Alain Mathot est fier de son bilan
MOREL,PIERRE
Page 17
Mercredi 21 septembre 2011
Politique Ministre ? « Tout est dans les mains du président Di Rupo »
entretien
Récemment, Alain Mathot, député fédéral (PS) et bourgmestre de Seraing rencontrait la presse pour un « Bilan et perspectives après 5 années de législature communale ». À un an des communales, l’exercice est de saison. Le Soir en a profité pour dépasser les limites communales. Mais d’abord, le « bilan », donc. « Qualité de vie améliorée, 80 millions récoltés en subsides pour nos grands projets, dont une nouvelle cité administrative, intégration au Peloton Anti-Banditisme, relance du projet de train rapide vers Liège, succès du projet Primo, plan de mobilité de Boncelles adopté, participation citoyenne améliorée : si je reprends notre déclaration de politique générale, je constate qu’on a fait plus que promis ! »
Et que n’a-t-on pas fait ?
Honnêtement, je ne vois rien ! Il y a bien sûr des dossiers qui avancent plus lentement qu’espéré : les caméras de surveillance, trop peu nombreuses, la rénovation de la salle de l’OM, celle du château Antoine. Mais des projets ratés ou abandonnés, je n’en vois pas.
Quel est, pour le bourgmestre très bien élu d’une commune à écrasante majorité absolue, l’enjeu des prochaines élections ?
Il s’agit que la majorité absolue reste écrasante ! (Il sourit) Et ne vous y trompez pas : c’est pour moi une des élections les plus angoissantes. Car il s’agit de confirmer un excellent score à titre personnel. Les 7.500 voix réalisées par mon père étaient pour moi l’inaccessible étoile et j’en ai fait… 8.500 en 2006. Comment ne pas baisser après ça ? D’ailleurs, les 6.000 voix réalisées sur le canton de Seraing-Neupré aux fédérales de 2007 m’avaient un peu inquiété avant que les 8.300 voix, sur le même canton, aux régionales de 2010 ne me rassurent. J’ai un sentiment de pression, d’autant qu’à Seraing, je porte le parti. Ceci dit, j’ai la conscience tranquille de celui qui a fait tout ce qu’il pouvait.
Les rapports à la Fédération liégeoise du parti ont-ils évolué ces derniers mois ? Certains imaginaient que la disgrâce de Michel Daerden risquait de créer des tensions au sein du « Club des 5 » que vous formez avec Willy Demeyer, Jean-Claude Marcourt, André Gilles et Stéphane Moreau.
D’abord, il faut dire qu’on n’a jamais joué sans Michel. On a toujours essayé la concertation. Avec des réussites et des échecs. Depuis que Willy est président de la Fédé, des dossiers sortent, on sent une dynamique. Maintenant, il est vrai que, le poids politique de Michel ne faisant que diminuer et la nature ayant horreur du vide, l’enjeu est réel. À mon sens, il y a de la place pour tout le monde. On s’est vu, assez récemment, tous les cinq et avec d’autres aussi. Pour se parler assez librement et franchement de la manière dont chacun voyait la suite de sa carrière. Et on s’est rendu compte que la coexistence pacifique était tout à fait possible.
Le PS a les clefs de la « Communauté urbaine » tant attendue. C’est pour quand ?
Pour moi l’enjeu des prochaines années, c’est bien la Province. Qu’on veuille la réformer, OK, mais n’oublions pas ses réalités liégeoises : elle joue un rôle important et spécifique dans l’enseignement ; elle est une aide de proximité importante pour les communes, surtout les plus petites ; et, surtout, c’est un actionnaire incontournable de nos intercommunales. Moi, je refuse que la part de la Province dans les intercos soit un jour refilée à la Région ! La Communauté urbaine manque d’un cadre normatif. Or, nous avons un organe qui dispose de ce cadre et, en plus, du droit de lever l’impôt : c’est la Province. Elle doit évoluer, on ne doit pas nier les différences des circonscriptions mais, selon moi, c’est la Province qui doit jouer ce rôle.
On peut désormais envisager la formation d’un gouvernement fédéral avec Di Rupo comme Premier. Vous vous y voyez ?
D’abord, il est très loin d’être fait ce gouvernement. Et s’il se fait, il faudra voir comment se répartiront les ministères. À supposer que le PS conserve trois postes, je pense que l’équilibre actuel entre Bruxelles (NDLR : Onkelinx), Charleroi (Magnette) et Liège (Daerden) doit être respecté. Pour le reste, on me pose souvent la question mais que répondre ? Tout est entre les mains du président Di Rupo, qui est capable de surprises. Il ne faudrait pas, ceci dit, déstabiliser la fédération de Liège, où on a retrouvé une belle unité, avec quelqu’un qui tombe du ciel. Moi, je suis au service du parti. Si on me propose un projet enthousiasmant, j’irai. Mais ce n’est pas mon rêve ultime. Et je n’abandonnerai jamais Seraing. Vous savez, je me sens bien. Je me demande si j’ai jamais été aussi heureux !
POLITIQUE COMMunale
Des changements dans le collège
Fort de sa majorité absolue de 26 sièges sur 39, le PS n’a rien à craindre à Seraing et le suspense est bancal : il continuera à gouverner en 2012-2018, avec toujours Alain Mathot, imbattable en voix de préférence, comme bourgmestre. Mais des changements s’annoncent dans le collège communal. D’abord parce que, suite à la réforme du code de la démocratie locale, Seraing va perdre un poste d’échevin : ils ne seront plus que sept (en plus du bourgmestre et du président de CPAS). Ensuite parce que deux des échevins actuels ne brigueront pas une nouvelle écharpe : le départ de Jean Mathy (Sports) était déjà planifié à mi-mandat, Andrée Budinger (Optimisation) nous a confirmé sa volonté de se concentrer sur un mandat provincial et ne sera « pas candidate à un poste d’échevin ». Dès lors, on aura (au moins) un(e) nouvel(le) échevin(e) et, là, tout dépendra des scores aux élections. Mais pas seulement : la composition du collège est le fruit d’un subtil équilibre entre les sections (issues des anciennes communes) de l’Union socialiste communale. Selon les derniers accords, Seraing, Ougrée et Jemeppe auront chacun deux échevins. Et les trois sections se partageront un « pot » contenant un échevinat, la présidence de l’intercommunale Interseniors et celle du Bois de l’Abbaye.