Archives RTBF : un débat majeur

n.c.

Lundi 4 mai 2009

Une question d’archives qualifiée de « temps fort » par un quotidien national (Le Soir du 22 avril) ne peut que nous réjouir. Dans le même temps naissent et se concrétisent des initiatives prises sur le plan politique avec un projet de loi fédéral sur les archives ou, plus récemment, une ordonnance en Région bruxelloise. Ici et là se débloquent d’importants subsides et se développent d’ambitieuses campagnes de sauvegarde, dont celle des archives de la RTBF n’est pas des moindres. Les archives auraient donc actuellement le vent en poupe ? Les difficultés concrètes auxquelles sont cependant quotidiennement confrontés nombre de représentants de la profession d’archiviste ne doivent pas pour autant être négligées : des arriérés de classement, un désintérêt évident voire un certain mépris émanant d’autorités directes, une détérioration rapide des supports développés après-guerre (dont les archives audiovisuelles), la gestion des archives nées ou devenues numériques, l’émiettement des compétences en matière de contrôle, de gestion, de conservation, d’élimination ou de mise à disposition. Dans ce contexte, nous ne pouvons qu’abonder dans le sens des inquiétudes qui, déjà, portent ombrage au sauvetage de la mémoire audiovisuelle de la RTBF. D’une part, un comité de sélection, dont la composition resterait encore bien vague,

aurait droit de vie et de mort sur certains pans de son – de notre – passé. De l’autre, peu de cas serait fait des supports analogiques originaux désormais jugés sans intérêt. Une mémoire bien courte lorsque, comme le souligne Alain Jennotte, on se souvient des précautions qui avaient été prises par les firmes de disques avec nos anciens vinyles.

Dans ce débat mémoriel, peu d’espace également attribué à la concertation. Seul organe représentatif du monde archivistique francophone, l’Association des Archivistes Francophones de Belgique (AAFB) n’a pas fait l’objet d’une quelconque consultation. Relativement jeune au regard de la Vlaamse Vereniging voor Bibliotheek –, Archief- en Documentatiewezen (VVBAD), sa consœur néerlandophone, l’AAFB a cependant, depuis sa création en 2005, rassemblé et fédéré une centaine de membres actifs dans les secteurs privé, public (communes, CPAS, musées, institutions fédérales, etc.) ou encore associatif. Le cas précis des archives de la RTBF nécessite une vision à long terme et éloignée des intérêts du moment. Il serait dès lors extrêmement dommage de se passer de l’expertise disponible et, surtout, de ne pas jouer le jeu de la transparence ainsi que de l’ouverture pleine et entière aux professionnels du secteur. À quoi sert-il d’avoir des organisations professionnelles en Communauté française si elles ne sont pas consultées lors des débats majeurs qui les concernent ? Transparence, concertation et communication restent un triptyque essentiel. Les approches communes en des domaines à ce point complexes, si elles ne sont malheureusement pas toujours légion, se sont révélées fructueuses et porteuses de réflexions constructives. L’exemple du très récent colloque sur le thème du devenir

des dossiers individuels de la Police des étrangers, organisé par les Archives générales du Royaume, est là pour nous le rappeler.

Membres du CA de l’AAFB

Courrier

Soutien à Rudy Nzimo

Comment diminuer l’afflux d’immigrés africains en Europe ? En participant activement au développement et à l’ouverture de l’Afrique ou en fermant hermétiquement nos frontières ?

Comment contribuer au développement de l’Afrique ? En formant des Africains dynamiques qui créeront des entreprises et des emplois chez eux ou en jugeant de la capacité d’un homme sur la qualité de la photo de sa carte d’identité ?

Comment contribuer au développement de la Belgique ? En permettant à de jeunes étrangers d’accomplir leurs études chez nous et d’être ainsi un trait d’union entre leur culture et la nôtre, pouvant déboucher sur de nouvelles collaborations ou en conservant une image fermée (…) ?

Comment gérer au mieux le déjà trop maigre budget de l’éducation ? En faisant en sorte que des jeunes motivés mais sans moyens puissent achever leurs études ou en rendant inutiles plusieurs années (plus de 5 dans ce cas-ci) d’investissement en formation ?

Rudy Nzimo, étudiant camerounais en dernière année d’ingénieur à l’ULB, attend depuis plus de trois semaines de pouvoir ré-entrer sur le territoire belge pour y achever ses études, tout cela au départ pour une photo d’identité jugée pas conforme.

S’il le faut, nous donnons rendez-vous à tous ceux qui croient à l’importance de l’éducation dans le développement humain dans un centre fermé pour assister à ses 3 derniers examens (légalement publics) et à sa proclamation. (…)

L’Association des Ingénieurs sortis de l’Université libre de Bruxelles (A.Ir.Br.), soutient Rudy Nzimo, les autorités de l’ULB, les responsables politiques, ses amis et tous les étudiants qui, comme lui, feront l’Afrique et la coopération de demain. (…)

Président de l’A.Ir.Br.

Obésité et transports publics

J’ai terminé la lecture de l’article « Un billet d’avion surtaxé pour les voyageurs obèses ? » (Le Soir du 24 avril) et je me trouve face à un dilemme : faut-il réagir à cet article et alimenter la polémique en faisant à une certaine compagnie aérienne une publicité certaine à moindres frais ou se taire au risque de laisser banaliser une idée aberrante qui créerait, à mon avis, un dangereux précédent ? (…)

L’appel lancé par la compagnie via son site web en vue de réaliser des économies ressemble furieusement à un appel en vue de faire des profits supplémentaires, et ce n’est, me semble-t-il, pas tout à fait pareil. (…)

L’obésité est qualifiée de « maladie chronique » par l’OMS depuis 1997. Je peux me tromper, mais il me semble que c’est au Moyen-Âge qu’on punissait les malades au lieu de les soigner, et je pensais, à tort sans doute, que ces temps-là étaient révolus. De quoi l’obèse est-il coupable ? (…)

Cette histoire de siège dans un transport public lié au tour de taille me fait furieusement (vraiment furieusement cette fois) penser à une autre histoire de siège dans un transport public lié à la teinte de la peau. (…)

Bruxelles