Agalev se veut ou se sent

WALHAIN,JEAN-FRANCOIS

Page 12

Samedi 10 juin 1989

Agalev se veut ou se sent

le petit frère d'Ecolo

Agalev, à Bruxelles, c'est en quelque sorte le petit frère méconnu d'Ecolo. Et si l'un s'exprime dans la langue de Molière, l'autre dans celle de Vondel, ils ne s'en comprennent pas moins pour autant. Dolf Cauwelier, tête de liste d'Agalev, revendique haut et fort l'appartenance à part entière de son parti à la grande famille des verts. Agalev, Ecolo, même combat. Ils sont à tel point sur la même longueur d'ondes que leurs programmes pour les élections bruxelloises sont semblables sans qu'ils se soient concertés au préalable.

Les grands thèmes des verts? Dolf Cauwelier passe vite là-dessus: Vous les connaissez, l'environnement, la pollution, la défense de la planète, le respect de l'individu, etc. L'important pour lui aujourd'hui, ce sont les répercussions concrètes de ces grands thèmes au niveau régional: Bruxelles, ici et maintenant.

Améliorer les transports en commun, première proposition. Le métro, ça suffit, mais il faut développer et perfectionner le réseau de surface. Agalev déplore que la ville ne vive plus qu'au rythme de l'automobiliste. Il faut retrouver le tempo du piéton, dit Dolf Cauwelier. Et décourager, sinon les chauffeurs, au moins les chauffards. Non sans sourire, M. Cauwelier réclame qu'on limite la vitesse à 30 km/h, au centre en tout cas (Là où les gens vivent). Enfin, il préconise l'aménagement de nombreux parkings aux alentours de la capitale. Viabilité, tel est le maître-mot. Bruxelles doit rester une «ville à vivre», non une «ville à travailler».

Autre priorité, le logement social. Rénover plutôt que construire. Revaloriser les bâtiments déjà existants, en profitant de toutes les possibilités (les casernes désaffectées, par exemple).

Dans la perspective européenne, Agalev pense aussi à ceux que les autres oublient. Bruxelles va devenir une ville formidable pour les «high-tech», mais toute la population bruxelloise, belge ou non belge, qui n'a pas une formation professionnelle suffisante sera perdue si on ne crée pas du travail spécialement pour elle, dit M. Cauwelier. Il faudra donc favoriser aussi la création d'emplois dans les secteurs ternaire et quaternaire.

Idéaliste forcené, le numéro un d'Agalev prêche la confraternité entre les différentes cultures, s'effrayant des hurlements, notamment dans sa commune d'Anderlecht, des partis d'extrême-droite (Forces Nouvelles ou Vlaams Blok). Autre noble intention (un voeu pieux...): la fusion de la capitale avec elle-même! Dix-neuf communes, c'est trop pour une seule ville. Une grande ville doit être gérée dans tous ses aspects comme un ensemble, de telle façon qu'on puisse globaliser les problèmes.

Mais la grande difficulté pour Agalev, c'est tout bêtement de savoir se faire (re)connaître. Il faut que les néerlandophones de Bruxelles sachent qu'Agalev existe et ça ira. Mais comment leur dire que nous sommes là avec des moyens financiers aussi restreints que les nôtres?

Combien d'affiches pour 300.000 F?! Et en politique, s'il faut certes du savoir faire, il faut surtout du faire savoir...

J.-F. W.