Aernoudt démissionne de LiDé

n.c.

Lundi 9 mars 2009

Mis sous pression, Rudy Aernoudt a démissionné de LiDé et prévenu qu’il ne soutiendrait plus ce futur parti s’il ne se débarrassait pas des membres d’extrême-droite qui l’ont infiltré.

Rudy Aernoudt a annoncé lundi sa démission de l’asbl de gestion LiDé et prévenu qu’il ne soutiendrait plus ce futur parti s’il ne se débarrassait pas des membres d’extrême-droite qui l’ont infiltré. Il envisage d’ores et déjà de créer une liste en son nom propre.

En conflit frontal avec les deux autres administrateurs de l’asbl, Rudy Aernoudt a cité sept indices de l’infiltration de l’extrême-droite dans LiDé, qui n’est pas encore officiellement un parti politique.

Ainsi, M. Aernoudt dit s’être aperçu que le coordinateur de Bruxelles, Pascal de Roubaix, avait écrit pendant des années pour un magazine défendant les régimes de Salazar, Franco et Mussolini, et que son remplacement par Laurent Nys n’avait pas été accepté au sein de LiDé. Il a constaté aussi la présence d’ex-membres du Front national aux réunions LiDé de Bruxelles.

« Nos comptes rendus envoyés au FN »

« J’ai lu qu’un membre du Front national remerciait M. de Roubaix de l’avoir accepté à LiDé tout en connaissant clairement son passé. Sur Facebook, un militant du FN appelle à voter LiDé, et j’ai réalisé récemment que les comptes rendus de nos réunions internes étaient systématiquement envoyés à l’adresse mail du FN », énumère Rudy Aernoudt.

« Enfin, j’ai refusé il y a huit jours que quelqu’un qui frôle avec l’extrême-droite puisse être tête de liste à Bruxelles. Cette personne a déclaré avoir le pouvoir de faire éclater LiDé Bruxelles si l’on en empêchait. Choqué par cette attitude, j’ai fait savoir que je me retirais plutôt que de céder au chantage », a indiqué Rudy Aernoudt.

Le co-fondateur de LiDé démissionne donc de l’asbl de gestion, mais il « n’abandonne pas » son mouvement, dont il revendique le logo et le nom. « Si LiDé continue d’être une terre d’accueil pour des gens qui proviennent de partis comme Alliance, ou le FN ou d’autres mouvements d’extrême-droite, je n’accepterai pas d’être le président du parti LiDé à créer », a-t-il souligné, se revendiquant de valeurs de « responsabilité éthique, travail, solidarité, entente entre les peuples ».

L’ancien haut fonctionnaire et chef de cabinets ministériels wallon et flamand craint que les hommes avec qui il a fondé LiDé, Jacques Litwak et Erik Bruckmann, ne puissent rompre les liens de LiDé avec l’extrême-droite « pour de sombres histoires de financement de leur propre business ».

Pour lui, le conseil d’administration de LiDé programmé pour ce mardi, et qui va réclamer sa démission, n’a aucune légitimité démocratique, puisqu’il émane de l’initiative de deux personnes seules. Une assemblée générale a également été convoquée ce samedi.

Une « liste alternative »

« Si aucun signal ne vient, ma décision est prise », martèle Rudy Aernoudt. Il envisage d’ores et déjà la création d’une « liste alternative » en son nom propre, reprenant les dix priorités du programme LiDé.

Avouant ses désillusions, Rudy Aernoudt a lancé des attaques contre le MR, dans lequel LiDé n’a pu se fondre en raison de résistances provenant notamment du FDF et du MCC, contre les médias aussi, coupables à ses yeux de l’avoir diabolisé sans prendre la peine de se pencher sur le fond de son programme, et sur le PS enfin, dont il a dénoncé des idées « populistes » et une influence sur les médias.

(belga)