atelier 210.
Une troupe de comédiennes et de musiciens sont chargés par Mnémosyne, la mère des muses, de monter un musical glamrock inspiré de la mythologie attribué à David Bowie. Mais le spectacle est inachevé et les comédiens doutent. Une pièce musicale de Camille Germser.
Théâtre Poème.
Ce texte de Marguerite Yourcenar, qui raconte l’histoire d’une fiancée abandonnée le soir de ses noces, résonne de réels échos autobiographiques. Mise en scène : Monique Dorsel et Sue Blackwell
Centre culturel des Riches-Claires.
Yan Mercanton a épinglé une quinzaine de nouvelles de cette jungle dense, drôle et glaçante que sont les 500 nouvelles de Régis Jauffret. Avec une évidente maîtrise du corps et de la voix, cerné par la lumière et le son, il glisse d’un personnage à l’autre, homme ou femme, mais cette virtuosité un peu maniériste reste en deçà d’un texte magnifique.
Koek’s Théâtre.
Renaud Rutten reprend cette pièce écrite par Benoît Poelvoorde, Jean Lambert et Bruno Belvaux, dans laquelle un chercheur transi d’amour nous fait partager ses rages et ses passions.
Centre culturel de Huy.
C’est l’histoire de trois Italiennes venues immigrer en Belgique en 1953. Trois témoignages bouleversants confectionnés dans l’étoffe la plus douce, contés et chantés par trois épatantes comédiennes avec une rare et précieuse simplicité. Une guitare, un accordéon, quelques chants populaires, et l’émotion surgit à fleur de peau.
Rideau de Bruxelles.
Des comédiens grandioses, justes, pleins, qui jonglent avec la mort, s’étripent, font rire et frémir dans cette langue magnifique de Hugo Claus (superbement traduite par Alain Van Crugten), biblique, populaire et littéraire. Une heure et quarante-cinq minutes qui filent du polar à la tragédie dans un bordel synthétisé, travaillé par la musique, les silences, les lumières et qui tissent la métaphore d’une Flandre dont Claus n’a jamais cessé de crever les abcès purulents. Le tout est serti dans une mise en scène implacable de Philippe Sireuil.
Palace, Ath ; Théâtre communal, Ciney.
Reconnaître le génocide arménien, oser en prononcer le nom, réveiller les mémoires : le sujet de Papiers d’Arménie, de la jeune auteure (et comédienne) belge Caroline Safarian, est vaste et brûlant, mais reste en deçà de ses potentialités. On y suit l’affrontement nuancé d’un Turc et d’un Arménien veillé par une femme, à la fois mère et témoin ancestral, dans un enchevêtrement de poutres. Très belle interprétation de jeunes comédiens, dans la mise en scène sobre et stylisée de Guy Theunissen.
L’Arrière-Scène.
Céline De Bo nous convie à une aventure culino-orgasmique qui nous propose de découvrir la fabuleuse recette de la véritable tarte aux pommes.
Théâtre Le Public.
Un quatuor féminin tout en finesse, un théâtre dépouillé, un texte habile dans sa construction en spirale truffée de rebondissements : Paternel de Philippe Blasband frappe juste autour de ce sujet difficile qu’est le partage des objets et des souvenirs les plus intimes d’un père défunt. Ses filles et son infirmière découvrent ainsi les vies multiples d’un être qu’elles croyaient connaître.
Théâtre Varia.
Racine est ici dépoussiéré par la mise en scène pleine d’invention d’Aurore Fattier, tout en mélange des genres et des époques : anachronismes dans le décor et les costumes, prologue décoiffant d’humour et rythmes jazz de la chanteuse Eve Duchemin. Malheureusement, le jeu maladroit et disparate des comédiens affadit l’ensemble.
Centre culturel de Manage ; Théâtre Jardin-Passion, Namur.
Pour échapper au service militaire, un homme se retrouve dans la section psychiatrique de l’hôpital militaire, où il s’aperçoit que, contrairement à ce qu’il pensait jusque-là, la société est un produit de l’armée, et non l’inverse. Une magistrale nouvelle d’Henri-Frédéric Blanc, mise en scène par Christian Leblicq et interprétée par un formidable Alain Eloy, débordant d’énergie, d’humour, de poésie.
Théâtre Océan Nord.
Reprise très attendue de ce spectacle plébiscité lors des Prix de la critique 2007-2008 (meilleur spectacle, meilleure scénographie et meilleure comédienne pour Véronique Dumont et Catherine Salée ex aequo). Loin des interprétations morbides trop souvent attachées à l’univers de Sarah Kane, Isabelle Pousseur nous propose une lecture lumineuse de cette pièce qui parle, certes, de dépression et de suicide, mais aussi et surtout d’amour et de littérature. Un moment de grâce à découvrir sans tarder.
Théâtre royal de Namur.
Après La symphonie du hanneton, La veillée des abysses et Au revoir, parapluie, James Thiérrée, à la fois acteur, acrobate, danseur, musicien et metteur en scène, se glisse dans la peau d’un homme intemporel que personne ne regarde, sauf au théâtre où il mêle désir, rage, peurs, pirouettes, vertiges, murmures et barrissements.
L’Ancre, Charleroi.
Hamadi – Mohamed El Boubsi pour l’état civil – et son fils Soufian s’interrogent sur l’influence de l’Histoire sur leur destin. Le premier étant un enfant de l’exil, victime du délit de sale gueule, alors que le second, né en Belgique, revendique sa « sale gueule ».
Maison de la culture de Tournai.
Quatre femmes veillent le corps invisible de Sally, morte écrasée dans son banc solaire. Dans une maison étrange qui semble animée de vie, la mère, la tante et la sœur font face à une jeune chanteuse arrivée là on ne sait trop comment. Rapidement, les soupçons, les méfiances, les rancœurs surgissent. Mais dans ce spectacle virtuose, on ne peut vraiment se fier à rien ni à personne. Anne-Cécile Van Daelem explore ici les affres de la solitude et de l’enfermement avec une bonne dose d’humour déjanté, offrant un spectace un peu long mais fascinant, sorte de croisement entre David Lynch, les Snuls et l’inspecteur Derrick.
Théâtre de la Place, Liège.
Sur la musique de Bach, le chorégraphe italien Virgilio Sieni se lance dans « une recherche sur les faiblesses, les imperfections, l’effort, les replis et les poussières, tout ce qui traverse le corps pour devenir forme ».
Sous chapiteau, Nivelles.
Sous le chapiteau des Baladins du Miroir, le célèbre philtre d’amour de la fable moyenâgeuse opère avec une fantaisie rafraîchissante : costumes flamboyants, masques insolites, pirouettes sportives et scénographie ingénieuse. Ce voyage nous emmène de l’Irlande à la Bretagne dans une version naïve mais généreuse de ce mythe fondateur.
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