Amy Winehouse, héroïne de roman

COLJON,THIERRY

Lundi 23 juillet 2012

LESLIVRESDUJOUR

Amy Winehouse, héroïne de roman

Il y a un an, aujourd’hui, mourait la chanteuse londonienne Amy Winehouse. L’examen légiste conclura à un arrêt cardiaque suite à une absorption massive d’alcool alors que son corps en était fraîchement désintoxiqué. Ce combat contre les addictions (la drogue et l’alcool jusqu’en 2008, uniquement l’alcool ensuite) est au cœur des deux livres paraissant à l’occasion de ce premier anniversaire.

Le premier, Black, par la journaliste française du magazine Rock’n’Folk, est un roman. Cet avertissement sert souvent d’argument pour un auteur n’ayant pas eu l’occasion d’approcher la personne dont il écrit la biographie. Avec Busty, c’est plus que cela. La journaliste a véritablement pénétré dans l’esprit de la chanteuse, se basant essentiellement sur ses interviews et la presse populaire anglaise pour les faits. Qu’importe le détail, Busty a une véritable plume de romancière et c’est avec grand plaisir qu’on suit le destin de cette fabuleuse chanteuse ultrasensible qui, dès la séparation de ses parents, souffrira d’un déséquilibre la poussant à boire plus que de raison, avant de tomber amoureuse d’un certain Blake, toxico notoire, qu’elle épousera et avec lequel elle vivra une relation des plus tumultueuses. On suit avec effroi cette descente aux enfers faite également d’une certaine légèreté, tellement Amy était une personne adorable (même avec les paparazzis campant en permanence devant chez elle), sincère, naïve et pas toujours raisonnable.

Amy Winehouse par son père Mitch

Amy Winehouse par son père Mitch L’autre livre est écrit par son père Mitch Winehouse, un chauffeur de taxi qui a toujours tenu à protéger sa fille d’elle-même, son confident qui s’essaiera un temps à la chanson avant de fonder, au lendemain du décès d’Amy, une fondation venant en aide aux ados souffrant d’addictions. Tout au long du livre, on assiste à l’impuissance d’un homme qui a tout fait pour sauver sa fille et la protéger (quitte à se montrer trop envahissant et à énerver l’intéressée). Il l’avoue : il a toujours été gaga de sa fille. Et Amy, qui adorait son père au point de se tatouer un Daddy’s Girl, le lui rendait bien. Très proches, ils l’étaient et il est très douloureux de suivre ce long chemin de croix d’une fille qui s’est battue contre son addiction à la drogue (jusqu’à s’en débarrasser en 2008, en même temps que son mari camé) et à l’alcool. Amy a tout essayé (des « rehabs » sans fin) pour plaire à son père et c’est sa dernière cure qui lui sera fatale car son corps n’a pas supporté une dernière rechute. Tous les parents qui ont eu à se battre de la même façon se reconnaîtront dans cette relation entre Mitch et Amy. Même si cela s’est mal terminé pour la chanteuse, le livre n’en est pas moins un message d’espoir.

Amy ma fille MITCH WINEHOUSE Flammarion. 350 p., 19,90 euros.

Amy ma fille

MITCH WINEHOUSE

Flammarion. 350 p., 19,90 euros.