Altijd prijs/Tous des gagnants

VERELST,MARIE-CLAIRE; WYNANTS,JEAN-MARIE; MAKEREEL,CATHERINE; FRICHE,MICHELE; MERTENS,WENDY; ANCION,LAURENT

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Mercredi 18 novembre 2009

Altijd prijs/Tous des gagnants

Théâtre 140.

Dino vit sous la coupe d’un père et d’un frère escrocs, magouilleurs et sans doute pire encore. Pierre est un fils à papa paumé que Dino a recueilli dans le caniveau un soir où il avait tenté d’en finir. Noir de noir, ce spectacle d’Arne Sierens conte l’amitié qui se développe entre ces deux jeunes paumés. Le texte mais aussi le corps et la musique participent à ce spectacle coup de poing. Deux des représentations sont en français, les deux autres en néerlandais surtitré.

Assoiffés

Maison de la culture de Tournai.

Boon, un anthropologue judiciaire, Murdoch, un ado révolté et volubile et Norvège, un personnage affligé d’une transparente vulnérabilité, sont habités par une même quête : trouver un sens à leur vie tout en restant libre. Un texte de Wajdi Mouawad défendu par les Québécois du Théâtre du Clou.

Babel ou le ballet des incompatibles

Théâtre Varia.

Déroutante et très libre adaptation du « Misanthrope » de Molière que cette mise en scène de Peggy Thomas entraînant Alceste dans une nonchalante et contemporaine danse des relations humaines entre vernissage mondain, tango en chambre et petite déjeuner sur l’herbe. Vibrant et désopilant !

Dracula toujours vivant

Théâtre des Martyrs.

Dracula, personnage réel, cruel souvenir de l’histoire roumaine, cristallise à lui seul toute la fascination et l’angoisse qu’inspirent en nous le sang, la vie et la mort. Cinq comédiens de Théâtre en Liberté nous invitent à découvrir que Dracula est toujours vivant car il est en nous. Paul Emond s’est inspiré de l’œuvre de Bram Stoker pour cette pièce mise en scène par Daniel Scahaise.

Eloge de l’oisiveté

Théâtre de la Vie.

Un opuscule philosophique et social de Bertrand Russell, réflexion sur le partage du travail et des richesses vers un monde plus juste, est l’axe principal de ce monologue où l’intelligence la plus fine se déguste avec gourmandisme et légèreté ludique par l’art et la connivence décontractée d’un comédien hors pair: un formidable solo de Dominique Rongvaux, mis en scène par Véronique Dumont.)

En attendant Godot

Théâtre des Martyrs.

Estragon et Vladimir, deux clochards traversés d’angoisses métaphysiques, attendent Godot chaque soir. Mais viendra-t-il un jour ? Les comédiens du Théâtre du Sygne, dirigés par Elvire Brison, se donnent rendez-vous sur une route de campagne pour jouer cette pièce de Beckett.

Grow or go

Théâtre National.

Tiré du documentaire Grow or go. Les architectes du village global, de Marc Bauder, qui suit le parcours de quatre jeunes dans leur premier emploi au sein d’une grande entreprise, cette esquisse de Françoise Bloch traite du formatage des individus dans un monde dominé par la notion de rentabilité. Par le Zoo Théâtre.

Hansel et Gretel

Théâtre Le Public.

Après avoir longtemps tourné avec ce spectacle, Jean-Benoît Ugeux et Anne-Cécile Vandalem, ses créateurs ont transmis le flambeau à Selma Alaoui et Cédric Eeckhout qui campent désormais ce couple isolé, confronté aux invités de leur mariage. Mais il n’y a personne : les époux ont joué et filmé leurs hôtes. La synchronie entre le jeu des acteurs et les téléviseurs est sidérante. La froideur qu’elle crée l’est tout autant. Un spectacle angoissant et magistral.

Humus vertebra

Palais des Beaux-Arts de Charleroi.

S’inspirant de la figure de l’épouvantail, Karine Ponties livre un spectacle plein de drôlerie et de poésie, servi par un trio d’interprètes magnifiques et les petits films d’animation de Stefano Ricci. Un univers plein de surprises et une maîtrise gestuelle remarquable.

La boîte en coquillages

Théâtre du Méridien.

Sur la table, une boîte, devant eux. Pièce à conviction numéro un. Quatre frères et sœurs, orphelins de mère, doivent décider de prolonger ou non la vie de leur père agonisant, un père tyrannique et trop autoritaire. Une tranche de vie rapportée par Philippe Beheydt (A un jet de pierre de Pristina, Dans le secret de ma paume).

La natura delle cose

Ecuries, Charleroi.

S’inspirant du poème De rerum natura, de Lucrèce, le chorégraphe italien Virgilio Sieni interroge la nature des choses, leur âme, leur origine. Sur scène, Vénus, successivement aux trois âges de la vie, dialogue avec un quatuor d’hommes dans un poème visuel mêlant ravissement et horreur, naissance et mort, volupté et désagrégation. Dans le cadre de la Biennale Charleroi/Danses.

La nuit du thermomètre

Théâtre Jardin Passion, Namur.

Quand elle découvre sa mère inanimée sur le canapé, en pleine nuit, la petite Lucie décide d’appeler son meilleur ami, Simon. Une comédie de Diastème sur le passage de l’enfance à l’adolescence, sur un événement dramatique qui finit par se transformer en un souvenir inoubliable, celui d’une première histoire d’amour.

L’assaut des cieux

Machine à eau, Mons

Lançant ses danseurs à l’assaut des cieux, pour se mesurer avec les dieux, le chorégraphe brésilien Claudio Bernardo nous conte le désenchantement d’un monde. Une parabole sur la condition humaine, ses espoirs et ses limites, avec ce rêve obstiné de survie, malgré la fin inéluctable. Dans le cadre de la Biennale Charleroi/Danses.

Le barbier de Séville

Théâtre National ; maison de la culture d’Arlon.

Un vieillard qui se prépare à épouser une belle jeune fille se fait doubler par un jeune comte aidé de son ancien serviteur… En montant cette comédie de Beaumarchais, Jacques Delcuvellerie livre un spectacle pétillant, drôle, truffé de musiques de toutes les époques et porté par une formidable distribution. Du plaisir à l’état pur.

Le mensuel

Centre culturel de l’ancienne église de Berchem-Sainte-Agathe ; Fabrique de théâtre, La Bouverie ; Palace, La Louvière.

La compagnie Pi 3,14 farfouille dans l’actualité pour y forger sketches, commentaires et vidéos ironiques.

Le point sur Robert

Maison de la culture d’Arlon.

Une autobiographie déguisée, un exercice au long duquel Fabrice Luchini se dévoile à travers ses lectures préférées. Des lectures entrecoupées par des apartés et autres digressions.

Les bonnes

XL-Théâtre – Théâtre du Grand Midi.

Librement inspirée d’un fait divers des années 30, cette pièce de Jean Genet parle de Solange et de Claire, qui ressemblent à ces sœurs Papin, domestiques meurtrières de leurs maîtresses. Mais point de meurtre ici. Une pièce sur la représentation, l’illusion et le simulacre, où le rôle de Madame est tenu par... Gérald Wauthia. Mise en scène : Bernard Damien.

Les recluses

Théâtre Varia.

Des femmes victimes de violences sexuelles se réunissent clandestinement pour témoigner et se soigner par le théâtre. Kaniosha, la plus jeune d’entre elles, doit quitter le groupe pour se marier, mais craint que son futur mari ne remette le mariage en question s’il découvre son passé souillé. Le voisin de Kaniosha découvre son secret et promet de se taire si elle se donne à lui. Un texte de Koffi Kwahulé (Bintou), proposée en kirundi surtitré en français et en néerlandais, dans une mise en scène de Denis Mpunga.

Loin de Corpus Christi

Théâtre de la Place, Liège.

Fascinée par Richard Hart, un acteur des années 40 découvert à l’écran, Anne s’engage sur ses traces qui l’amènent à Hollywood, où il fréquente le milieu des artistes européens qui ont fui le nazisme. Parmi eux, Bertolt Brecht, obligé de quitter les Etats-Unis pour échapper à la chasse aux sorcières et qui rejoint Berlin-Est. Une fresque de Christophe Pellet, mise en scène par Michael Delaunoy.

Lorenzaccio

Théâtre Jean Vilar, Louvain-la-Neuve.

Florence, 1537. Décidé à abattre son cousin qui règne en tyran sur la ville, Lorenzo de Médicis entre à son service. Il devient ainsi aux yeux des Florentins Lorenzaccio, l’incarnation de la dépravation. Le grand classique d’Alfred de Musset est mis en scène par Antoine Bourseiller.

Lucienne fait sa vamp

Théâtre du Gymnase, Tubize.

Lucienne, toujours de vert vêtue, vient nous causer « sur tout et sur rien », « comme c’ké à la mode » en ce moment. Sur scène, elle est rejointe par sa nièce, la régisseuse de plateau, une godiche comme on n’en fait plus. Avec Nicole Avezard et Isabelle Chenu.

Ma déclaration d’humour

Théâtre Poche, Charleroi.

Dans Bain zen, il parlait du bonheur. Bruno Coppens, as du jeu avec les mots, champion du virelangue, imagine aujourd’hui ses futures rencontres amoureuses.

Marie-Louise

Théâtre royal de Namur.

Une balade sensorielle autour de la peinture, de Jérôme Bosch à Edward Hopper, en passant par Miro et Egon Schiele, proposée par la Compagnie Gare Centrale, qui mêle musique, peinture, danse et cirque.

Ma soeur ma juge

Espace Toots.

Michèle Nguyen adapte le témoignage de Lise Bonvent, juge pour enfants, dans un dépouillement prégnant.

Sous la voix douce de la comédienne perce la violence vécue par des enfants jugés délinquants mais victimes avant tout d’un contexte social impitoyable.

Entre la réalité des situations et la magie du conte, on se laisse volontiers porter.

Mort si j’veux

Théâtre de Poche.

La Compagnie de Monelle se propose d’aborder la nature de la violence juvénile qui connaît une augmentation significative ces dernières années et dont les causes seraient le manque d’avenir, de repères et de cadre familial stable.

Un texte de François Clarinval, mis en scène par Jean-François Noville.

Mozart vs Mozart

Centre culturel de Spa.

Le duo musical comique Ffortissimo nous entraîne dans l’intimité des Mozart père et fils et nous relate, en une dizaine de tableaux musicaux, quelques épisodes de la grande et de la petite histoire de la vie du jeune prodige.

My first time

Théâtre de la Toison d’Or.

Ecrite par l’Américain Ken Davenport à partir de récits de « premières fois » collectés sur Internet, la pièce dévoile une pléiade de souvenirs intimes, tendres ou rocambolesques, dès 12 ans ou après 50, à la maison ou en avion, hétéro ou homo, pendant 30 secondes ou une nuit entière. Le tout emmené par quatre comédiens bien excités.

Papa est en voyage

Wolubilis ; institut Notre-Dame du Sacré-Cœur, Beauraing ; centre Bohaimont, Bertrix ; centre culturel de Rixensart ; centre culturel de Rochefort ; maison de la culture de Tournai.

Ce seul-en-scène écrit et joué par Hamadi nous emmène depuis les terres berbères et insouciantes de son enfance jusqu’à Bruxelles, sur les traces d’un père immigré, déraciné. Avec les mots d’un enfant de 9 ans, Hamadi nous envoûte, sur le mode du conte, entre fantasme et réalité, mais avec une sincérité qui va droit au cœur.

Peau de loup

Maison de la culture de Namur.

Véronique Dumont et Catherine Salée incarnent le personnage de Guilaine, ex-détenue. L’une endosse le passé, l’enfance malheureuse, les hommes qui la battent et la rencontre du loup dont elle sera la complice. L’autre se débat pour réapprendre à vivre dans le présent. Sous la forme d’un conte noir, cette pièce de René Bizac et Caroline Safarian nous touche, sans esbroufe.

Rain man

Théâtre Le Public.

Charlie Babbitt, jeune homme d’affaire pressé, entreprenant et séducteur, part à la recherche de son frère caché, Raymond, savant autiste à qui leur père a légué toute sa fortune. Dan Gordon a adapté le célèbre film de Barry Levinson. Mise en scène : Michel Kacenelenbogen.

Singular sensation

Manège, Liège.

Abordant le corps comme lieu de construction sociale, la chorégraphe et danseuse israélienne Yasmeen Godder tente de traduire la tension entre l’inévitable tentation de plaire et le désir de se constituer une identité unique et véritable. Dans le cadre de la Biennale Charleroi/Danses.

Stib

Théâtre Le Public.

Eva et Magda n’ont rien en commun si ce n’est leurs trajets dans un bus de la capitale… Elles vont pourtant se « contagionner », se reconstruire et s’ouvrir les yeux.

Une belle rencontre, concrète, vivante et tramée de non dits, de miroirs, entre fous rires et émotions. Stib (Suite de Trajets Infra-humains Balisés) est le dernier né de l’écriture très originale de Geneviève Damas ici en duo avec Isabelle Defossé, et ce sont deux sacrées comédiennes !

Sur la dune

Théâtre Blocry, Louvain-la-Neuve.

Un petit bijou du Tof Théâtre où de minuscules marionnettes ne cessent de nous surprendre dans un espace scénique qui se modifie en permanence. Un drôle de bonhomme un peu perdu semble y chercher sa route, poursuivi par un canard accrocheur.

Un hymne à la vie qui se conclut par une jolie surprise après un voyage au pays des poissons, des avions, des nuages et des œufs. Pour tout public…

Tête à claques

Centre culturel d’Athus.

Le bon-heur ! Pas d’autre mot pour dire l’état dans lequel on sort de ce spectacle.

Pas grand-chose d’heureux, pourtant, dans le parcours des jumeaux Stef et Mika, véritables souffre-douleur du village.

Porté par deux comédiens formidables, le spectacle est un émerveillement visuel de tous les instants, grâce à ses poupées géantes, à son univers graphique et musical, ainsi qu’à une mise en scène foisonnant d’idées.

Dès 9 ans.

The song

deSingel, Anvers.

Anne Teresa De Keersmaeker, en étroite collaboration avec les plasticiens Ann Veronica Janssens et Michel François, livre une chorégraphie dépouillée à l’extrême.

Neuf danseurs mâles et une bruiteuse se partagent le plateau, dans un univers où le silence et l’espace nu permettent de se concentrer sur la danse, le corps, l’espace et la musique de celui-ci.

Titus Andronicus

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

Peu montée, cette pièce de Shakespeare aligne meurtres, viols, tortures et cannibalisme. On attendait quelque chose de saignant mais la version que nous proposent Olympique Dramatique et Toneelhuis s’avère plutôt potache et indolente. Le texte bien sûr reste magnifique.

Under

Théâtre Les Tanneurs.

Trois clochards écorchés, choquants et obscènes se débattent dans leur système sans cohérence, où ils ne sont plus que des ombres d’êtres vivants. Un texte fort du dramaturge suédois Lars Norén, mis en scène par Jean-François Noville.

Une heure avant la mort de mon frère

L’Arrière-Scène.

Formidable duo d’acteurs pour cette pièce de Daniel Keene qui nous emmène dans un parloir où Martin, condamné à être pendu, reçoit la visite de sa sœur Sally. Ensoleillés ou traumatisés, les souvenirs convoquent une enfance marquée par l’inceste. Tension et émotion contenue pour un huis clos bouleversant.

Un fou noir au pays des Blancs

Espace Delvaux ; centre culturel et artistique d’Uccle.

Quand Pie Tshibanda est arrivé en Belgique, on lui a ouvert sans le regarder. Puis, les yeux ont dit le mépris. L’auteur a compris qu’il fallait tisser les liens : il a rendu visite à ses voisins… qui n’ont pas compris. Aujourd’hui, un « fou noir » nous narre son périple et, par l’art du conte réaliste, ouvre des brèches dans les certitudes du « pays des Blancs ». Un formidable plaidoyer pour l’écoute, le respect et l’amour.

We people

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

We people vient secouer les idées reçues sur la figure de l’immigré dans notre société. Loin des bons sentiments, ce spectacle bilingue livre une peinture au vitriol d’une interminable quête d’identité. Dur, provocant, We people dérange et déstabilise nos bonnes consciences. Mais c’est aussi un spectacle traversé par des images tantôt drôles, tantôt poétiques, tantôt violentes, qui n’ont pas fini de nous hanter.