Alarmes, etc.

WYNANTS,JEAN-MARIE; ANCION,LAURENT; MERTENS,WENDY; FRICHE,MICHELE; MAKEREEL,CATHERINE

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Mercredi 11 février 2009

Alarmes, etc.

Salle Jean-Pierre Catoul, Wanze.

Pièce en trois sketches de Michael Frayn, cette production endiablée de la compagnie Lazzi 90 croque l’absurdité de notre monde moderne et notre dépendance à la technologie. Quatre comédiens de talent orchestrent de savoureux quiproquos, entre un répondeur bouc émissaire et un dîner de folie gâché par d’intempestifs et bruyants gadgets.

À propos de…

La Samaritaine.

Seul en scène, Jean-Louis Sbille interprète des textes de Pierre Etaix et de lui-même. Le monde est trop vaste pour un homme seul, un homme qui n’aime pas les pigeons. Il se demande d’ailleurs « s’il y a des bêtes qui n’aiment pas les bêtes qui n’aiment pas les gens ? ».

Artisto !

Foyer culturel de Péruwelz.

Mélange de différentes disciplines, de cirque et de music-hall, ce spectacle du clown Elastic privilégie l’humour visuel, selon une recette alliant le burlesque à l’ironie.

Bérénice

Théâtre des Martyrs.

Titus aime Bérénice, Bérénice aime Titus et Antiochus aime Bérénice en secret. A la mort de l’empereur, Titus monte sur le trône. Mais sa gloire s’accompagne d’un renoncement terrible. La loi de Rome lui interdit d’épouser une reine étrangère. Il lui faut donc renoncer à Bérénice… Philippe Sireuil met en scène cet affrontement de l’amour et de la raison d’état de manière tendue, radicale, donnant toute la place aux mots et aux acteurs. Exigeant et fascinant.

Boomerang

Théâtre de la Toison d’Or.

Pour leur première pièce écrite en duo, Delphine Ysaye et Alexis Goslain sont partis en cavale amoureuse au rythme des chansons de Gainsbourg. Inspiré de « Bonnie & Clyde », leur duo attachant, dirigé par Patrice Mincke, se contente d’un lit et de deux chaises, mais nous décoiffe au vent des autoroutes. !

Ça

Maison de la culture de Marche-en-Famenne.

Avec Ça, les Mutants mettent joyeusement les pieds dans le plat. Vous savez… Ça ! Ce truc auquel tout le monde pense mais dont il n’est pas évident de parler. Le sexe quoi ! En musique, en chansons, en danse, en guignol, tout est passé en revue. Sans fausse pudeur, avec bonne humeur, audace et inventivité. Osé et indispensable.

Célimène et le cardinal

Théâtre de la Valette, Ittre.

Alceste et Célimène se retrouvent après vingt ans de séparation. L’un est prélat et janséniste ; l’autre est mère et épouse mais demeure libertine. Ils s’aiment toujours…

C’est tout moi

Grand Théâtre, Verviers.

Attention, elle a tout d’une grande. Virginie Hocq, jeune femme de poigne, confirme sa souplesse de jeu à travers une galerie de portraits bien observés. De l’humour solo marqué par quelques faiblesses d’écriture, mais livré par une humoriste au sang chaud. Ce n’est qu’un début…

Cet enfant

Théâtre Le Public.

Thierry Debroux met en scène, de façon très réaliste, ces dix récits de drames familiaux écrits par Joël Pommerat. Ni meurtre, ni inceste, ni adultère : juste la réalité quotidienne d’une relation parents-enfants qui ne ressemble pas toujours à l’image d’Epinal qu’on veut en donner.

Chatroom

Théâtre de Poche.

Un suspens dans un cyberespace de discussions sur sujet coriace, comme le suicide. Une pièce en phase directe avec l’adolescence et les manipulations perverses de l’internet, bien troussée par l’écriture vive d’Enda Walsh et la mise en scène hors-réalisme de Sylvie de Braekeleer, sur un plateau scandé de musiques et de vidéos. Le tout est défendu admirablement par de très jeunes comédiens.

Crie-moi que tu m’aimes

Théâtre royal de l’Etuve.

L’histoire d’un couple banal à pleurer qui tente par tous les moyens d’enjoliver son quotidien. Par Louis et Louise.

De trop ?

Palace, La Louvière.

Gisèle quitte la maison de retraite après le décès de son mari, pour réintégrer la grande maison familiale. Elle va devoir faire face à l’opposition de ses enfants qui préféreraient la voir retourner vivre dans son home. Un spectacle de théâtre forum de la Compagnie Maritime et du Théâtre du Public.

Erasme et Pantagruel

Théâtre royal du Parc.

D'une imaginaire rencontre entre Erasme et Rabelais, Jean-Claude Idée a tiré une substantifique moëlle érudite et drôle des temps troublés de la Renaissance. La pièce frôle le didactisme historique en chapelet de citations, mais se laisse emporter par une énergique troupe de comédiens, des costumes somptueux et un décor évolutif surprenant.

Faut pas payer !

Théâtre Le Public.

Dans une mise en scène pétillante de Carlo Boso, la farce de Dario Fo fait plus que jamais recette sur le thème de la « crise ». Avec ses acteurs survitaminés, la pièce nous embarque dans un tourbillon de quiproquos autour de deux ménagères qu’un vent de révolte dans un supermarché trop cher mènera à une surenchère de mensonges.

Fugueuses

La Flûte enchantée.

Deux femmes font du stop en pleine nuit au bord d’une route. L’une fait le mur de sa maison de retraite, l’autre fuit son couple. Une comédie de Pierre Palmade et Christophe Duthuron qui enchaîne coups bas et coups d’humour.

Histoires d’hommes

Centre culturel d’Anderlecht ; centre culturel de Manage.

Signées Xavier Durringer, ces Histoires d’hommes sont en fait les histoires d’une femme qui aimait les hommes. Incarnée avec générosité par Marion, cette épicurienne révèle les gloires et les déboires d’une carrière amoureuse bien fournie. Dans une mise en scène sobre, la comédienne donne un relief étonnant à un texte finalement banal.

Into the riff

Wolubilis.

Bud Blumenthal transpose dans la danse le concept du riffing, une forme d’improvisation courante dans la musique afro-américaine des années 20 et 30.

Je suis

Maison Folie, Mons.

Vous vous interrogez sur l’univers du théâtre ? Alexis Armengol aussi. Avec ce spectacle patchwork, il livre une réflexion pleine d’humour à propos de la place du corps de l’acteur sur un plateau, des différentes formes théâtrales, des déclarations d’intention des responsables d’institution, de la manière de saluer ou d’organiser une conférence de presse… Drôle, virtuose, intelligent : un vrai grand moment de théâtre.

La naissance du jongleur/Papalagui

Théâtre de la Balsamine.

Soirée en deux temps pour un dialogue Nord-Sud qui, pour une fois, privilégie le point de vue du Sud. Au monologue de Dario Fo sur la révolte d’un paysan opprimé par un seigneur local et incarné avec fougue par un comédien haïtien, succède le « Papalagui », texte d’Erich Scheurman adapté avec subtilité par Pietro Varrasso pour décortiquer les travers de l’homme blanc. Rafraîchissant !

La princesse Turandot

Maison de la culture d’Arlon ; Théâtre royal de Namur.

L’Orient et la commedia dell’arte se croisent dans la fable persane de la cruelle Princesse Turandot, revue par l’Italien Gozzi. L’Infini Théâtre de Dominique Serron et ses excellents comédiens y ont plongé avec une évidente jubilation chorégraphique, un rien trop gesticulante, sous de superbes masques, et dissociant le corps et la voix sur une scène habitée d’ingénieux box mobiles.

Le carré des Cosaques

Théâtre du Méridien.

Tout un peuple de fantômes, ceux d'un home de Braine-le-Comte pour réfugiés de l'Est, qui s'animent à partir d'un tas de chaussures et dans la voix d'un seul homme, qui a grandi avec eux, celle de l'auteur et comédien François Houart. Bien servi par la mise en scène et en abyme théâtral de Brigitte Baillieux, il a cristallisé ses sédiments de mémoire en une trame foisonnante, grouillante de vie et de mort, poétique, drôle et émouvante.

Le dieu du carnage

Wolubilis ; ferme de Martinrou, Fleurus ; Waux-Hall, Nivelles.

Tout simplement parfait ! Un texte cruellement drôle de Yasmina Reza et quatre comédiens formidables pour une pièce acérée sur nos hypocrisies intellectuo-bourgeoises. Deux couples se réunissent pour régler « à l’amiable » les suites d’une bagarre qui a opposé leur fils respectif. Mais la rencontre vire au pugilat, en passant par le vaudeville. On rit fort et jaune !

Le misanthrope

Théâtre National.

Un classique de Molière mettant en scène un homme qui peste contre les vanités du monde de nantis qui l’entourent. Accordant une attention extrême au moindre personnage, la mise en scène de Philippe Sireuil met en évidence toutes les facettes et contradictions de la pièce, renvoyant dos à dos Alceste, le misanthrope (remarquable Philippe Jeusette), et Célimène, sa bien aimée inconstante, campée magistralement par Marie Lecomte.

Le premier

Théâtre des Martyrs.

Cinq personnages en quête de hauteur essaient à tout prix d’être le premier arrivé. Mais arrivé où ? Cette inconnue fait apparaître avec force l’absurdité de la situation. Certains sont prêts à tuer pour être le premier, d’autres à mourir pour mourir le premier. Un texte d’Israël Horowitz à couteaux tirés dans une mise en scène de Michel Huisman qui évite de justesse l’écueil de la vulgarité.

Le rêve d’un homme ridicule

Théâtre Le Public

Une interprétation toute en légèreté et en malice, en sérénité aussi : Pierre Laroche fait sien l’univers de Dostoïevski, de cet homme au seuil du suicide et qui rêve que le paradis sur terre est possible. Le voilà au réveil, prêt à prêcher la bonne nouvelle ! Un spectacle d’une émouvante utopie, mis en scène par sa fille Sandrine sur la frontière subtile du réel et de l’inconscient.

Les fourberies de Scapin

Centre culturel de Huy.

Christine Delmotte met en scène cette comédie sur le mensonge et les faux-semblants en confiant le rôle de Scapin au formidable Pietro Pizzuti. Celui-ci donne au rôle une épaisseur et une gravité qui, au-delà du rire toujours bien présent, rendent pleinement justice à la pièce de Molière.

Le silence des communistes

Palais des Beaux-Arts de Charleroi ; centre culturel de Seraing.

Jean-Pierre Vincent met en scène un ensemble de lettres échangées entre deux anciens cadres du parti communiste italien et un syndicaliste. Epurée à l’extrême, cette interrogation sur le monde et l’engagement politique pose mille questions plus que jamais d’actualité.

Les mutinés du Fish and Ship

Magic Land Théâtre.

Amateurs d’humour absurde et populaire, de jeux de mots laids et d’épopées loufoques, cette aventure est pour vous ! L’équipe du Magic Land se prend cette fois-ci pour des « Pirates des Caraïbes » en plus foireux.

Le visiteur

Centre culturel et artistique d’Uccle.

Encore un succès signé Eric-Emmanuel Schmitt.

Grâce à son écriture habile, alliée à d’excellents acteurs, dont Alexandre Von Sivers et Benoît Verhaert, et à une mise en scène enlevée, la joute métaphysique entre Freud et Dieu dans la Vienne nazie de 1938 fait des étincelles.

Ligue d’impro

Théâtre Marni.

Une patinoire, deux équipes, un arbitre, des thèmes choisis au hasard au fil de la soirée et des comédiens qui rivalisent d’humour, de poésie, d’idées pour improviser en direct face à un public invité à voter.

Marrakech

Palace, Ath.

C’est certainement la première fois que le théâtre aborde frontalement la ménopause, un sujet tabou et douloureux.

Grâce à l’écriture crue, directe et pleine d’humour de Paul Pourveur, grâce au jeu vitaminé et nuancé d’Hélène Theunissen et Jacqueline Bollen, la pièce bouleverse et déride

Mémoire de l’eau

Etincelle.

Trois sœurs démêlent l’écheveau familial, suite à la mort de leur mère. Mais leur mémoire respective, subjective, va tordre le passé pour l’arranger à la façon de chacune. Muriel Clairembourg et Jean-Marc Delhausse mettent en scène ce texte de Shelagh Stephenson.

Mental Finland

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

En 2069, toute l’Europe est occupée par des troupes de l’UE, qui veillent à ce que personne ne s’adonne à des coutumes et traditions nationales. Un peuple résiste avec acharnement : les Finlandais. Un spectacle de théâtre-danse de Kristian Smeds, en finnois et en estonien, surtitré en français, en néerlandais et en anglais.

Noces de vent

Cinéma Royal, Gembloux ; Waux-Hall, Nivelles.

Il était une fois, dans notre beau royaume de Belgique, une famille très comme il faut : trois frères et une sœur qui décidèrent de se marier le même jour – le jour des noces d’or de leurs parents – pour que le souvenir soit impérissable. Le souvenir fut en effet impérissable, pour le meilleur et pour le rire !

Nuit avec ombres en couleurs

Rideau de Bruxelles.

Une mise en scène d’une évidence légère et profonde, drôle et tragique, où, à l’invitation du chat Astrophe, nous croisons des êtres aux secrets de deuil, d’inceste, de désir d’aimer, des enfants suicidaires et des clowns mélancoliques, qui se frôlent et se froissent.

Nuit blanche

Centre culturel des Riches-Claires.

Cloé Xhauflaire et Gwen Berrou interprètent magistralement ce très beau texte de Vincent Lecuyer. L’errance d’une jeune femme escortée par le souvenir d’une amie suicidée. Tragique et drôle, contemporain et onirique, percutant et poétique.

Nuit sur le monde

Théâtre Varia.

Après Khoom et Hélium, Nicole Mossoux et Patrick Bonté mettent en jeu les sentiments et les fantasmes des hommes et des femmes qui se détachent d’un monde en mouvement, ou s’y confondent comme des êtres en suspension.

Où sont les hommes ?

Centre culturel de Rochefort.

Une paire de beaux mâles, le verbe haut, scrute la virilité triomphante ou malmenée : ils sont enfant ou vieillard, copain ou amant, mari ou père… Rire, sexe (sage), mais aussi un brin de tendresse, de cynisme, de mélancolie nuancent l’enfilade de sketches rondement menée.

Récits d’un jeune médecin

Atelier Théâtre de la Vie.

Joué par le formidable Dominique Rongvaux, ce monologue autobiographique de Boulgakov nous accroche dès la première minute, avec ses récits drôles et pourtant tout simples d’un jeune médecin dans la campagne russe du XIXe siècle.

Sans ailes et sans racines

Théâtre royal de Namur.

Hamadi – Mohamed El Boubsi pour l’état civil – et son fils Soufian s’interrogent sur l’influence de l’Histoire sur leur destin, le premier étant un enfant de l’exil, victime du délit de sale gueule, alors que le second, né en Belgique, revendique celle-ci.

(Self)-service

Théâtre Les Tanneurs.

Quatre femmes veillent le corps invisible de Sally, morte écrasée dans son banc solaire. Dans une maison étrange qui semble animée de vie, la mère, la tante et la sœur font face à une jeune chanteuse arrivée là on ne sait trop comment.

Anne-Cécile Van Daelem explore les affres de la solitude et de l’enfermement avec une bonne dose d’humour déjanté, offrant un spectace un peu long mais fascinant, sorte de croisement entre David Lynch, les Snuls et l’inspecteur Derrick.

1 table pour 6

Théâtre royal des Galeries.

Laure fête ses cinquante ans au restaurant avec son mari, ses deux fils et leur compagne. Trois couples, trois histoires d’amour et un anniversaire qui marquera le destin des six personnages de façon définitive… Une comédie acide d’Alan Ayckbourn, mise en scène par Patrice Mincke.