Antichrist

STIERS,DIDIER; MANCHE,PHILIPPE; BRADFER,FABIENNE; CROUSSE,NICOLAS

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Mercredi 23 septembre 2009

Antichrist

De Lars von Trier, avec Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe, 104 mn.

Excepté quelques dérives de sorcellerie mystico-fantasmagorique qui nous largue quelque peu, le film de Lars von Trier flirte souvent avec le chef d’oeuvre. Mais ce film de malade, imaginé pour sortir d’une dépression, n’est pas à mettre devant tous les yeux. Car le réalisateur danois qui sublime l’horreur absolue, entraîne le spectateur du côté de ses peurs profondes. D’emblée, ça fout la trouille. D’où rejet possible comme forme de défense!

Bancs publics

De Bruno Podalydès, avec Denis Podalydès, Chantal lauby, Mathieu Amalric, Thierry Lhermitte, Catherine Deneuve, Bruno Solo...115 mn.

Sympathique et originale comédie burlesque . Ronde urbaine qui passe d’un immeuble de bureaux aux bancs d’un jardin public à un magasin de bricolage. Comédie humaine faite d’amoureux graves, de solitaires enjoués, de joueurs de tous âges. Avec un casting à faire rougir de jalousie.

Dernier maquis

De Rabah Ameur-Zaïmeche, avec Rabah et Salim Ameur-Zaïmeche, Abel Jafri, 93 mn.

Mao, patron d’une petite entreprise à la fois dépôt de palettes et atelier de mécanique, met un local de prières à la disposition de ses ouvriers, mais entend aussi tous les convertir à l’Islam par le biais de l’imam qu’il a lui-même désigné... Un thème délicat, qui aurait pu accoucher d’un film politico-social fort s’il n’avait été agrémenté de ces longueurs naturalisantes.

Destination finale 4

De David R. Ellis, avec Bobby Campo, Nick Zano, Shantel Van Santen, 90 mn.

Afin de rebooster la série (le troisième volet n’était franchement pas terrible), les producteurs ont jouer la carte de la 3D. On voit donc que le film a été fait pour la 3D. Le hic, chez nous, on le regarde sans chausser les lunettes magiques. Nettement moins drôle et moins fun malgré un démarrage foudroyant.

Etreintes brisées

De Pedro Almodovar, avec Penélope Cruz, 129 mn.

Laissez-vous faire. Laissez-vous étreindre par cette histoire vénéneuse, trouble et troublante, émouvante et terrible qui met un film dans le film, passe de la comédie légère au drame le plus noir, nous emmène sur la terre volcanique de Lanzarote, filme un couple d’amoureux avec un romantisme absolu et nous fait rencontrer un cinéaste devenu écrivain suite à un accident de voiture qui lui coûta la vue et la femme de sa vie. Sur ce canevas original qui emprunte autant à Hitchcock qu’à Douglas Sirk, Pedro Almodovar continue d’explorer ses propres obsessions. Et c’est magnifique.

Genova

De Michael Winterbottom avec Colin Firth, Catherine Keener, Hope Davis, 95 mn.

Un joli petit film, intimiste et tout en sensibilité, sur l’errance douloureuse dans la ville de Genoa d’une famille (un homme et ses deux filles) accablée par la mort récente de la Maman.

Goodbye solo

De Ramin Bahrani, avec Red West, Souleymane Savane, 91 mn.

Un moment d’humanité dans un monde de brutes. Avec un chauffeur de taxi noir vivant en Caroline du Nord et un passager blanc, sudiste, septuagénaire, ayant pour but de se suicider en haut d’une montagne. Une façon de mesurer les écarts sociaux, ethniques, générationnels et de pointer du doigt la société américaines et les limites de son rêve.

IInglourious basterds

De Quentin Tarantino, avec Christoph Waltz, Brad Pitt, Diane Kruger, Mélanie Laurent, 148 mn.

Il était une fois l’Allemagne nazie... Le nouveau Tarantino n’est pas tout à fait un film de guerre. C’est un conte cruel mettant en scène, dans la France occupée, une bande de « basterds, une héroïne juive par qui la vengeance arrive, une actrice allemande jouant double jeu et un méchant de catégorie supérieure. Même si on a l’impression que le géant accouche d’une souris après une scène d’intro de dix minutes grandioses, on ne s’embête pas à cette comédie faisant feu de tout bois et explosant la réalité historique.

Johnny Mad Dog

De Jean-Stéphane Sauvaire, avec Christophe Minie, Daisy Vandy, Dagbeh Tweh, 95 mn.

Une plongée frénétique dans la guerre civile qui a traumatisé le Liberia, ses exactions et ses enfants-soldats.

L’apprenti

De Samuel Collardey, avec Mathieu Bulle, Paul Barbier, 82 mn.

Inscrit dans un lycée agricole, Mathieu passe une partie de sa scolarité dans une petite exploitation dont le propriétaire remplacerait bien le père qu’il ne voit jamais. Entre documentaire et fiction réaliste, cet Apprenti raconte une adolescence difficile et séduit par sa simplicité autant que son honnêteté.

La proposition (The proposal)

D’Anne Fletcher, avec Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Michael Nouri, 107 mn.

Pour ne pas être expulsée vers son Canada natal, une éditrice tyrannique contraint son assistant à jouer au couple de fiancés. Le garçon accepte, voyant là l’occasion de lui faire payer ses humiliations quotidiennes... Il faut du temps aux deux acteurs principaux pour nous convaincre de leur potentiel comique, dans cette comédie romantique très formatée.

Le coach

De Olivier Doran avec Jean-Paul Rouve, Richard Berry, Anne Marivin, Mélanie Bernier, 88 mn.

Chêne , coach renommé qui accumule les succès professionnels, est censé transformer Marmignon, une sympathique « clette » en loup aux dents longues. Comédie de contraste sans surprise et savoureusement défendue par Jean-Paul Rouve et Richard Berry.

Le petit chat curieux (Komaneko)

De Tsuneo Goda, 60 mn.

Pourquoi ne pas donner du grand art aux tout-petits ? Avec cinq courts métrages qui en font un long. Avec comme héros, un chaton inventif et curieux. Voici un film d’éveil, animation artisanale japonaise plein d’humeurs, de couleurs et de douceur.

Les tremblements lointains

De Manuel Poutte, avec Daniel Duval, Amélie Daure, Jean-François Stévenin, Papa Ndiaye, 104 mn.

Quelle place pour l’animisme en 2009, quelle place pour le rationnel dans les cultures africaines ? C’est un peu à ces questions que s’attache le réalisateur belge, le temps d’un voyage au fil du fleuve. Un voyage aussi physique que spirituel.

9 (Numéro 9)

De Shane Acker, avec les voix d’Elijah Wood, Martin Landau, Jennifer Connelly, 80 mn.

Les machines ont pris le pouvoir sur une Terre ravagée par la guerre. Les seules créatures survivantes sont des poupées animées par un scientifique défunt. C’est pourtant sur leurs frêles épaules que repose le destin de l’humanité. Et tout le cachet d’un film d’animation dont la technique et l’émotion pallient sans souci un scénario aux ressorts science-fictionnesques des plus classiques.

Panique au village

De Stéphane Aubier et Vincent Patar, avec les voix de Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners, Jeanne Balibar, 75 mn.

Fidèle à l’esprit de la série, ce premier long d’animation des « Pic Pic » est drôle, vif, ludique, inventif, frénétique, délirant, poétique et unique. Brillant !

Partir

De Catherine Corsini, avec Kristin Scott-Thomas, Sergi Lopez, Yvan Attal, 85 mn.

C’est l’histoire d’une attraction immédiate et violente,d ’une passion dévorante dans un décor de soleil appartenant au Sud de la France.

C’est une douloureuse histoire d’amour et un poignant drame familial que Catherine Corsini raconte avec maîtrise, élégance et sensibilité. Au coeur de cette tourmente, Kristin Scott-Thomas, magnifique.

Public enemies

De Michael Mann avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard, David Wenham, 143 mn.

Après un Miami Vice en mineur, Michael Mann retrouve son vrai niveau, avec cette variation réussie sur la vie de John Dilinger, le mythique braqueur de banques. Bande orginale solide, stylisation craquante, et un duel (Depp / Bale) qui tient ses promesses.

14 kilomètres

De Gerardo Olivares avec Mahamadou Alzouma, Aminata Kanta et Adoum Moussa, 95 mn.

Le rêve européen vu par trois Africains, prêts à tout pour le décrocher. A commencer par traverser le continent noir dans des conditions souvent inhumaines. Un film très prenant, qui a le grand mérite de nous sensibiliser aux réalités Nord- Sud sans verser dans le prêchi-prêcha.

The september issue

De R. J. Cutler, 90 mn.

Envie de savoir qui est vraiment Anna Wintour, rédactrice en chef du Vogue ? Vous en apprendrez un peu plus sur ce personnage incontournable dans l’univers de la mode, notamment par le biais de témoignages saisissants et de la manière dont se boucle une édition capitale, celle de la rentrée de septembre.

The taking of Pelham 1-2-3 (L’ultime station)

De Tony Scott, avec John Travolta, Denzel Washington, John Turturro, 105 mn.

Que se passe-t-il quand un yuppie déchu prend en otage une rame de métro à New York et que son seul interlocuteur est un dispatcheur au trouble passé? Un prenant numéro d’acteurs mis en scène par Tony Scott dans un film où, pour une fois, ce n’est pas tellement l’action qui prime.

Un prophète

De Jacques Audiard, avec Niels Arestrup, Tahar Rahilm, 150 mn.

Deux heures trente d’une intensité remarquable. En nous envoyant à l’ombre ! Fort, très fort. Au centre du film, une petite frappe de 19 ans, analphabète, sans famille, sans amis, sans histoire. Un héros très discret qui va apprendre comment travailler « pour sa gueule » en utilisant son intelligence, faute de puissance. Cela donne un film de genre magistral.

Vacances à la grecque (My life in ruins)

De Donald Petrie, avec Nia Vardalos, 96 mn.

Chemin de croix que de suivre cette jeune Américaine paumée dans sa vie, guide touristique en Grèce faute d’avoir une place d’enseignante d’histoire. Chemin de croix aussi de la voir flanquée d’une poignée de touristes plus caricaturaux les uns que les autres. On sait où tout cela va et nous, on sort en ruine !

Z32

D’Avi Mograbi, avec Avi Mograbi, 81 mn.

Un ex soldat de Tsahal confesse, face caméra, la sanglante opération de représailles à laquelle il a pris part. Et cherche une sorte de pardon. Masques 3D apposés sur le visage des intervenants et séquences chantées par Mograbi lui-même suffise au réalisateur israélien pour faire de ce documentaire un lancinant questionnement sur l’autorité et la violence.