ANNONCE OFFICIELLE DE JACQUES CHIRAC FRANCE:L'ULTIME CAMPAGNE NUCLEAIRE EST TERMINEE

ASSOCIATED PRESS; AFP

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Mardi 30 janvier 1996

Annonce officielle de Jacques Chirac

France : l'ultime campagne

nucléaire est terminée

Mes chers compatriotes, je vous annonce aujourd'hui l'arrêt définitif des essais nucléaires français. Jacques Chirac a ponctué, hier soir, les rumeurs qui couraient depuis la matinée sur l'annonce imminente de la fin de la «dernière campagne» française. Grâce à l'ultime série qui vient d'être effectuée, a expliqué le président, la France disposera durablement d'une défense fiable et moderne. La sécurité de notre pays, celle de nos enfants, est assurée. Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'avoir accompli l'un des premiers devoirs de ma charge en donnant à la France, pour les décennies qui viennent, les moyens de son indépendance.

C'est le 13 juin dernier que Jacques Chirac, à peine élu, annonçait que la France procéderait à une série de huit essais dans le Pacifique entre septembre 1995 et mai 1996, brisant ainsi le moratoire décidé en 1992 par son prédécesseur François Mitterrand. Cette ultime campagne de tirs avait pour objectif de valider la tête nucléaire TN-75 devant équiper les missiles embarqués dans les sous-marins de la nouvelle génération, et de mettre au point la simulation d'explosions nucléaires en laboratoire. M. Chirac avait affirmé parallèlement que la France signerait sans réserve le Traité d'interdiction totale des essais nucléaires (CTBT), dont les termes sont en cours de discussion à Genève.

Le dernier et sixième tir de cette série, le plus puissant (120 kt), a eu lieu, samedi, sur l'atoll de Fangataufa, en Polynésie française, à 40 km au sud-est de Mururoa; un essai destiné à garantir dans le futur la sûreté et la fiabilité des armes. La campagne avait débuté le 5 septembre 1995 sur l'atoll de Mururoa. L'énergie dégagée avait été la plus faible de la série (20 kt). Quatre autres essais avaient eu lieu le 2 octobre, à Fangataufa, le 27 octobre, le 21 novembre, puis le 27 décembre à Mururoa.

Début janvier, devant le corps diplomatique, M. Chirac avait fixé le terme «avant la fin février». Le 24 octobre 1995, le chef de l'Etat avait déclaré que la France pouvait «probablement» se contenter de six essais nucléaires au lieu des huit prévus.

Après chacun de ses tirs, la France avait essuyé de vives critiques, notamment de la part des pays du Pacifique Sud, comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, ou des écologistes de Greenpeace - qui a été la plus rapide à réagir hier soir, en se félicitant de l'annonce de Jacques Chirac. (AP, AFP.)