Anderlecht est à sa place, la dernière

VOLPE,ANGELO; PAIROUX,ETIENNE; BERTI,CHRISTOPHE; LARSIMONT,FREDERIC

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Jeudi 7 décembre 2006

Ligue des champions Milan et Lille se qualifient

P.3 PAS de Coupe de l'UEFA pour le Sporting, incapable de battre l'AEK Athènes et qui quitte l'Europe sans gloire.

Anderlecht2

AEK Athènes2

Anderlecht espérait un cadeau de Saint-Nicolas du Milan AC contre Lille pour se qualifier pour la Coupe de l'UEFA, mercredi soir, mais au bout du compte, c'est bien le Sporting qui a fait une fleur aux Nordistes en prenant un point contre l'AEK Athènes, alors que l'équipe de Claude Puel gagnait dans le même temps à San Siro face à des Italiens démobilisés, assurant ainsi la première qualification de son histoire pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.

Pour Anderlecht, par contre, il ne s'agit pas d'une première, puisque le Sporting est 4e de son groupe pour... la 4e année d'affilée. Une place somme toute logique vu le parcours chaotique des Bruxellois, qui n'ont pas été capables de gagner un seul duel, qui ont été rejoints au score dans 3 matchs et qui ont encaissé 11 buts en 6 parties.

Evidemment, Anderlecht n'a pas été éliminé sur ce qu'il a montré mercredi soir - et encore... - mais sur l'ensemble de son « oeuvre », il ne méritait pas plus.

A cette équipe, il a manqué un peu de tout. De la qualité, avant tout, de l'expérience, sûrement, de la chance, celle-là même que forcent les grandes équipes. Et de l'efficacité, derrière comme devant. La preuve encore contre Athènes : en menant 2-0 à un quart d'heure du terme, un peu miraculeusement et beaucoup grâce à Frutos (une lueur dans la grisaille), les Mauves ont réussi à être rejoints en fin de match et ont failli perdre dans les arrêts de jeu, ce qui aurait d'ailleurs qualifié l'AEK. Mais on se demande quand même ce que cette équipe serait allée faire dans le Top 16 européen. Soit.

Le constat est là, cruel : Anderlecht est sa place en queue du groupe. Financièrement, les Bruxellois réalisent, comme d'habitude, une bonne opération, avec un bénéfice net qui avoisinera les 7 millions d'euros une fois déduits tous les frais. Mais, sportivement, ont-ils vraiment progressé ? Poser la question, c'est y répondre. Certes, les hommes de Vercauteren ont été moins ridicules que l'an passé, mais dans un groupe moins relevé. Et ce alors que la direction et le staff avaient dit qu'ils avaient « retenu la leçon du passé » et que les patrons mauves ont allégrement ouvert leur portefeuille pour « exister en C1 » et au moins passer l'hiver en Coupe d'Europe.

Ce matin, ce qui était l'un de leurs 3 objectifs de la saison est un échec. Malgré les transferts, malgré les efforts, malgré un tirage favorable, Anderlecht n'a pas redoré le blason d'un football belge dont le seul représentant printanier sur la scène continentale sera Zulte 15e en championnat.

Vercauteren en danger ? Certainement pas dans l'immédiat. Mais, quand ils devront prolonger le bail de leur coach, les dirigeants devront se poser la question : Anderlecht a-t-il progressé ?

Malgré la détermination de Frutos

Ligue des champions Quatrième partage européen pour Anderlecht

L'Argentin a permis à Vanden Borre d'ouvrir la marque avant d'inscrire lui-même le 2-0. Mais...

Remplacements :

Anderlecht. 65e : Boussoufa pour Hassan, 79e : Legear pour Frutos.

AEK Athènes. 50e : Lakis pour Kiriakidis, 58e : Hetemaj pour Julio Cesar, 58e Delibasic pour Manduca.

Arbitre : Fröjdfeldt (Suè).

Assistance : 20.800.

Buts : 38e : Vanden Borre (1-0), 64e : Frutos (2-0), 75e : Lakis (2-1), 81e : Cirillo (2-2).

Quelle tournure aurait pris ce dernier duel de Ligue des champions si Olivier Deschacht n'avait pas réussi, après cinq minutes seulement, un geste défensif de haute précision devant Julio Cesar ? Nul ne le saura jamais mais si le Sporting Anderlecht a rejoint les vestiaires, à la pause, avec un avantage d'un but, c'est en grande partie à son arrière gauche qu'il le doit.

Les seules actions offensives valables dessinées par les Bruxellois en première période ont en effet souvent été initiées par le Gantois qui n'a pas compté ses efforts pour amener du danger devant Sorrentino. Il faut cependant reconnaître que, une demi-heure durant, c'est l'AEK Athènes qui a eu la maîtrise du jeu sans pour autant réellement inquiéter Zitka.

Alors qu'Anderlecht semblait au plus mal, Nicolas Frutos n'a pas ménagé sa peine pour construire le premier but d'une partie qui tardait vraiment à démarrer. Tout a commencé par un geste technique en pivot à quarante mètres des buts de Sorrentino. L'Argentin a alors foncé tel un rugbyman vers le gardien athénien. Un contre favorable et la collaboration d'Hassan ont fini par favoriser Vanden Borre qui a bénéficié d'une sacrée dose de réussite pour donner l'avantage à Anderlecht.

Les Grecs, dans l'obligation de gagner au parc Astrid pour poursuivre l'aventure en C1, auraient pu revenir au score en fin de première mi-temps mais le coup franc de Tözser ne surprenait pas Zitka, très attentif pour couvrir son premier poteau.

Biglia, toujours sur phase arrêtée, aurait pu accroître sur coup franc les chances bruxelloises de remporter enfin un premier succès en Ligue des champions 2006 mais le portier de l'AEK démontrait une certaine faculté à planer.

Cela dit, Daniel Zitka sait aussi plonger au bon moment, comme l'atteste cet arrêt peu avant l'heure de jeu pour empêcher Tözser d'exulter. Frutos, auteur de son premier but en Ligue des champions à Athènes, trouvait également le chemin des filets au parc Astrid grâce au travail de Goor (centre) et Tchité (essai repoussé par Sorrentino).

Le moment d'inattention habituel d'Anderlecht en Coupe d'Europe est, cette fois, tombé à un quart d'heure du terme, ce qui a servi les intérêts de Lakis mais surtout de l'ensemble de l'équipe grecque qui n'a plus cessé de ménager une défense que Vercauteren avait pourtant prudemment étoffée.

Et ce qui devait arriver arriva quand Cirillo, un défenseur guère réputé pour son aptitude à marquer, s'improvisait attaquant de formation pour rétablir de manière spectaculaire l'égalité. Et priver ainsi Anderlecht d'une victoire qui, vu le résultat de Lille à Milan, aurait surtout eu une valeur honorifique.

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Entraîneur :

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Entraîneur :

A San Siro, Lille a dicté sa loi au Milan AC

Pour sa troisième participation à la Ligue des champions en cinq ans, Lille a réussi son pari : pour la première fois, il passe la phase des poules. Pour poursuivre son aventure en huitièmes de finale, le Losc devait tout simplement faire mieux que l'AEK Athènes au parc Astrid. Et il y est parvenu en maîtrisant parfaitement sa visite à San Siro où il s'est imposé méritoirement 0-2.

Déjà qualifié et assuré de la première place, le Milan AC était privé de 7 joueurs blessés dont Serginho (opéré mardi d'une hernie discale), Dida, Gattuso et autre Nesta et loupait son entrée en matière. Lille s'installait en effet résolument dans le camp italien et donnait un premier avertissement par Odemwingie à la 5e minute. Un ex-Louviérois qui, deux minutes plus tard, suivait un envoi de Bodmer mal repoussé par Kalac pour porter son équipe au commandement.

Mené au score, Milan prit la direction des opérations. Lille subissait le jeu le temps de laisser passer l'orage et de ressortir proprement le ballon pour aller porter, plus souvent que son adversaire, le danger devant Kalac. Comme ce fut surtout le cas en début de seconde période où Odemwingie, seul devant Kalac, ratait l'immanquable. Avec la montée au jeu de Seedorf et Kaka, Milan commençait à faire souffrir Lille, Inzaghi envoyant le ballon sur la barre transversale. Avant que Keita ne tuât tout suspens à la 67e (0-2).

Vercauteren : « On est en deçà de nos objectifs »

Entretien

Franky Vercauteren, n'aviez-vous pas tout en main pour arracher un premier succès en Ligue des champions cette saison ?

Au vu de notre première mi-temps, certainement. Mais après, c'est autre chose. En tout cas, mon équipe a fait tout ce qu'elle devait. Ou tout ce qu'elle pouvait, du moins.

Pour la troisième fois en l'espace de 6 matchs, Anderlecht a mené au score avant de se faire rejoindre. Comment expliquer ces effondrements à répétition ?

Par une addition de tout une série de facteurs.

Comme l'incapacité à soutenir le défi physique tout un match ?

On l'a vu ce soir, non ? Alors que l'on joue à un niveau relativement haut pendant une mi-temps, on se met à reculer, à subir le jeu. Cela résulte clairement d'un problème physique. A la pause, des garçons étaient malades et certains n'avaient clairement pas su gérer leurs efforts.

D'où le passage à une défense à cinq, qui a surpris beaucoup de monde, à commencer par les joueurs qui ont affiché un manque de repères ?

C'était indispensable. On commençait à prendre l'eau par les flancs et l'AEK a changé de système en attaque. De plus, nous reculions. Il fallait stabiliser la situation derrière. Au bout du compte, on prend à nouveau deux buts évitables. Je vous parlais d'une foule de petits détails. La concentration et le jeu de position sont autant d'éléments qui peuvent permettre à une équipe d'économiser de l'énergie.

Anderlecht est-il à sa place en queue de classement ?

Je ne vous livrerai aucune échelle de valeur ce soir. Ni demain, d'ailleurs. On va prendre le temps d'analyser entre nous cette campagne européenne qui a pris fin sans que nous ayons toutes les données en main.

La réalité est pourtant là...

Je ne vais pas vous donner une autre vérité que la réalité : le Sporting est clairement en deçà de ses objectifs. On espérait pouvoir se battre pour la 2e place, on pouvait largement revendiquer la 3eplace. ce n'est pas le cas. Malheureusement.

La démobilisation de Milan a-t-elle achevé de couler le Sporting ?

Le calendrier ne nous était pas favorable, on le savait depuis longtemps. Mais ce n'est pas une excuse à faire valoir.

Frutos : « Nous manquons d'intelligence dans notre jeu »

échos

Attendu comme le Messie, Nicolas Frutos a marqué un but avant de faire le bilan de la Ligue des champions. « Nous manquons d'intelligence dans notre jeu. Tout le monde dit que je suis important pour l'équipe mais je n'ai jusqu'ici disputé que deux bonnes parties : à Athènes et ce mercredi soir. Il nous reste deux objectifs : le championnat et la coupe de Belgique. »

En direct du parc Astrid

Van Holsbeeck. « Je suis déçu du résultat car quand on mène 2-0 à vingt minutes de la fin et qu'on se fait rejoindre, cela laisse un goût amer. Mais dans ce genre de match, on voit les lacunes de l'équipe. Maintenant, on doit regarder si on doit renforcer ce noyau à terme. On sait quel type de joueur on veut, mais c'est aussi une question de budget. Cela dit, les rencontres face à Athènes et Lille ont montré qu'on pouvait arriver à la deuxième place. Mais à ce niveau, toutes les formations peuvent garder le zéro derrière et la moindre erreur se paye comptant. »

Vercauteren. Il s'est tellement énervé lorsque, après 15 minutes, les résultats des autres rencontres (et donc le 0-1 de Lille au Milan AC) ont défilé sur le marquoir qu'il a carrément interdit au responsable d'encore informer le public.

Boussoufa. « Nous encaissons, comme cela a trop souvent été le cas dans cette compétition, deux bêtes buts. Dommage vraiment d'avoir manqué cette occasion de récompenser notre public avec une victoire qui aurait pu aussi se dessiner en fin de match. »

De Man. « En première période, les deux équipes se sont montrées trop bien organisées pour que le public assiste à un grand spectacle avec des chances de but. Mais, lorsque Frutos a fait 2-0, les espaces se sont créé et autant Athènes que nous avons eu la balle du K-O au bout du pied. Je crois que le coach a choisi la bonne option en renforçant la défense en fin de partie car on n'arrivait vraiment plus à sortir. Même si une grande déception nous habite, nous avons au moins prouvé cette saison qu'Anderlecht avait le potentiel pour rivaliser avec les meilleures formations européennes. »

Goor. « Quand, à ce niveau, on parvient à se forger un avantage de deux buts, on se doit de l'emporter. Nous manquons encore de maturité pour gérer 90 minutes d'un match d'une telle intensité. Le but égalisateur d'Athènes n'est pas imputable à une seule personne mais à tout le groupe : il n'y avait pas un adversaire de libre mais au moins deux ou trois. »(A. Vo.)