Amerika

WYNANTS,JEAN-MARIE; VANTROYEN,JEAN-CLAUDE; ANCION,LAURENT; MERTENS,WENDY; FRICHE,MICHELE; MAKEREEL,CATHERINE

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Mercredi 28 octobre 2009

Amerika

Halles de Schaerbeek.

Dans un climat d’inquiétante étrangeté, Claude Schmitz dépeint une famille enfermée dans ses angoisses, se débattant dans une maison hantée, métaphore de la psychose qui règne aux Etats-Unis. La mise en scène fourmille de bonnes idées, malgré un message un peu simpliste.

Baudelaire ou la quête de l’absolu

Théâtre royal de l’Etuve, Liège.

Un spectacle sur la poésie de Baudelaire, inspirée de correspondances, d’associations musicales, de sensations, d’images tourmentées et d’une ironie omniprésente.

Boomerang

La Flûte enchantée.

Une joute oratoire entre une prof d’art dramatique et son jeune et bel élève au talent incertain. Un texte de Bernard Da Costa.

Compartiment non fumeurs

La Samaritaine.

Un auteur de polars à succès décide de se reconvertir et de ne plus écrire que pour le théâtre. Un jour, dans son compartiment de train, arrive une étudiante, auteure d’un mémoire sur lui. Une pièce de Fabrice Gardin, mise en scène par Patrice Mincke

Deng Deng !

Théâtre 140.

Une relation triangulaire infernale entre trois jeunes danseurs tchadiens, où chacun veut se singulariser, s’approprie l’espace et l’énergie du voisin tout en prônant l’unité. Une chorégraphie de Farid Berki qui renvoie à la problématique identitaire du Tchad.

Deux aurores pour Connie Campbell

Le Jardin de ma sœur.

Connie Campbell a une âme d’artiste et se moque d’avoir tué deux ou trois chiens, puisque les chiens n’ont pas d’âme. Et qu’est-ce que cela a à voir avec sa sensibilité d’artiste si elle a jeté sa mère en bas des escaliers ? Un texte grinçant de François Champdeblés.

Dialogues du Don Juan

Atelier-Théâtre de la Vie. Bruxelles

Une épure dialectique centrée sur les dialogues du Dom Juan de Molière : le nouveau spectacle de Claudia Gäbler et d’Herbert Rolland, sur un tréteau nu raffiné dans le traitement de la lumière et du son, repose sur trois comédiens gourmands du texte de Molière, hors de la sphère psychologique, dont un excellent Dominique Rongvaux.

Do animals cry

deSingel, Anvers.

Poursuivant son questionnement sur la relation entre la performance et la danse, entre le mouvement et l’espace, Meg Stuart s’immerge dans le petit monde de la famille, où règnent la vulnérabilité et le contrôle des émotions, mais où les chiens ne sont pas admis.

Dom Juan

Théâtre Le Public.

Manipulateur, séducteur impénitent, le Dom Juan de Molière, vu par Michel Kacenelenbogen est surtout un anarchiste avant la lettre. Ni Dieu ni maître. Mais des maîtresses comme s’il en pleuvait. Olivier Massart en Sganarelle et Serge Dumoulin en Dom Juan forment un duo irrésistible dans un étrange dispositif scénique avec paysages défilant au ralenti et scènes de bravoure (combats, apparition du commandeur…) réduites à des ombres chinoises.

Emma

Centre culturel des Riches-Claires.

Autour du roman de Flaubert Madame Bovary et son héroïne romantique pétrie de désillusions, la pièce retrace le parcours d’une femme moderne dans des allers-retours entre les premiers pas, l’adolescence, la quarantaine et la fin de vie. Seule en scène, Julie Duroisin se métamorphose avec une palette de jeu époustouflante et un talent comique inné.

Furioso

Centre culturel et artistique d’Uccle.

La complicité entre Peter Hens et Yves Gourmeur, au sein de La Framboise Frivole, nous entraîne dans un maelström de musiques, qui mêle Queen et Haendel, Dassin et Schubert. C’est drôle, virtuose, fascinant. On s’amuse et on est ébloui.

Hansel et Gretel

Théâtre Le Public.

Après avoir longtemps tourné avec ce spectacle, Jean-Benoît Ugeux et Anne-Cécile Vandalem, ses créateurs ont transmis le flambeau à Selma Alaoui et Cédric Eeckhout qui campent désormais ce couple isolé, confronté aux invités de leur mariage. Mais il n’y a personne : les époux ont joué et filmé leurs hôtes. La synchronie entre le jeu des acteurs et les téléviseurs est sidérante. La froideur qu’elle crée l’est tout autant. Un spectacle angoissant et magistral.

Improshow

Théâtre communal de Ciney.

Comme dans tout spectacle d’impro qui se respecte, le public propose et les comédiens disposent. Pendant nonante minutes, Olivier Leborgne, Jean-Claude Dubiez et Patrick Ridremont relèvent les défis des spectateurs.

Incendies

Théâtre royal de Namur.

Des jumeaux, dont la mère vient de mourir, découvrent l’existence d’un père et d’un frère inconnus. Avec l’aide d’un notaire (hilarant de bout en bout), ils vont partir à la recherche de ceux-ci pour répondre au vœu d’une mère qui ne parlait plus de puis des années. Filiation, mémoire, secrets de famille, guerre et exil sont une nouvelle fois au cœur de cette pièce de Wajdi Mouawad qui en livre lui-même une version formidable servie par de superbes acteurs. Un triomphe à Avignon.

Je t’aime

Théâtre de Poche.

Un monologue de Sabra Ben Arfa qui donne à voir l’horrible beauté de la vie lorsque la maladie vous tire inexorablement vers la mort. Un hymne à la vie, en clôture du mois dédié à la lutte contre le cancer.

Ladies night

Maison de la culture d’Arlon ; Palace, Ath ; palais des Beaux-Arts de Charleroi ; Forum de Liège ; centre culturel d’Ottignies.

Touchants de ringardise et joyeusement ridicules de machisme, les sept comédiens dirigés par Daniel Hanssens font honneur à la bande de « losers » rendus mythiques par The Full Monty au cinéma.

La solitude d’un acteur de peep-show avant son entrée en scène

Théâtre des Martyrs.

Impossible de ne pas avoir la gorge nouée lorsque Paul Van Mulder quitte la scène après avoir déployé les fils d’un récit pulsant comme un cœur éraflé. Avec ses passages crus mais jamais lubriques, ses vagues à l’âme sincères mais jamais larmoyants, il touche au cœur, directement.

La souricière

Théâtre royal des Galeries.

Mise en scène par Fabrice Gardin, cette pièce d’Agatha Christie maîtrise toutes les ficelles du genre dans un décor très efficace et grâce à une distribution bien huilée. Un meurtrier s’est glissé parmi les hôtes du Manoir Monkswell, qui saura le débusquer ?

Le barbier de Séville

Grand Théâtre de Verviers.

Un vieillard qui se prépare à épouser une belle jeune fille se fait doubler par un jeune comte aidé de son ancien serviteur… En montant cette comédie de Beaumarchais, Jacques Delcuvellerie livre un spectacle pétillant, drôle, truffé de musiques de toutes les époques et porté par une formidable distribution. Du plaisir à l’état pur.

Le conte d’hiver

Maison de la culture de Tournai.

Pièce de Shakespeare au dénouement heureux, Le conte d’hiver est une simple histoire de jalousie, un texte sur la famille et l’amitié, détruites par la jalousie d’un homme envers sa femme et son meilleur ami. Lilo Baur la transforme en tragicomédie complexe.

Le grand soir

Magic Land Théâtre.

Jean-Louis Leclercq, assisté d’un mystérieux et dévoué Maurice (Stéphane Stubbé), fait sa petite révolution, menant des combats singuliers contre les notices de médicaments, entre autres, ou encore la Poste ou les loueurs de DVD. Inégal, l’humour pêche par éparpillement mais offre aussi de joyeux moments surréalistes.

L’envoûtement

Petit Théâtre Mercelis.

Evoquant le harcèlement moral, le pouvoir des patrons charismatiques et les petites lâchetés de chacun, cette pièce de Jean-Pierre Dopagne touche à des sujets très actuels. Le spectacle reste pourtant très inégal, tant dans le texte que dans le jeu d’Alix Mariaulle et Delphine Charlier qui trouvent vraiment leurs marques dans la dernière partie amenant à une fin inattendue et glaçante.

Le propre de l’homme

Théâtre de La Valette, Ittre.

Seul en scène, Jacques Viala nous offre une leçon sur le « propre de l’homme », à savoir le langage, tout en rendant hommage aux grands poètes et surtout au métier de professeur. Irrésistible en maître d’école sévère mais pince-sans-rire, il assaisonne d’humour ses réflexions philosophiques et citations littéraires.

Le rêve d’un homme ridicule

L’Eden, Charleroi.

Seul en scène, Naïma Ostrowski incarne l’« homme ridicule » qu’imagina Dostoïevski. Lassé du monde, aspiré par un profond sommeil, cet être décalé va découvrir un univers utopique, où les humains sont bons, libres et heureux. Mise en scène : Heidi Ostrowski.

Le Tartuffe ou l’imposteur

Aula Magna, Louvain-la-Neuve.

Les hypocrites, comme les crédules, sont de toutes les époques. Patrice Kerbrat le démontre dans sa mise en scène très sobre de l’œuvre de Molière. Orgon, le père de famille fasciné par un escroc aux allures de gourou rappelle furieusement de nombreuses histoires récentes. Et l’ensemble de la distribution sert parfaitement le propos.

Le temps des crises

Palace, La Louvière.

Près de dix ans après Ça ne changera rien ! (ou alors…), un spectacle bourré de promesses électorales, la Compagnie Maritime s’attaque à la Crise, cette crise qui prend une majuscule depuis qu’elle frappe à la porte des riches. Un texte de François Houart et Daniel Adam.

L’initiatrice (Squat)

Théâtre Le Public.

Nouveau tour de force de l’auteur Pietro Pizzuti avec ce texte sur l’excision, sujet risqué, porté par un duo magnifique : Babetida Sadjo et Florence Crick. Evitant la pure dénonciation, l’auteur dresse une rencontre touchante entre une Africaine et une Européenne, secouées par les mêmes désirs. Un huis clos aux passages parfois crus mais d’une poésie délicate.

Merci, messieurs les artistes (… de rien, ça fait plaisir !)

Comédie Claude Volter.

Peut-on rire de tout ? Oui, sauf de l’art ! Quoique… Un texte d’Olivier Charlet qui partage la scène avec Bernard d’Oultremont.

Music Hall

Wolubilis.

Magnifique mais pathétique, une « fille » raconte ses galères d’actrice, tout en continuant à hisser haut ses rêves. Un texte émouvant de Jean-Luc Lagarce, servi par Fanny Ardant, dirigée par Lambert Wilson.

Onder de vulkaan

Kaaitheater.

Inspiré d’un roman de Malcolm Lowry, Sous le volcan raconte la chute tragique d’un consul ivre à Mexico. Josse De Pauw est dirigé par Guy Cassiers.

One man chose

Théâtre de la Toison d’Or.

Eternellement pluggé sur l’absurde et le bizarre, Jean-Luc Fonck rencontre son public en chansons, en improvisations et en sketches.

On vit peu mais on meurt longtemps

L’Arrière-Scène.

Fabrizio Rongione revient seul en scène pour croquer les grandes et petites névroses de l’homme moderne. L’écologie, l’économie, la technologie, tout y passe à un rythme soutenu pour dresser un tableau bien senti de notre société paumée.

Oscar et la dame rose

Marignan, Charleroi.

La grande Jacqueline Bir reprend le rôle de Mamie Rose, pleine de tendresse face à Oscar, un petit garçon leucémique. Un grand moment d’émotion et d’humanité, joué sans chichi, à voir sans rechigner.

Peau de loup

Théâtre National ; salle culturelle de Pâturages.

Véronique Dumont et Catherine Salée incarnent le personnage de Guilaine, ex-détenue. L’une endosse le passé, l’enfance malheureuse, les hommes qui la battent et la rencontre du loup dont elle sera la complice. L’autre se débat pour réapprendre à vivre dans le présent. Sous la forme d’un conte noir, cette pièce de René Bizac et Caroline Safarian nous touche, sans esbroufe.

Pour un oui ou pour un non

Petit Théâtre Mercelis.

Une parole est lancée, et c’est parti. Le sol se dérobe, des trous apparaissent sous les pas des beaux parleurs qui ne s’y attendaient pas… Nathalie Sarraute joue avec les mots. Près de vingt ans après sa création, Alexandre Von Sivers et Daniel Hanssens retrouvent leur rôle de comédiens-jongleurs de ce tourbillon autour du rien du tout : un oui, un non, et tout est changé…

Princesse Turandot

Théâtre Molière.

L’Orient et la commedia dell’arte se croisent dans la fable persane de la cruelle Princesse Turandot, revue par l’Italien Gozzi. L’Infini Théâtre de Dominique Serron et ses excellents comédiens y ont plongé avec une évidente jubilation chorégraphique, un rien trop gesticulante, sous de superbes masques, et dissociant le corps et la voix sur une scène habitée d’ingénieux box mobiles.

Rosencrantz et Guildenstern sont morts

Théâtre des Martyrs.

Interrogation sur l’identité, la destinée, le théâtre, la mort inéluctable et bien d’autres choses, cette pièce de Tom Stoppard a pour héros Rosencrantz et Guildenstern, deux personnages secondaires du Hamlet de Shakespeare. Daniel Scahaise en fait ressortir toute la drôlerie mais aussi tous les questionnements philosophiques dans une mise en scène épurée, parfaitement rythmée et mettant en évidence le talent des comédiens du Théâtre en Liberté.

Scènes de la vie conjugale

Centre culturel de Huy.

Une vie de couple autopsié au moment où la mécanique trop confortable, trop lisse, s’enraye… La couette devient cactus ! Ingmar Bergman joue de son scalpel ironique et amer dans une série de rounds que relie subtilement la petite musique de Pascal Charpentier. La mise en scène en huis clos de Michel Kacenelenbogen guide sans pathos ni hystérie de sobres et bons comédiens, Muriel Jacobs et Alain Leempoel.

Seule au rendez-vous

Théâtre Jardin-Passion, Namur.

Avec un féminisme qui ne renie pas sa féminité, ce texte de Simona Vinci décortique le sentiment amoureux dans ses moindres recoins. Dominique Pattuelli y est éblouissante, fiévreuse, dans le rôle d’une femme voyageant dans ses souvenirs. Sans se couvrir d’un onutile voile de pudeur, elle dit la difficulté de l’amour tout simplement. Juste et troublant.

The Cover-ups of Alabama

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

Quand Monroe et Alabama, chanteurs de country et anciens amants, perdent ce qu’ils ont de plus précieux, l’un se perd dans la fureur, tandis que l’autre recherche le réconfort...

Une pièce de théâtre musical de Johan Heldenbergh et Mieke Dobbels, en néerlandais, surtitré en français.

Tous les Algériens sont des mécaniciens

Théâtre Varia.

Fellag, humoriste algérien et roi du stand-up, revient aujourd’hui avec un spectacle un peu plus théâtral, où il est accompagné de la comédienne Marianne Epin. Ils incarnent un couple dont les anecdotes pleines d’humour reflètent l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui. Censure, misère, machisme, aucun tabou n’est épargné.

Tu prends combien ?

Koek’s Théâtre.

Amour et argent peuvent-ils faire bon ménage ? C’est la question que pose cette comédie qui raconte la rencontre entre une call-girl fêtarde et un célibataire dépressif et agoraphobe.

Une fête pour Boris

Manège, Mons.

Dans un univers clos, une femme martyrise son entourage. Avec trois acteurs et une série de marionnettes aux visages animés par des projections vidéo, Denis Marleau met en scène la toute première pièce de Thomas Bernard.

Une mise en scène brillante pour une pièce qui a la cruauté mais pas toute la force des œuvres suivantes de l’auteur. On tourne vite en rond et on reste malheureusement sur sa faim.