Amour amour

WYNANTS,JEAN-MARIE; MERTENS,WENDY; MAKEREEL,CATHERINE; FRICHE,MICHELE; VERELST,MARIE-CLAIRE; ANCION,LAURENT

Page 46

Mercredi 26 novembre 2008

Amour amour

Théâtre Blocry, Louvain-la-Neuve.

Une écriture poétique, sensible, en mosaïque et en ellipse, pour nouer les histoires, les peurs, les rêves, les bleus à l’âme de quatre gosses. Une mise en scène juste, rythmée, et des comédiens en état de grâce : finement, sans éclat. Amour amour, de Jacques Henrard, fait mouche.

Art

Vaudeville.

Marc, Serge et Yvan sont trois amis, jusqu’au jour où Serge achète une œuvre d’art contemporain. Écrite par Yasmina Reza, cette pièce a fait un joli tour du monde. Pierre Dherte, Bernard Cogniaux et Alain Leempoel qui l’ont créée en Belgique en 1998, la reprennent dans une nouvelle version, toujours dirigée par Adrian Brine.

Black and white

Archéoscope, Bouillon.

Il faut vraiment s'appeler Lorette Goose pour nous faire rire avec des portraits de femmes endeuillées ! Son seule-en-scène chasse nos idées noires en faisant valser ces veuves drôlement vivantes, brossées par une belle palette d'auteurs belges.A mourir de rire !

Célimare le bien-aiméé

Théâtre royal du Parc.

Ce Labiche est mis en scène avec un second degré réjouissant par Pierre Fox. Chansons, pitreries et exagération donnent le tempo des aventures de Célimare, homme marié et déterminé à se ranger mais harcelé par deux hommes qu’il a jadis cocufiés. Le panache des comédiens en fait une comédie pimpante. .

Cochons d’Inde

Centre culturel Auderghem ; Trocadéro, Liège.

Le cauchemar d’un nouveau riche dont la banque, rachetée par la Bank of India, est accusé d’avoir enfreint la loi indienne en changeant de caste. Une comédie de Sébastien Thiéry avec Patrick Chesnais.

Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis

Centre Bohaimont, Bertrix ; maison de la culture de Marche-en-Famenne ; Waux-Hall, Nivelles.

Au bord d’une autoroute, un chien qui vient de provoquer volontairement un gigantesque carambolage débarque chez un portier de grand hôtel vivant dans une caravane. Particularité : le chien parle ! Drôle, féroce, directement inspiré par l’actualité, ce texte de Jean-Marie Piemme est monté par Philippe Sireuil dans une forme clownesque très efficace. Avec de formidables Philippe Jeusette et Fabrice Schillaci dans les rôles de l’homme et du chien.

Game over

Théâtre National.

S’appuyant sur des faits divers réels et des témoignages vécus, Jeanne Dandoy explore le mal-être d’une génération d’adolescents gavés de télé, de pub et de réalité virtuelle. Un spectacle étrange, bancal et parfois trop démonstratif. Rythmé comme un zapping, il utilise intelligemment la vidéo et l’interprétation live de tubes pop, et est servi par d’excellents comédiens. Au bout du compte, un véritable objet de débat.

Garde à vue

Théâtre royal de Namur.

Ce thriller connu fonctionne bien et nous tient en haleine, par la précision, la dynamique, et la riche palette de jeu que déploient les comédiens. Parmi ceux-ci, un formidable Patrick Descamps, bête de scène tout en nuances !

Je m’appelle Rachel Corrie

Théâtre de Poche.

Seule en scène, Cécile Vangrieken incarne Rachel Corrie, cette activiste américaine morte sous un bulldozer israélien en tentant de protéger des civils palestiniens à Gaza. Adaptée de ses écrits et mise en scène par Jasmina Douieb, cette pièce interroge la notion d’engagement.

Juliette et Roméo

Centre culturel de Huy.

Delphine Bougard et sa Compagnie de la Sonnette nous servent une version burlesque et déjantée de la tragédie shakespearienne. Tandis que Juliette y devient flamande et Roméo wallon, le mélange des genres donne un nouveau souffle comique au chef-d’œuvre tragique.

Kefar Nahum

Théâtre Varia.

Rassemblant une série d’objets usuels (sac, tuyau, cables...) croisés au cours des différents spectacles de la compagnie, Nicole Mossoux et Patrick Bonté livre un spectacle plein de surprise et de mystère où la danseuse se fait manipulatrice créant un monde de monstres et de créatures étranges.

La fête

La Samaritaine.

Avec deux pièces d’une demi-heure chacune du Polonais Slawomir Mrozec, le metteur en scène Alexandre Van den Abeele nous propose un théâtre de l’absurde dans son style le plus pur, métaphore d’une société qui tente de combler le vide de son existence. Grâce au jeu vif et clownesque des comédiens, le public est aussi à la fête.

L’affaire Lambert

Théâtre Le Public.

Burlesque et tragique, une comédie féroce bien ancrée dans le terreau wallon, ourdie par la langue truculente de Véronique Stas, bourrée (un peu beaucoup) de jeux de mots et de clins d’œil ! Charlie Degotte trousse cette Affaire Lambert sous forme de complainte populaire en saynètes sur plateau tournant, avec musique live.

La maison du lac

C.entre culturel d’Ottignies

Jean Piat et Maria Pacôme reprennent sur scène les rôles immortalisés au cinéma par Henry Fonda et Katharine Hepburn.

L'Amérique

Rideau de Bruxelles.

Road-movie initiatique autour de la rencontre d'un jeune loubard et d'un idéaliste révolté, la pièce de Serge Kribus oppose les illusions des années 70 au désenchantement de notre époque. L'excellente mise en scène de l'auteur compense la nostalgie naïve de son texte.

La seconde vie d’Abram Potz

Théâtre du Méridien.

Vieillard décrépi, Abram Potz décide de se venger de son isolement en devenant le doyen d’âge des tueurs en série. Un texte à l’humour noir signé Foulek Ringelheim, mis en scène par Catherine Brutout.

Le dieu du carnage

Théâtre Le Public.

Tout simplement parfait ! Un texte cruellement drôle de Yasmina Reza et quatre comédiens formidables pour une pièce acérée sur nos hypocrisies intellectuo-bourgeoises. Deux couples se réunissent pour régler « à l’amiable » les suites d’une bagarre qui a opposé leur fils respectif. Mais la rencontre vire au pugilat, en passant par le vaudeville. On rit fort et jaune !

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter

Théâtre 140.

Avec ce récit autobiographique sur fond de Liban déchiré, Darina al Joundi nous livre une leçon de résistance pour toutes les femmes d’Orient et d’Occident aspirant à plus de liberté sexuelle, amoureuse, sociale ou religieuse. Un seul-en-scène incandescent qui rappelle le Persepolis de Marjane Satrapi.

Le masque du dragon

Théâtre des Martyrs.

Un spectacle tout en subtilité qui place l'art du conte en abîme et détourne par la métaphore, la poésie et l'humour, la gravité de la fable. Cette histoire d'un apprentissage d'un art martial en recouvre bien d'autres, autour de l'immigration et de la guerre, du rêve et du réel. Par deux formidables comédiennes mises en scène et en finesse par Hélène Theunissen.

Le revizor

Théâtre de la Place, Liège.

Tout comme il avait déjà dépoussiéré L’avare avec brio, Michel Dezoteux donne un sacré coup de jeune à un autre classique, celui de Gogol. Grâce à une mise en scène déjantée et une quinzaine de comédiens époustouflants de maîtrise dans un jeu corporel qui trahit subtilement les petites et grandes vilenies des personnages, cette farce sur la corruption généralisée prend des allures cruellement actuelles. Nomination aux Prix de la critique 2007-2008 dans les catégories « Meilleur comédien »(Yoann Blanc) et « Meilleur espoir féminin » (Emilie Maquest).

Les essais de Montaigne

Centre Marius Staquet, Mouscron.

Montaigne revu et corrigé par les Québécois du Théâtre du Sous Marin Jaune, cela donne un film de marionnettes sans son doublé et narré par les acteurs sur scène, accompagnés d’une batterie et d’une guitare électrique. Un concert rock pour marionnettes qui porte un regard satirique sur le tumultueux XIVe siècle.

Le silence des mères

Centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre.

Malgré sa structure un peu raide, cette pièce de Pietro Pizzuti développe avec finesse la nature des rapports mère-fille. Valérie Bauchau, Nicole Valberg et Suzy Falk donnent toutes leurs tripes pour incarner ce délicat tissu de sentiments, dans une mise en scène aux allures de gros plan, signée Christine Delmotte. Prix de la critique 2005-2006 dans la catégorie « Meilleur auteur » (Pietro Pizzuti).

Les monologues voilés

Centre culturel de Braine-l’Alleud ; centre culturel de Rochefort ; Théâtre du Gymnase, Tubize.

Quel bonheur de sensualité et de vérités bien envoyées que ce condensé de témoignages, rassemblés par la Hollandaise Adelheid Roosen dans le but de nous faire pénétrer dans l’intimité des femmes musulmanes, trop méconnues en Occident. Sans tabou, mais sans provocation non plus, trois comédiennes arabo-belges parlent plaisir, orgasme, amour, virginité ou mutilation, accompagnées musicalement par l’envoûtante Hassiba Halabi.

Les revenants

Théâtre des Martyrs.

Un peu froide au début, cette nouvelle adaptation de la pièce d’Ibsen ne tarde pas à prendre chair grâce à des interprètes remarquables faisant surgir toutes les nuances de cet affrontement entre cinq personnages voyant resurgir leur passé, bien différent de la vérité officielle.

L’oiseau bleu

Atelier 210.

Mise en scène par Isabelle Jonniaux, cette féerie fantasmagorique va muscler votre imagination. Quelques voiles et de mystérieux jeux de lumière suffisent à évoquer cette quête initiatique (et métaphorique) de Tyltyl à la recherche du bonheur. Minimaliste et pourtant propice à l’imaginaire, la pièce vous happe dans son univers magique. Nomination aux Prix de la critique 2007-2008 dans les catégories « Meilleure comédienne » (Véronique Dumont) et « Meilleur espoir masculin » (Clément Thirion).

Looking for Mister Castang

Théâtre Saint-Michel.

Après La folle et véritable vie de Luigi Prizotti, Edouard Baer nous livre un nouvel ovni théâtral entre music-hall, cirque, farce et comedia dell’arte, doublé d’une critique grinçante sur les dérives du show-biz et de l’Art avec un grand a.

Ma sœur ma juge

Atelier Théâtre de la Vie.

Michèle Nguyen porte à la scène le manuscrit Sans jugement, de Lise Bonvent, qui traite de la difficulté à juger quelqu’un, et en particulier des enfants et des ados en perte et en quête d’identitéd

Mozart vs Mozart

Palais des Beaux-Arts.

Le duo musical comique Ffortissimo, composé de Christophe Gillis et Bernard Vancreaynest, nous entraîne dans l’intimité des Mozart père et fils et nous relate, en une dizaine de tableaux musicaux, quelques épisodes de la grande et de la petite histoire de la vie du jeune prodige.

Pitié

Schouwburg, Courtrai.

Cette chorégraphie signée Alain Platel sur une composition musicale de Fabrizio Cassol s’inspire de la Passion selon saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach. Par les Ballets C de la B.

Planète

Théâtre Les Tanneurs

Ludique et raffinée, cadrée par les belles vidéos de Michèle Hubinon et investie par l'art de quatre comédiens-musiciens (batterie, guitare....), la mise en scène de Xavier Lukomski garde toute son étrangeté sertie d'humour et de poésie, à cet ovni russe qu'est Planète mis en orbite autour de réflexions fragmentées sur l'homme, la ville, le monde et sur le hasard et la nécessité de la rencontre avec l'autre.

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la condition humaine

Centre culturel des Riches-Claires.

Huit ans après Est-ce qu’on ne pourrait pas s’aimer un peu ?, le Théâtre Loyal du Trac revient avec un nouveau conte philo-z’euphorique. Enfermés dans la monotonie d’une vie répétitive et sans surprise, une femme, deux hommes et un poisson rouge attendent la fin, quand le poison rouge en a assez et décide de rejoindre l’océan.

Rambo solo

Buda Kunstencentrum, Courtrai.

Profondément marqué dans son enfance par le film Rambo : First blood, avec Sylvester Stallone, le comédien Zachary Oberzan a choisi d’en faire le récit, qui prend au fur et à mesure de la pièce l’accent d’une révélation personnelle. En anglais.

Rire est le propre de l’homme

XL-Théâtre - Théâtre du Grand Midi.

Bernard Damien s’attaque à Rabelais et à sa chronique tirée des Horribles et espouvantables faicts et prouesses du très renommé Pantagruel, roy des Dipsodes, fils du grant Gargantua.

Romeo and Juliet

Buda Kunstencentrum, Courtrai.

Pour cette version du drame de Shakespeare, Pavol Kiska et Kelly Copper, de la compagnie new-yorkaise Nature Theater of Oklahoma, ont demandé à des personnes de raconter l’histoire de Roméo et Juliette avec leurs propres mots .

En découle un spectacle à l’intrigue inattendue et aux changements de cap plus que surprenants. En anglais.

Sincères complaisances

Théâtre de Binche.

On rit à gorge déployée dans cette comédie de et par Odile Matthieu et Thierry De Coster, mise en scène avec deux bouts de ficelle et un sens comique des plus explosifs. Sans décor, les deux compères incarnent un couple sans histoires, prévisible, conformiste et matérialiste, jusqu’au jour où tout dérape. C’est hilarant, caustique et drôlement rythmé !

Spiegel

Koninklijke Vlaamse Schouwburg.

Avec neuf danseurs sur un plateau dépouillé au maximum, Wim Vandekeybus revisite vingt ans de sa compagnie Ultima Vez, à travers ce Spiegel (miroir) qu’il se tend à lui-même. On oublie vite l’aspect collage de l’ensemble dont toutes les pièces, pleines d’énergie et d’inventivité, semblent avoir été conçues pour vibrer à l’unisson.

Standing wave

Théâtre Varia.

Bud Blumenthal et ses danseurs surfent sur les ondes sonores délivrées par un quatuor à cordes, sur les harmonies, rythmes et mélodies, en une danse qui vit la musique de l’intérieur.

Un Faust

Théâtre de La Louvière.

Un texte dense, audacieux, intensément lyrique entre utopies et échecs d'une vie de militant, que la mise en scène de Lorent Wanson propulse sans manichéisme, avec fougue et humour entre le concret et symbolique, le mythique et l'humain, l'individualité et la choralité. Ses atouts: une scénographie de bois et de cordes aux multiples sens, le piano de Fabian Fiorini et une équipe de comédiens hors normes, dont Anne-Marie Loop et Christian Crahay, d'une justesse bouleversante.