Anderlecht un mois sans Boussoufa

BERTI,CHRISTOPHE

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Samedi 6 novembre 2010

Division 1 Adrie Koster joue-t-il sa tête au parc Astrid dimanche ?

Athènes

de notre envoyé spécial

Le sourire est de circonstance. Vendredi matin, à l’aéroport d’Athènes, Mbark Boussoufa porte bien a tenue officielle d’Anderlecht, costume noir et cravate mauve, mais sa chaussure gauche est remplacée par une grosse protection pour sa cheville meurtrie. « Je ressens encore une forte douleur, explique-t-il, un rien désabusé. Le ligament est touché. C’est la vie… »

Blessé jeudi soir par les différentes interventions – souvent limites – des joueurs de l’AEK, le meneur de jeu d’Anderlecht a passé des examens dans la nuit. Ceux-ci sont incomplets et il en faudra d’autres, ce samedi, pour préciser l’ampleur des dégâts, mais le premier pronostic est déjà très net : Boussoufa ne jouera pas pendant un mois. « J’ai été matraqué par les Grecs, regrette-t-il. Même l’entraîneur de l’AEK y a mis du sien en excitant ses joueurs et en influençant l’arbitre. Il a osé dire que je faisais de la comédie. Regardez ma cheville… »

Ariël Jacobs ne tient pas un autre discours. « Dès le début du match, j’ai compris que l’objectif était de casser Mbark. C’est pour cela que je suis intervenu souvent auprès du 4e arbitre. Mais en vain. Si le référée avait donné une carte très vite, rien ne se serait produit. Quand je vois que Legear reçoit une jaune pour une faute bénigne, je me pose des questions. »

Et l’entraîneur mauve n’a pas fini de s’en poser car, pour la première fois depuis qu’il est coach principal au Sporting, il va être confronté à une absence prolongée de son maître à jouer. Un Boussoufa que l’on critique parfois – notamment dans ces colonnes – pour ses prestations moyennes dans les grands matchs, mais qui risque de manquer beaucoup aux siens dans des rencontres très importantes, à commencer par celle de dimanche contre Bruges. « Personne n’est irremplaçable et Anderlecht, au niveau belge, ne peut pas se plaindre des blessures vu son noyau, poursuit Jacobs. Mais il est clair que Mbark est un joueur particulier et très important. Il faudra sans doute changer la tactique car je ne dispose pas d’élément avec les mêmes caractéristiques que lui. Le problème, c’est que Biglia n’est pas là non plus, que Polak est également touché (NDLR : contracture au mollet) et que Legear et Lukaku restent fragiles. Il faudra donc avoir une vision claire du noyau disponible dans les prochains matchs avant de décider de la tactique. Avec sans doute l’obligation de bricoler un peu… »

Coup sur coup, Anderlecht vient de perdre Deschacht, Biglia et, donc, Boussoufa. Soit les trois capitaines. Une « malédiction » qui obligera le staff mauve à faire preuve d’imagination. « Il faudra à nouveau retrouver un équilibre, intervient Herman Van Holsbeeck. Et compter sur Suarez pour remplacer Boussoufa. L’Argentin rongeait son frein sur le banc depuis deux semaines, mais j’ai apprécié sa réaction lors de sa montée au jeu à Athènes. A lui de prendre sa chance. »

A propos de chance, c’est peut-être la dernière d’Adrie Koster, l’entraîneur de Bruges, sous le feu des critiques à l’Olympiapark. Le Néerlandais est soutenu par ses supporters et sa direction (qui se pose par contre plus de questions sur la qualité de ses adjoints) mais la pression est énorme sur ses épaules. En cas de défaite au parc Astrid, il se retrouverait à 10 points d’Anderlecht après 14 matchs. Vous avouerez que c’est beaucoup.

« Il y a trois semaines, nous étions en pleine crise et on disait que le match à domicile contre l’AEK était un couperet, rappelle Van Holsbeeck. Depuis lors, nous n’avons plus perdu un match, on garde nos chances en Europe et on est à 2 points de Genk. Cela pour dire que je me méfie du match de dimanche : Bruges est une bête blessée qui voudra réagir. En outre, si nous perdons Boussoufa, Bruges récupère Vargas et Vadis, ce qui n’est pas rien. »

Sélection

Le dilemme de Biglia

Lucas Biglia rêve depuis des années – et on le comprend – d’une sélection en équipe nationale argentine. Un rêve qui vient de se concrétiser puisque le médian mauve est convoqué pour Argentine-Brésil, match amical du 17 novembre au Qatar. Problème : il est blessé. Et Boussoufa est lui aussi sur le flanc pour un mois. D’un côté, Biglia veut tout faire pour pouvoir jouer le 17 avec l’Albiceleste, mais de l’autre, Anderlecht craint qu’il ne « force » trop son retour et qu’il ne se reblesse alors que dans le contexte actuel, le Sporting a besoin de lui. « Je ne veux pas l’empêcher de jouer un match qui est plus qu’une rencontre amicale, je ne comprends, explique Jacobs. Mais Lucas doit être assez malin pour mettre sur la balance ses intérêts personnels et ceux de son club. »