Mrax : le CA en toute confiance

DORZEE,HUGUES

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Jeudi 3 décembre 2009

Antiracisme L’assemblée générale a voté par 64 voix pour, 13 contre et 7 abstentions

Quelques membres privés du droit de vote parce qu’ils n’étaient pas en règle de cotisation. Un journaliste free-lance prié de respecter le huis clos. La police appelée sur place. Des interventions virulentes. Et, au bout du compte, un conseil d’administration confirmé dans ses fonctions.

Mardi soir, à Saint-Gilles, les murs de la Maison des femmes, ont sérieusement tremblé. Après six heures (!) de pourparlers et de débats, le Mouvement contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme (Mrax), a mis un terme à une AG extraordinaire orageuse, et voté trois motions.

L’une, dite « de confiance », a confirmé le conseil d’administration actuel (réduit à 8 membres sur 13, les autres étant démissionnaires) par 64 voix pour, 13 contre, et 7 abstentions. La deuxième motion confie à ce même CA la charge de réformer les statuts de l’ASBL, son règlement d’ordre intérieur et son règlement de travail. La troisième approuve la tenue d’une nouvelle conciliation interne visant à débloquer le conflit social qui oppose depuis plusieurs mois la majorité des travailleurs et le conseil d’administration. Un groupe de travail de huit personnes (composé des membres du CA, de l’AG et des syndicats) étant chargé d’apaiser les esprits.

« Le CA (et par là même le Bureau et le Président) est ainsi pleinement restauré dans sa légitimité et son autorité », s’est réjoui Radouane Bouhlal, président du Mrax. Qui entend désormais mettre sur pied une structure « rénovée, efficace et professionnelle ».

Au total, 299 convocations avaient été envoyées. Seuls 64 membres étaient présents et 32 avaient transmis une procuration. C’est peu. Le CA, de son côté, avait largement mobilisé ses partisans. Et, comme le prévoit les statuts de l’ASBL, seuls les membres effectifs en règle de cotisation et/ou qui n’étaient pas « réputés démissionnaires » pouvaient voter. Un règlement appliqué à la lettre…

« Tout était joué d’avance, déplore Michel Staszewski, administrateur démissionnaire. Le Bureau avait tout cadenassé. Le temps de parole de ses opposants était limité ». « Personne n’écoutait personne, ajoute Didier de Laveleye, le directeur du Mrax licencié récemment. Le Bureau n’a eu cesse de multiplier les attaques et de disqualifier le personnel ». Le Bureau du Mrax y voit, lui, des interventions « tantôt critiques, tantôt constructives… et toujours franches ».

Dialogue de sourds ? Sans aucun doute. Chacun campant sur ses positions : les travailleurs critiquant la gestion du CA et celui-ci répliquant durement. Et maintenant ? Radouane Bouhlal et son équipe ont sept mois pour finaliser leur mandat. Une AG élective est prévue en juin 2010. D’ici là, des réformes sont annoncées. Dans quel sens ? l’AG n’en a pas débattu. Un nouveau directeur devra être engagé. Et le Mrax tentera de panser ses plaies.

« Il n’y a eu aucune remise en question de leurs erreurs », déplore les permanents. « L’AG est le pouvoir souverain de l’association » réplique Radouane Bouhlal. Qui a publiquement tracé le chemin de son successeur : une personnalité issue d’une « minorité ethnique » et soucieuse de poursuivre la ligne politique engagée (un mouvement « indépendant, pluraliste et populaire »).

D’ici là, l’enquête administrative menée par la Communauté française devrait être bouclée.

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