Anne Barzin : « L'équilibre reste précaire »

BODART,CORINNE

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Mardi 26 juin 2007

Namur Présentation du budget 2007 « bis » de la capitale wallonne

Le collège n'était pas en mesure de porter un budget équilibré à l'arraché, et a opté pour la technique en deux temps de l'épaulé-jeté, indiquée pour les charges les plus lourdes. » Le bourgmestre de Namur, Jacques Étienne (CDH), a eu recours à l'haltérophilie pour expliquer pourquoi le collège présente au conseil, ce mercredi soir, une nouvelle mouture du budget 2007.

Mouture qui, cette fois, présente un léger boni à l'exercice propre d'environ 315.000 euros en lieu et place d'un mali de 7 millions d'euros. Et qui permet de compenser le mali des exercices antérieurs. Donc de présenter un résultat au global en équilibre.

Tout ceci est bien technique. Mais c'est bien pour une raison tout aussi peu parlante pour le commun des mortels que le budget 2007, présenté le 26 mars dernier, a été recalé par l'autorité de tutelle. En effet, celui-ci était présenté en déséquilibre au global, ce que la loi ne tolère pas.

Pourquoi avoir présenté un budget que l'on savait condamné d'avance ? « C'était un geste politique de revendication », rappelle Jacques Étienne. « Une façon d'objectiver avec la solennité d'un vote démocratique l'état de sous-financement structurel de notre commune. »

Et d'ajouter : « C'était aussi le moyen le plus indiqué d'amorcer une phase de dialogue avec le ministre régional des Affaires intérieures. » La tactique a-t-elle été payante ? Apparemment oui puisque parmi les quelque 6.500.000 euros de recettes supplémentaires trouvées, il y a une aide Tonus augmentée de 3,171 millions d'euros. D'autres calculs au plus serré ont permis de dégager de nouvelles recettes. Sans augmentation fiscale. Ni coups de sabre dans les crédits destinés à financer les politiques de la majorité (CDH/Écolo/MR) ou les services aux citoyens. « La différence entre les deux versions tient essentiellement à de nouveaux apports de recettes et à l'ajustement indolore de certaines dépenses », précise le maïeur.

Des dépenses qui, elles, diminuent de 800.000 euros dans deux secteurs de transferts « obligatoires » : la police et le CPAS dont les résultats positifs des comptes permettent cette économie.

Doit-on en déduire qu'un mali de 7 millions d'euros sur un budget de 144 millions, ce n'était pas si difficile à combler ? « Cela reste quand même beaucoup », réagit Anne Barzin, l'échevine des Finances (MR). « Surtout que les premières prévisions budgétaires parlaient d'un déficit de 15 millions. Et que nous avons dû faire des efforts pour le réduire à 7. En outre, nous n'avons plus de bas de laine. L'équilibre de ce jour reste précaire ».

« Nous devons continuer à revendiquer pour Namur une pérennisation et une revalorisation des aides régionales ». Et de conclure : « Ce budget 2007 est un budget de transition en attendant une révision du fonds des communes ».