Adulte ou enfant, le jeu, c’est vraiment sérieux

DE VOGELAERE, JEAN-PHILIPPE

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Mercredi 14 novembre 2012

Louvain-la-Neuve Jeux de rôle et drôles de jeux à découvrir au Musée

Ils sont là, comme issus d’un épisode oublié de « Toy Story ». Ils sont restés longtemps dans des sacs cachés au fond de greniers obscurs et sont à présent tout heureux de se retrouver dans la lumière des regards intenses. Certains aimeraient bien, c’est certain, qu’on les prenne dans les mains pour refaire avec eux un saut dans l’imagination… Mais voilà, ils sont désormais dans un musée et leur rêve, c’est seulement de nous faire rêver. Seulement ?

Des circuits des années cinquante, des robots de la même période, dignes ancêtres de Goldorak, un bateau en bois de 1900, des petits théâtres de papier de la fin du XIXe siècle, des animaux en bois de l’Erzgebirge dont l’origine remonte au XVIIe siècle et qui sont toujours fabriqués à la main dans cette partie de l’Allemagne qui jouxte la République tchèque et la Pologne, ou même encore un jeu pour dire la messe très à la mode dans les années trente : toutes les pièces visibles dans le Musée de Louvain-la-Neuve (1) sont issues du Musée du Jouet de Bruxelles, qui a collaboré avec UCL Culture dans cette exposition « On disait que… » pour nous démontrer, à la veille de la venue de saint Nicolas et du Père Noël à quel point le jeu, c’est vraiment sérieux.

Entre souvenir et réalité

La particularité de cette exposition, c’est la présentation de ces vieux jouets dans des situations qui donnent envie au jeune visiteur de se mettre dans la position du joueur. Des animations scolaires sont même proposées. Les plus âgés font, eux, appel à leur mémoire de cette culture populaire au temps où la télévision n’avait pas encore pris toute la place.

« Ces jeux ont été choisis parce qu’ils permettent à tout le monde, et aux jeunes en particulier, de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre », note Frédéric Blondeau, d’UCL Culture.

Et la nouvelle directrice du Musée de Louvain-la-Neuve, Anne Querinjean, d’enchaîner : « Le jeu, c’est aussi une mise en scène culturelle, qui dégage son lot d’émotions. Cette exposition joue à fond sur le souvenir et sur la confrontation avec la réalité. »

D’où la présence d’œuvres issues des collections du Musée et qui évoquent l’enfance, le jeu ou le jouet. On y redécouvre ces images d’Epinal, ces toiles de Boyadjian ou encore ces « Trois singes musiciens », des automates conçus par Jérôme Thibouville-Lamy vers 1870. Sans oublier un jeu de l’oie conçu par le Musée pour mieux se replonger dans le labyrinthe de cette exposition et retrouver par là même son âme d’enfant.

(1) Jusqu’au 23 décembre, du mardi au vendredi de 10 h à 18 h, les week-ends de 14 h à 18 h, au nº1 de la place Blaise Pascal. Paf : 3 euros, gratuit pour les moins de 18 ans. Une nocturne de 20 h à 22 h est prévue le mercredi 21 novembre, et une entrée gratuite le dimanche 2 décembre, avec visite guidée à 15 h sans réservation. Renseignements au 010-47.48.45.