Amjad

WYNANTS,JEAN-MARIE; ANCION,LAURENT; MERTENS,WENDY; FRICHE,MICHELE; MAKEREEL,CATHERINE

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Mercredi 17 décembre 2008

Amjad

Concertgebouw, Bruges ; centre culturel d’Hasselt.

Le chorégraphe Edouard Lock est fasciné par l’ancrage profond dans notre mémoire collective de ballets classiques du XIXe siècle comme Le lac des cygnes ou Les Sylphides. Il se lance ici dans une confrontation entre danse classique et danse contemporaine.

Art

Vaudeville.

Marc, Serge et Yvan, trois amis de 15 ans vont se déchirer autour d’une œuvre d’art. Écrite dans les années 90 par lYasmina Reza, cette pièce a fait un joli tour du monde. Pierre Dherte, Bernard Cogniaux et Alain Leempoel qui l’avaient créée chez nous en 1998 la reprennent dans une nouvelle mise en scène d’Adrian Brine.

Célimare le bien-aimé

Théâtre royal du Parc.

Ce vaudeville très classique d’Eugène Labiche est mis en scène avec un second degré réjouissant par Pierre Fox. Chansons, pitreries et exagération donnent le tempo des aventures de Célimare, homme marié et déterminé à se ranger mais harcelé par deux hommes qu’il a jadis cocufiés. Le panache des comédiens en fait une comédie pimpante.

Cendrillon, ce macho

Théâtre de la Toison d’or

Vous croyez connaître Cendrillon ? Celle de la Toison d’Or va vous surprendre. Ou plus exactement, celui de la Toison d’Or puisque dans la version de Sébastien Ministru (son meilleur texte à ce jour), Cendrillon est un mec. Ses sœurs sont des travestis, le Prince est homo, la fée alcoolo et cocaïnomane, etc. Ce pourrait être lourdingue ou facile mais cette parodie très actuelle se révèle remarquablement rythmée, pleine de surprises et servie par une équipe de comédiens survitaminés. Du rire à l’état pur.

Clara !

XL-Théâtre – Théâtre du Grand Midi.

Clara, une jeune actrice, se présente au public pour une énième conférence sur sa carrière. Mais, lasse de raconter toujours les mêmes anecdotes sur sa vie, elle propose au public de lui raconter une autre histoire, celle de ses rêves cassés : l’histoire de son cœur. Fanny Jandrain est seule en scène pour défendre ce texte d’Eric Lefèvre.

Cuisine et dépendances

Centre culturel et artistique d’Uccle.

Une comédie de 1991 qui vieillit bien, où des quadra se demandent ce qu'ils ont fait de leur vie tout en fantasmant sur la « réussite » du copain. Une comédie drôle et amère, sans résolution apaisante : Cuisine et dépendances, mise en scène par Daniel Hanssens très fidèle à ses auteurs, Jaoui/Bacri, ne révolutionne pas la scène mais vaut le détour par le talent sans cabotinage de ses interprètes, Hanssens en tête.

De quoi parlent les filles ?

Le Jardin de ma sœur.

Enfermées dans leur appartement le soir de la Saint-Valentin, deux jeunes colocataires étalent au grand jour leurs coups de cœur, leurs coups de gueule, leurs souvenirs, leurs fantasmes, bref, tout ce qui fait une femme…

Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis

Théâtre National.

Au bord d’une autoroute, un chien qui vient de provoquer volontairement un gigantesque carambolage débarque chez un portier de grand hôtel vivant dans une caravane. Particularité : le chien parle ! Entre ces deux êtres solitaires, une relation va se nouer petit à petit, chacun finissant par apprivoiser l’autre. Drôle, féroce, directement inspiré pa7r l’actualité, ce texte de Jean-Marie Piemme est monté par Philippe Sireuil dans une forme clownesque très efficace. Avec de formidables Philippe Jeusette et Fabrice Schillaci dans les rôles de l’homme et du chien.

Explicites lyriques

La Samaritaine.

Après plusieurs spectacles musicaux (Phi Phi, Dédé, Jésus Christ Superstar…), Jean Mark Favorin réunit dans un spectacle de cabaret 29 grands airs d’opérettes, d’opéras et de comédies musicales, composés par des hommes et chantés par des femmes.

« I » is memory

Vooruit, Gand.

Le chorégraphe canadien Benoît Lachambre compose un solo pour « danseuse mutante ». Louise Lecavalier incarne l’artiste, dont le corps n’est plus régi par l’esprit, mais par une explosion intérieure, en une danse quasi méditative.

L’affaire Lambert

Théâtre Le Public.

Burlesque et tragique, une comédie féroce bien ancrée dans le terreau wallon, ourdie par la langue truculente de Véronique Stas, bourrée de jeux de mots et de clins d’œil ! Charlie Degotte trousse cette Affaire Lambert sous forme de complainte populaire en saynètes sur plateau tournant, avec musique live. Des comédiens hauts en couleurs, dont Philippe Grand’Henry et Véronique Stas, taillent à leur mesure l’histoire d’un citoyen et père en perdition, de sa fille et de son chien !

La forêt des origines

Théâtre de la Place, Liège.

Avec La forêt des origines, Patrick Corillon et Dominique Roodthooft livrent la seconde partie d’un triptyque intitulé Le Diable abandonné. Un marionnettiste pendu, son fils à la recherche d’une langue éclatée, le diable toujours à l’affût... Entre poésie et mystère, la comédienne se fait discrète pour nous raconter une histoire où les mots et les lettres de tous les alphabets (du notre au phénicien en passant par l’araméen) occupent eux-mêmes le plateau. Entre performance d’art plastique et conte à l’ancienne, un spectacle déroutant et magique.

La mouette

Théâtre National.

Reprise de ce spectacle magnifique construit par Jacques Delcuvellerie autour de cette pièce de Tchekhov qui parle de théâtre, de passion amoureuse, de conflit des générations. Un spectacle en trois parties, trois espaces, trois époques. Une réussite complète, faisant ressortir toute la douloureuse humanité des personnages portés par des acteurs en état de grâce.

La revue 2008

Théâtre royal des Galeries.

Fidèle à elle-même, la Revue croque l’actualité politique et sociale de l’année écoulée dans un cocktail de sketchs, chansonnettes et chorégraphies. Si la crise y est bien sûr omniprésente, les crises de rires sont plus intermittentes. On rit surtout grâce aux stand-up de Richard Ruben et Bernard Lefrancq.

La valse des toréadors

Comédie Claude Volter.

Si la portée misogyne de ce vaudeville de Jean Anouilh en donne une image fort datée, ou en tout cas dépassée, la mise en scène rythmée et le jeu coloré des comédiens emmènent sans fausse note les aventures d’un général à la retraite, piégé par une épouse acariâtre et possessive alors qu’il aime une autre femme, de manière platonique, depuis 17 ans.

Le coq combattant ou l’atrabilaire amoureux

Théâtre Jean Vilar, Louvain-la-Neuve.

Une pièce qui a mal vieilli dans son poujadisme et ses guignols burlesques, en dépit de la verve d'Anouilh et de quelques saillies qui peuvent faire échos aux turpitudes d'aujourd'hui. Mais elle offre surtout à Armand Delcampe un grand rôle de vieux général en famille, arrimé à ses valeurs anciennes. Entourés d'une bonne équipe, il mêle la drôlerie à l'amertume et à la nostalgie, jusqu'au seuil de l'émotion.

Le dieu du carnage

Théâtre Le Public.

Tout simplement parfait ! Un texte cruellement drôle de Yasmina Reza et quatre comédiens formidables pour une pièce acérée sur nos hypocrisies intellectuo-bourgeoises. Deux couples se réunissent pour régler « à l’amiable » les suites d’une bagarre qui a opposé leur fils respectif. Mais la rencontre vire au pugilat, en passant par le vaudeville. On rit fort et jaune !

Le gris

Palace, Ath.

Le corps-à-corps d’un homme et de son rongeur d’âme, gris comme ses médiocrités, l’ennemi à reconnaître pour coexister : un monologue de Giorgio Gaber et Sandro Luporini, drôle, épique et qui lorgne vers Kafka. Avec un Angelo Bison virtuose, roublard, émouvant, « doublé » de trois excellents musiciens emmenés par Olivier Thomas.

Les nuits du Magic Hall

Magic Land Théâtre.

Trois heures de music hall déjanté, imaginé par Patrick Chaboud, porté par six comédiens décomplexés et un invité vedette différent chaque soir. Numéros de magie foireux, travestis poilus, tubes revisités : le cabaret est toujours bien barré, pas follement créatif mais joyeusement fou.

Les origines de la vie

Théâtre de Poche.

Sous les dehors d’une conférence scientifique dédiée aux origines de la vie, cette pièce de Thomas Gunzig dépasse la simple biologie tandis que la conférencière (formidable Isabelle Wéry) laisse transparaître les détails de sa propre vie, des origines au drame. Surréaliste, drôlement noir et diablement grinçant !

Marrakech

Théâtre des Martyrs.

C’est certainement la première fois que le théâtre aborde frontalement la ménopause, un sujet tabou et douloureux. Grâce à l’écriture crue, directe et pleine d’humour de Paul Pourveur, grâce au jeu vitaminé et nuancé d’Hélène Theunissen et Jacqueline Bollen, la pièce bouleverse et déride, avec ses histoires de femmes qui doivent réapprendre à aimer quand les hommes ne les regardent plus.

Ma sœur ma juge

Atelier Théâtre de la Vie.

Michèle Nguyen adapte le témoignage de Lise Bonvent, juge pour enfants, dans un dépouillement prégnant. Sous la voix douce de la comédienne perce la violence vécue par des enfants jugés délinquants mais victimes avant tout d’un contexte social impitoyable. Entre la réalité des situations et la magie du conte, on se laisse volontiers porter par cette pièce.

Ma Terre happy !

Théâtre des Martyrs.

L'homme dégaine ses mots, les détourne et les retourne, et il fait mouche à tous les coups ! Sa Terre happy !, c'est… une thérapie absolue contre tout ce qui vous plombe. Perché sur son divan rouge, Bruno Coppens parle à son psy, un pied en Belgique, l'autre dans l'univers, il navigue du pipi au lit au slam de l'islam, plus sensé que jamais. Sous l'œil d'Eric de Staercke à la mise en scène et avec l'oreille musicale d'Eloi Baudimont. Que du bonheur !

Métamorphoses

Wolubilis ; Théâtre royal de Namur.

Déjà présentée à Charleroi et à Bruxelles, la dernière production de Frédéric Flamand et du Ballet National de Marseille s’appuie sur Les métamorphoses d’Ovide pour parler d’aujourd’hui et de l’éternel recommencement des choses.

Monsieur et madame Roméo et Juliette

Théâtre de la Valette, Ittre.

L’Israélien Ephraïm Kishon imagine que les amants de Vérone ne sont pas morts, qu’ils se sont mariés et se retrouvent, trente ans après, au bord du divorce, avec pour conseiller conjugal, Shakespeare lui-même. Dérision, anachronismes, loufoquerie pimentent cette comédie délirante et divertissante.

Mozart vs Mozart

Palais des Beaux-Arts.

Le duo musical comique Ffortissimo, composé de Christophe Gillis et Bernard Vancreaynest, nous entraîne dans l’intimité des Mozart père et fils et nous relate, en une dizaine de tableaux musicaux, quelques épisodes de la grande et de la petite histoire de la vie du jeune prodige.

Popeck

Espace Michel Boujenah, Andenne.

L’humoriste mêle son autobiographie, d’anciens et de nouveaux sketches et un hommage aux grands comiques du XXe siècle : Fernand Reynaud, Bourvil, Raymond Devos, Fernandel…

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la condition humaine

Centre culturel des Riches-Claires.

Le Théâtre Loyal du Trac revient avec une comédie « philo-z'euphorique » sur le sens de la vie et le style qu’on leur connaît : un goût prononcé pour l’absurde, un mélange de théâtre, cirque et musique, et une sacrée dose d’énergie. On n’en ressort pas plus avancé sur les grandes questions de la vie mais agréablement détendu.

Que sont mes amis devenus ?

Théâtre Poème.

A l’opposé du « pauvre Rutebeuf » révélé au XIXe siècle, le Théâtre Poème a choisi de nous faire découvrir un Rutebeuf inconnu, ironique, parfois féroce, souvent cocasse.

Regarde maman, je danse

Théâtre Les Tanneurs.

Un monologue autobiographique de et par Vanessa Van Durme. La mue d’une vie, d’un petit garçon qui ne voulait pas se déguiser en pirate, mais en princesse, et enfilait la combinaison de sa maman. Subtilement articulés, jamais pathétiques, ni provocants, ni impudiques, le texte et le jeu disent pourtant tout du mal d’être d’une transsexuelle actrice – et quelle actrice ! –, en misant sur l’humour et la métaphore. L’émotion vous plonge dessus sans crier gare.

Singhet ende Weset Vro

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

S’inspirant d’un vieux livre de chants flamands, le KVS et Union Suspecte créent un spectacle musical qui se veut une réaction au nationalisme rampant.

They eat people

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

Un texte entre amertume et humour de Ruud Gielens et Joost Vandecasteele qui imaginent l’avenir d’une Flandre indépendante. Par Union Suspecte et Abattoir Fermé. En néerlandais, surtitré en français.

This is not a love song

Théâtre de la Balsamine.

S’inspirant d’une multitude de films d’auteurs, de Cassavettes à Philippe Garrel, Sofie Kokaj livre un spectacle étrange et insaisissable. Si les comédiens y sont d’un naturel absolu, on ne parvient guère à comprendre où tout cela est censé nous mener.

Un jour, j’irai à New York avec toi

Théâtre Le Public.

Le jeune Elie Belvaux (13 ans) et Olivier Darimont composent une tendre relation père-fils, questionnant le métier de parent. Douce-amère, cette comédie met face à face un petit garçon sensible et rêveur, secoué par le divorce de ses parents, et un père rongé par son mal-être affectif. Le tout rythmé par les doigts experts et espiègles d’Elie Belvaux au piano.

Un poisson nommé Saphir

Ecuries.

Le regard d’un poisson rouge sur le monde : l’idée est plaisante ! Que voit-il derrière la vitre de son aquarium ? Des saynètes de la vie quotidienne, tournée en dérision douce-amère par la plume de Stéphanie Blanchoud. En solo, Catherine Decrolier assure tous les personnages de ce vivarium, comique, tonique et parfois prévisible.

Va-t’en savoir

Centre culturel de Morlanwelz.

Zidani a la pêche. Elle le prouve dans un one-woman-show vitaminé, parodiant le corps enseignant avec une belle application. Une préfète qui fume des joints, un prof de gym sans tact, une syndicaliste tyrannique. Mise en scène par Patrick Chaboud, cette drôle de famille du collège Sainte-Jacqueline sème la zizanie sur les bancs de l’école, pour notre plus grand plaisir.

Wintervögelchen

Kaaitheaterstudio’s.

Pouvoir, jalousie, désespoir, amour et… un petit oiseau se disputent le devant de la scène dans ce spectacle joyeux de Jan Decorte, inspiré de Shakespeare et de Hölderlin.