Adoption Création d'un centre médical spécialisé Evaluer la santé des enfants adoptés

STAGIAIRE

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Mercredi 10 avril 2002

AdoptionCréation d'un centre médical spécialisé

Evaluer la santé des enfants adoptés

L'hôpital des enfants Reine Fabiola, à Bruxelles, vient de créer un centre spécialisé pour évaluer l'état de santé des enfants adoptés.

Il m'est arrivé, ces dernières années, de détecter des hépatites B et C chez des enfants originaires de Roumanie qui venaient d'être adoptés, ou encore l'absence de glande thyroïde, témoigne le docteur Claudine Heinrichs. C'est cet endocrinologue qui assume aujourd'hui la gestion du nouveau Centre pédiatrique pour l'évaluation des enfants adoptés, à l'hôpital Reine Fabiola, à Bruxelles. Il s'agit d'une toute nouvelle activité, mise en route par le professeur André Kahn.

J'ai rencontré plusieurs parents adoptifs, très anxieux sur l'état de santé des enfants qu'ils venaient d'adopter. Ils avaient besoin de la création de ce centre, raconte le professeur. Ce genre de dispositif existe depuis longtemps au Canada, un système similaire fonctionne en France. En Belgique, jusque-là, les parents adoptifs, lorsqu'ils détectaient un problème de santé chez leur enfant tout juste arrivé, devaient passer d'un médecin à l'autre, avant de trouver le bon spécialiste. Notre centre permet de cumuler l'expertise de plus de 80 médecins, présents à l'hôpital des enfants. Certains ont travaillé dans les pays en voie de développement et en connaissent les problèmes de santé, souligne le professeur Kahn.

Sur la seule communauté française, on a dénombré 328 adoptions via des organismes agréés en 2000. Un chiffre auquel il faut ajouter 30 % d'adoptions libres (hors intervention des organismes agréés). Les pays d'origine les plus représentés après la Belgique sont la Colombie, l'Ethiopie, la Thaïlande ou encore la Russie.

Les enfants adoptés ont déjà fait un bilan de santé lorsqu'ils arrivent en Belgique, mais d'un pays à l'autre, ce bilan est plus ou moins complet, explique le docteur Claudine Heinrichs. Une nouvelle série d'analyses peut alors s'avérer utile.

Lors du rendez-vous au centre pédiatrique, les parents rencontrent un médecin généraliste qui effectue un premier examen médical. En fonction du pays d'origine et de l'histoire du môme, les tests pratiqués sont adaptés. Pour certains enfants au passé difficile, un suivi psychologique sera privilégié. Autre exemple, chez les enfants en provenance d'Afrique, les recherches s'attarderont sur la détection d'éventuels problèmes sanguins, ou de parasites intestinaux. Si une anomalie est détectée, la famille est aiguillée vers le spécialiste concerné.

Les médecins du Centre précisent cependant que dans la plupart des cas, les enfants adoptés sont en bonne santé. En fait, le centre est au moins autant destiné à soigner les enfants qu'à rassurer les parents... S'il y a la moindre angoisse chez les parents à l'arrivée de l'enfant, ça peut jouer sur leurs relations. Nous sommes là aussi pour éviter les non-dits, insiste le professeur Kahn.·

V. M. (St.)

Centre pédiatrique d'évaluation des enfants adoptés, hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola, avenue J.J. Crocq, à Bruxelles. Tél . 02-477.31.20 ou 02-477.31.21.