Aernoudt et Reynders d’une seule voix

DUBUISSON,MARTINE

Samedi 21 février 2009

Didier Reynders et Rudy Aernoudt organisent cet après-midi une conférence de presse commune au siège du Mouvement réformateur, ce qui permet de penser que les deux parties vont officialiser qu’elles ont accepté d’allier leurs forces en vue du scrutin du 7 juin.

Vendredi, 18 heures : le président du MR, Didier Reynders, réunit son intergroupe parlementaire (parlementaires, ministres et hommes forts du parti). A l’ordre du jour : le « cas » Rudy Aernoudt.

Avant la rencontre, Reynders s’entretient avec quelques pontes pour « cadenasser » la réunion. Car le sujet est délicat. Durant toute la semaine, et jusqu’aux dernières heures, il a d’ailleurs multiplié les contacts en interne pour convaincre les siens. Comprenez : les convaincre d’accepter l’arrivée du patron de LiDé (« Libéral démocrate ») – ex-chef de cabinet en Flandre mais aussi en Wallonie, chez Serge Kubla –, avec lequel le MR négocie depuis des semaines. Car Didier Reynders est convaincu que le laisser se présenter sous la bannière LiDé aux élections du 7 juin coûterait à son parti de précieux pour cent (ou dixièmes de pour cent) dans sa lutte électorale avec le PS. La réunion dure deux heures. Et se clôture par un vote sur le plan Reynders : la cinquantaine de présents votent pour, à l’exception de 6 contre et 5 abstentions. Tous les parlementaires MCC votent contre, les FDF se divisent en « contre » et « abstentions ». Ce sont donc les libéraux (ex-PRL) qui entérinent le scénario du patron… Lequel reçoit mandat pour « cadrer l’arrivée de Rudy Aernoudt » au MR.

Aernoudt est donc le bienvenu chez les bleus… dans le cadre d’un contrat en trois points.

Un : la troisième place sur la liste européenne lui est réservée.

Deux : son adhésion et celle de ses acolytes (on parle de trois ou quatre personnes) se feront à titre individuel ; pas question d’intégrer une nouvelle chapelle au MR, à l’instar du FDF et du MCC. Ce n’est donc pas LiDé qui entre au MR.

Trois : seul le programme du MR compte ; celui qui adhère au MR doit adhérer à son programme, tout en étant libre de participer ensuite à l’élaboration du projet politique du parti, Aernoudt ayant toujours dit qu’il ne rejoindrait le parti libéral que s’il accepte son manifeste en dix points.

Après des semaines de débat interne, entre pro et contra, la messe libérale est donc dite.

Reste à voir ce que fera le principal intéressé : vendredi soir, il était en réunion avec les siens à Namur. Il espérait une décision dans la foulée (ou au plus tard ce week-end), sans pouvoir (ou vouloir), à l’heure de boucler cette édition, en indiquer la nature.

En attendant, l’offre du MR à Aernoudt fait une victime collatérale : l’actuel et très actif eurodéputé Gérard Deprez (MCC) auquel aurait dû revenir la troisième et dernière place éligible sur la liste européenne du MR. Reynders, dont il n’est pas le meilleur ami…, ne lui réserve que la première suppléance. Sans aucune garantie de siéger, puisque Louis Michel, tête de liste, n’est pas assuré de rempiler comme commissaire européen ; que Frédérique Ries, deuxième, devrait à nouveau siéger à Strasbourg ; et que Rudy Aernoudt pourrait difficilement snober son premier strapontin.