Ariël Jacobs : « Le nom de Lukaku n’a jamais été cité à Copenhague »

BUSIAU,THOMAS

Mercredi 4 juillet 2012

L’ancien entraîneur d’Anderlecht a reçu Le Soir en Autriche pour sa première interview individuelle depuis plus d’un an.

Actuellement en stage à Bad Radkersburg (Autriche) avec son nouveau club de Copenhague, Ariël Jacobs (58 ans) a reçu Le Soir lundi pour évoquer sa nouvelle mission et retracer les dernières lignes de son histoire à Anderlecht. « J’ai rapidement reçu des offres des pays du Golfe mais recevoir sporadiquement la visite de mes proches n’est pas nécessairement une situation qui nous agréerait et il fallait donc en tenir compte. Il y a eu ensuite des approches concrètes de l’Olympiacos et de Besiktas et cet appel du pied de Copenhague. Tout démarre il y a un mois lorsqu’on me demande si je suis intéressé. Il n’y avait aucune raison de dire non puisque cela ne m’engageait à rien. Pendant une dizaine de jours, il n’y eut plus rien. D’un côté, je trouvais cela bizarre car les entraînements reprenaient et d’un autre côté, je constatais qu’il y avait deux ou trois autres candidats sans qu’une décision ne soit prise. Puis tout s’est rapidement enchaîné. Comme c’est une première expérience à l’étranger, je prends seulement la mesure maintenant de tout ce que cela implique en pratique. Derrière le choix sportif, il y a le choix humain. Si votre famille vous accompagne, le cadre de vie est différent mais vous êtes un peu comme à votre domicile. Ici, lorsque je rentrerai le soir, je téléphonerai aux enfants et à mon épouse plutôt que de rester avec eux à la maison ou d’aller

manger un morceau à l’extérieur. Cela peut paraître ridicule mais ce sont des éléments auxquels on ne pense pas directement et une réalité à laquelle il faut s’adapter. »

Aujourd’hui, il prend doucement ses habitudes dans un club qui entamera déjà son championnat le 15 juillet, à domicile, contre le FC Midjytland.

Ariël Jacobs, après à peine une semaine de vie commune, vos joueurs vous tutoient…

Il faut s’habituer à une culture différente. Au matin, les gens ne se serrent pas la main en guise de bonjour. J’ai rapidement senti leur étonnement quand j’ai commencé. Même si le club change d’équipementier, il y a une rigueur moindre dans le port de l’équipement de l’équipe. Lors du premier contact, comme je m’attendais à ce qu’on m’appelle coach, trainer ou mister, je n’ai pas abordé le sujet avant qu’un joueur ne vienne me trouver à l’issue de la séance : « Ariël, ou est-ce que tu préfères que je t’appelle coach. » C’était frappant mais très cool. Tout le monde s’appelle un peu comme il le veut mais on sent une volonté de marquer la distance malgré tout.

Les mentalités sportives sont-elles également différentes ?

En terme de prévention, de préparation physique, de diététique, d’hydratation, il y a une énorme discipline. Prenons l’exemple du jour de congé. En principe, c’est libre mais c’est quand même un jour de soins pour les blessés et un jour d’entraînement pour une partie. En Belgique, lorsque c’est libellé ainsi, celui qui est légèrement blessé ne mentionnera rien. Ici, quatre éléments étaient venus aux soins et on attendait sept joueurs pour un entraînement, parce qu’ils avaient entamé la préparation plus tard. Ils étaient… 14. C’est automatique et ils veulent s’entraîner : ils ne viennent pas pour errer dans les couloirs du club.

Avez-vous proposé le nom de Romelu Lukaku à votre direction ?

Je suis tombé des nues quand mon épouse m’a fait part de ces écrits. Je ne veux pas dire que Copenhague serait un pas en arrière pour lui mais ce nom n’est jamais tombé ici. C’est bien simple : à l’heure actuelle, le club souhaite conserver le noyau présent la saison passée même si les départs sont compensés. N’Doye, le meilleur buteur du dernier championnat, est notamment convoité en Russie.

Pourriez-vous suggérer certaines recrues belges ?

J’ai toujours trouvé que, dans un club où il y a un directeur sportif et un entraîneur, les rôles doivent être bien distincts. Ce qui n’empêche pas le directeur sportif de vous demander si vous connaissez quelqu’un qui répond au profil recherché. C’est vrai mais, lorsque vous êtes nouveau dans un club, cela ne peut que vous mettre dans l’embarras que ce soit vis-à-vis du groupe qui pensera que cette recrue peut être privilégiée que vis-à-vis du club.

Retrouvez son interview dans Le Soir de ce mercredi 4 juillet.